CHAPITRE IX
L'ÉTABLISSEMENT militaire comprend l'armée et la milice des Etats-Unis.
Le congrès a le pouvoir « de lever et d'entretenir des armées. Mais aucun argent ne pourra être voté pour cet usage pour un terme excédant deux ans.
j» Il peut rendre disponible la milice, pour faire exécuter les lois des Etats-Unis , pour réprimer des insurrections et pour repousser des invasions.
» Il peut donner des ordres pour organiser, armer et faire exercer la milice , et pour disposer de cette partie qui se trouvera eniplojée au service des Etats-Unis , en réservant aux états respectifs de nommer les officiers, et d'instruire la milice dans la discipline prescrite par le congrès. »
Sans le consentement du congrès aucun état ne peut conserver des troupes en temps de paix.
Le président est commandant en chef de l'ar-
5i2 DE L'ETABLISSEMENT MILITAIRE, mée et de la flotte des Ktals-Uriis , et de la milice des divers états quand elle est appelée à un service effectif pour les États-Unis.
La constitution déclare k qu'une milice bien organisée étant nécessaire à la sûreté d'un état libre , le droit de porter les armes, ne pourra être enfreint.
r Aucun soldat ne pourra en temps de paix être mis en quartier dans une maison sans le consentement du propriétaire, ni en temps de guerre que de la manière qui sera prescrite par une loi. «
Skction première.
De r armée des Etats-Unis en généra L
En 1789, un département exécutif, appelé le département de la guerre , fut établi par le congrès. Le principal employé fut appelé secrétaire du départemwit de la guerre , et il fut requis de remplir telles fonctions Iqui lui seraient confiées parle président des États-Unis, en vertu de la constitution. Avant 1798 ces fonctions s'étendaient à tout ce qui regardait l'armée de terre et de mer, les n^agasins et les chantiers de la marine, les terres publiques données en récompense
DE L'ÉTABLISSEMENT MILITAIRE. 3i3 pour des services militaires , et les relations avec les Indiens. Postérieurement à cette année la marine et les terres publiques furent mises sous la direction d'autres employés des Etats-Unis.
Les Indiens qui habitaient les contrées limitrophes des divers états, inquiétèrent leurs voisins y souvent ils ravageaient leurs propriétés , massacraient les citoyens ou les enlevaient comme prisonniers. En 1787, il fut jugé nécessaire d'établir sur les frontières une station de sept cents hommes pour protéger les habitants contre les incursions des tribus indiennes et pour faciliter la vente des terres publiques. Pour cet objet, le congrès autorisa la création de deux compagnies d'artillerie composées chacune de soixante - dix hommes, tant officiers non-commissionnés , que miusiciens et soldats. Un régiment d'infanterie fut joint à cette artillerie j il était composé de huit compagnies , fortes, chacune , de soixante et dix hommes, tant officiers non-commissionnés, que musiciens et soldats. Ces troupes formaient un total de sept cents hommes, non compris les officiers commissionnes.
En 1766, ces deux corps furent reconnus comme formant l'établissement militaire des Etats- Unis ; à cette époque, la force effective de larmée ne montait point à six cents honames.
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En 1 790, l'acie de l'année précédente fut révoqué , et il fut déclaré que le nombre total d'officiers non commissionnés, des musiciens et des soldats, serait porté à 1,216 hommes, qui furent levés pour trois ans , et qui formaient un régiment d'infanterie de trois bataillons et un bataillon d'artillerie.
En 1791 , celte force destinée à protéger nos frontières , fut augmentée d un régiment d'infanterie, composé de 9 [2 hommes non compris les officiers commissionnés. Le président fut autorisé à nommer un major général , un brigadier général, un quartier - maître et un chapelain. Des troupes sous la dénomination de le\^èes y dont le service ne pouvait durer plus de six mois, furent autorisées par le congrès; leur nombre ne pouvait dépasser deux mille. Une prime de trois dollars f^it accordée à chaque homme de ce corps qui, sous les autres rapports , était assimilé aux troupes des Etats-unis.
En 1792, les sauvages continuèrent leurs déprédations ; leur force s'était augmentée et les actes de leur barbarie se multiplièrent d'une manière effrayante. Notre armée fut augmentée alors de trois régiments, forts chacun de 960 hommes. Ces régiments devaient être dissouts immédiatement après la conclusion de la paix avec les tribus
DE L'ÉTABLISSEMENT MILITAIRE. 3i5 indiennes. Le congrès autorisa encore la nomination de quatre brigadiers généraux.
En 1794» im corps d'artilleurs et d'ingénieurs, composé de 764 hommes, non compris les officiers commissionnés, fut créé par acte du congrès. Ce corps fut incorporé avec l'artillerie déjà existante , dont le nombre total fut limité alors à neuf cent quatre-vingt-douze hommes non compris les officiers commissionnés.
En 1796, il fut ordonné qu'après le 5i octobre, l'établissement militaire des Etats-Unis serait composé d'un corps d'artilleurs et d'ingénieurs, de deux compagnies de dragons légers, et de quatre régiments d'infanterie. Ces troupes formèrent un total de trois mille deux cent et soixante - six hommes, et elles devaient être complétées par la légion des Etats - Unis créée en 1786, forte de 2,040 hommes, et par les dragons légers. Tous les officiers, musiciens et soldats surnuméraires de la légion reçurent leur démission après le3i octobre 1796.
Des contestations sérieuses avaient eu lieu entre le gouvernement des Etats-Unis et la république de France. Des ambassadeurs furent envoyés à Paris j mais ils furent traités sans égards, et revinrent sans avoir pu remplir leur mission. En 1798, le congrès suspendit les relations
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commerciales des Etats-Unis avec la France et ses dépendances, jusqu'à la fin de la session suivante. Le 7 juillet 1798 il déclara que les traités conclus avec la France cessaient d'être obligatoires pour les Etats-Unis , et le 9 du même mois le président fut autorisé à donner ordre aux commandans des vaisseaux de la marine des Etats- Unis de capturer les vaisseaux français, de les conduire dans nos ports, pour y être déclarés de bonne prise.
Le congrès autorisa le président à lever une armée de dix mille hommes pour un temps limité à trois ans, en cas de déclaration de guerre contre les Etats-Unis, ou d'une invasion de leur territoire par une puissance étrangère, ou d'un danger imminent d'ime invasion, reconnu par le président avant la session suivante du congrès.
Ces troupes furent organisées en corps d'artillerie , de cavalerie et d'infanterie. Le sénat autorisa le président à nommer tous les officiers commissionnés. Il put également accepter les services de corps de volontaires, pourvu qu'il fussent équipés et armés à leurs propres frais.
Un commandant de l'armée fut nommé avecle titre de lieutenant général ; il lui fut permis d'avoir quatre aides-de-camp et deux secrétaires , qui avaient le grade et touchaient les appointemens de lieutenants-colonels.
DE L'ÉTABLISSEMENT MILITAIRE. Si?
Le président fut encore autorisé a nommer un inspecteur général et des sous inspecteurs, un quartier-maître général , un chirurgien en chef et un payeur général; ces trois derniers eurent le rang de lieutenants colpnels.
En 1798, douze régiments d'infanterie et six corps de cavalerie , furent levés par ordre du congrès , pour servir pendant la durée des différents entre les États-Unis et la république Fran-çaise. Le président reçut le pouvoir de dissoudre cette armée en tout ou en partie , dès qu'il jugerait cette mesure sans inconvénient pour la sûreté de l'état.
En 1 799 , les hôpitaux militaires furent organisés, par un acte du 23 mars; dans la même année, l'armée fut augmentée de vingt-quatre régiments d'infanterie, d'un régiment et d'un bataillon de carabiniers , d'un bataillon d'artilleurs et d'ingénieurs , et de trois régiments de cavalerie.
Dès lors l'armée reçut une nouvelle organisation. Deux régiments d'infanterie ou de cavalerie formaient une brigade, commandée par un brigadier général ; deux brigades composaient une division commandée par un général major. Le commandant de l'armée reçut le titre de général des armées des Etats-Unis, et la dénomination de lieutenant général fut abolie. Le congrès autorisa le
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président à nommer différents officiers et employés militaires, nécessaires au commandement et à l'administration de l'armée.
Le secrétaire du département de la guerre , dans un rapport daté du 1 5 janvier 1800 , fit connaître que jusqu'en novembre 1799, trois mille trois cent quatre-vingt-dix-neuf hommes avaient été enrôlés , en vertu de l'acte de 1 798 , autorisant la levée de douze régiments d'infanterie et de six corps de cavalerie.
Par un acte du 20 février 1 800, les enrôlements furent suspendus jusqu'à nouvel ordre du congres.
En 1800 , une convention fut conclue à Paris , entre les Etats-Unis et la république Française, et les contestations entre les deux Etats furent terminées à l'amiable.
En 1802, l'établissement militaire, sur le pied de paix, fut réglé et formé des officiers et soldats alors en service actif; il se coVnposait d'un régiment d'artilleurs, et de deux régiments d'infanterie, avec les officiers requis pour le commandement de ces corps. L'établissement de paix s'élevait au total de 5,284 hommes. Les officiers d'état-major et ceux ayant commission devaient être citoyens des Etats-Unis.
En 1808, l'armée fut augmentée de nouveau de cinq régiments d'infanterie , d'un régiment de,
carabiniers , d'un régiment d'infanterie légère et d'un régiment de dragons légers. Ces troupes étaient enrôlées pour cinq ans à moins d'une dissolution. Le total de ces corps se montait à 6,601 hommes, y compris les officiers : réuni à rétablissement de paix , il devait porter notre armée à 9,885 hommes 5 mais en 18 10, les rapports datés du 3o novembre établirent que 5,788 hommes seulement se trouvaient sous les armes.
En i8ii, le congrès donna ordre de porter l'armée au complet , selon l'acte passé en 1 808.
En 1 8 1 2 , un acte du 1 1 janvier ordonne la levée immédiate de dix régiments d'infanterie , de deux régiments d'artillerie et d'un régiment de dragons légers. D'après cet acte, le total de notre armée devait être porté à 35,579 hommes. La levée de sept compagnies de chasseurs et d'un corps d'artificiers , fut également autorisée.
En 181 3, le congrès autorisa la formation de vingt régiments d'infanterie , dont Tenrôlement devait expirer au bout de l'année, et de dix compagnies de chasseurs , d'un corps d'ingénieurs topographes, et d'un corps de gardes-côtes.
En 1814? la levée de trois régiments de carabiniers fut ordonnée. Le président reçut le pouvoir d'organiser les corps de volontaires, qui offriraient leuis services; leur nombre fut limité à cinquante
mille. Les volontaires devaient fournir leur équipement et uniforme, à moins d'une disposition particulière du congrès. Pendant la durée de leur service , ils étaient traités comme les troupes réglées, et soumis aux lois et réglemens adoptés pour l'armée.
Ces différents actes passés pendant la dernière guerre avec la Grande-Bretagne et antérieurement au 17 octobre 181 4, autorisèrent la levée desoixanto-deux mille quatre cent quarante-huit hommes pour le service de États-Unis.
Les forces de la république sur le pied de guerre ne se trouvèrent jamais au complet. Dans notre pays, les enrôlements sont volontaires : on peut facilement comprendre que, là où la liberté individuelle est assurée par les lois , où le nombre de propriétaires est considérable, et où le travail est payé à haut prix , il doit être difficile de recruter une nombreuse armée. Les citoyens des États-Unis n'échangent qu'à regret les agrémens et les privilèges de la vie civile, pour un état dans lequel ils doivent reconnaître des supérieurs. Pendant huit mois, de février à septembre 18 14, le nombre to al des recrues , enrôlées en vertu de l'acte du 27 janvier de cette année, ne s'éleva qu'à 15,098.
Dans la lettre de l'inspecteur général , datée du 2 novembre 1 8 1 4, et qui était jointe aux rapports ,
il ctait dit que 26,017 hommes au moins avaient été levés depuis le mois de janvier précédent ; les enrôlemens pendant ces neuf mois étaient à raison de 2,8go par mois.
La force de l'armée était, d'après les rapports :
En février 181 3 , de i8,945 hommes.
juin 181 3 , de 2^,609
de'cembre i8i3 , de * 34,325.
Pendant i8i5, le nomÎDre des volontaires fut de 6,000. La milice au service actif des Etats-Unis dans la même année était, d'après les meilleurs documents fournis par le bureau du payeur, et qui néanmoins n'étaient pas complets, de 5o,ooo hommes, officiers et soldats.
En 1814, les troupes composant l'armée des Etats-Unis étaient :
Dans le mois de janvier , de . .* • « • • 23,6i4 hommes ,
de juin , de 27,628
de décembre, de ,. 32,36o
En février 181 5, le total de l'armée s'élevait k 32,160 hommes, dont 15,914 s'étaient engagés pour cinq ans, et 1 6, 246 pour la durée de la guerre.
La guerre entre les États-Unis et la Grande- Bretagne fut terminée par un traité an paix signé à Gand le 24 décembre i8i4> ^t ratifié à Was bin gt o n le 1 8 fé vrie r 1 8 1 5 .
D'après les règlements faits par le secrétaire du déparlement de la guerre, les régiments de larmée, des Etats-Unis furent classés ainsi qu'il suit :