SVIOAS, VOC. NS9TU
(4) Apud Eo8T., ad lUad. By p. 3i7.
(5) Jacom, ad Anihol. Grœc,^ tuiii. XIII, p. HDI.
(6) Anlhoi.PaIat.,\l\,ril.
368 QUESTION DB PHILOLOOIB.
cet obscène Parthénius, parce qu'il a vomi sur les Muses mille biles dégoûtantes et la saleté do ses élégies impures, d Les termes dans lesquels cette critique est exprimée sont un peu forts, et Ton serait en droit de s en défier pour formuler un jugement sur le talent poétique de ce Parthénius, si Ion n avait pas tout lieu de croire que celui qui poussait la folio jusqu'à traiter llliade de. buisson et rOdyssée de bourbier (i] ne pouvait être qu'un mauvais poëte.
On pourrait presque dire que Parthénius de Nicée, en dédiant son recueil à Cornélius Gallus, a légué pour toujours lélégie aux Latins, tant les autres poëtcs élégiaques grecs, dont il nous reste à parler, ont laissé peu de souvenirs. Ainsi le chapitre quinzième de son ouvrage, qui contient l'histoire de Daphné, est tiré des élégies d'un certain Diodore d'Ela3a, qui ne nous est connu que par cette citation. Mais il se peut fort bien qu'au lieu de Diodore, on doive lire Douris, car nous connaissons par Stéphane de Byzance(i) un poëte de ce nom originaire de la villo d'Ëlsea (s), et les copistes ont pu facilement changer ce nom en celui de Diodore, qui est plus commun. Ce Douris déplora dans une épigramme [i] la submersion d'Éphèse : comme cet événement eut lieu sous le règne de Lysimaque (n) , il s'ensuit que ce Diodore ou Douris, comme on voudra, a fleuri sur la fin du iv' siècle avant notre ère.
Il faut encore dire un mot ici de deux poètes élégiaques dont l'époque ne peut non plus être fixée avec certitude. C'est d'abord un Cléon dont on nous cite seulement un distique dans VÉtynwlogicon magnum (e), en lui donnant le titre de poëte élégiaque, sans doute pour le distinguer du poëte épique Cléon de Curie, qui écrivit des Argonautiqucs dont Apollonius a tiré parti pour son poëme (7). Une serait pas impossible que le poëte élégiaque fût ce Cléon de Sicile
(1) Eatcius, loc. cit.
(2) Voc. 'Efeaoç,
(3) Cf. HvixiB, ad fragm. Uist. Gr.y tom. Il, p. 467, éd. Didut.
(4) Apud Stbfh., loc. cit., et Anthol., IX, 424.
(5) Jacom, ad .inthol. Gr., tom. XIII, p. 889. (G) Pag. 389, ].:26,ed. Sylb.
(7) ScBOL AroLL., ad. lib. 1, v. 77, v. 5^7 et v. 623.
ir-.:
HISTOIRE DE LA POÉSIE ÉfiCIAQlE CHEZ LES GRECS. 369
qai ooQS est cité avec le poëte Agis d'Ârgos comme un des plus vils flattevurs d^Alexandre (i). Du reste, ce poëte élégiaque, à en juger par le caractère de sa diction (2] , ne peut avoir vécu que du temps d'AIoxandre ou de ses successeurs. Le second est un certain Pancratès dont Athénée (3) nous cite le premier livre d une élégie qui portsàit le titre, assez obscur pour nous, de Conchoréide. Il ne parait pas c]|i]e ce soit ce Pancratès d'Alexandrie qui composa un poëme bassement flatteur en Thonneur d'Adrien et de son favori Antinous (*) . U y a plus dapparence que cest un autre Pancratès, d'Arcadie, cp^^ écrivit aussi des poëmes épiques sur la pèche et la navigation (5] . tH^léagre avait fait entrer dans sa Couronne poétique (o) des tûorceaux d un Pancratès qui est peut-être le même que ce dernier ^ dont nous avons encore trois épigrammes (7), qui, malheureusement, ne peuvent nous fournir aucun indice sur le temps où vécut leur auteur (s) .
On peut encore compter parmi les poètes élégiaques le Cretois Andromachus, à cause d'une élégie qu'il écrivit à Néron, dont il était le premier médecin, pour lui préconiser les vertus d'un antidote qu'il avait composé. Le commencement de cette élégie médicale (9) est passablement bas et menteur : il appelle sans honte Néron « le dispensateur d'une liberté dont on jouit sans crainte. y> Si Ton voulait, au lieu d'une histoire de la poésie élégiaque des Grecs, faire simplement une liste des poëtes qui ont écrit en ce genre, on pourrait, après bien des recherches pour arriver à un résultat assez mince, trouver encore quelques noms disséminés çà et là. Nous avons, par exemple, ce Pollien, dont j'ai tout à l'heure
I ) Qoiirr. CoftT.y lib. VIII, cap. t, { 8, sqq. t) Cf. HiiHBKB, Anal. Alex,, p. 425.
3) Lib. XI, tom. III, p. 4 32, éd. Tauchn.
4) Athir., lib. XV, tom. IV, p. 1 21 , éd. Tauchn.
5) Id., lib. VU, tom. II, pp. 411, 451 et 481, cd. Tauchn.
6) i4iiMo/.,IV, l,T. 48.
1) Ibid,, VI, 4 4 7 et 356 ; VII, 6'S3.
8) Cf. ikcowè^adAnthot,, tom. XIII, p. 921).
9) KÀù^c TioÏM^ povioM pptapbv aâivoi àvrtoàroto.
invoqué le témoignage en faveur de Parthénius et qui nous dit (i) que, haïssant les poètes épiques à cause de leur langage suranné et de leurs nombreux plagiats, il aimait mieux s adonner à 1 élégie que de voler les vers d autrui. 11 en faudra bien croire sur sa parole ce poëte si consciencieux, puisqu'il ne nous reste de lui que cinq épigrammes. Une est dirigée contre le grammairien Florus qui est probablement celui qui vécut sous Adrien (9) : d où 1 on peut conclure assez exactement 1 époque où fleurit Pollien.
Il faudrait encore dire quelques mots de Grégoire de Nazianze, dont les œuvres contiennent un assez grand nombre d'élégies, roulant sur des sujets sacrés, comme ses autres poëmes, s il n appartenait à une époque où la littérature et même la langue grecques ont subi des altérations qui leur donnent un aspect tout autre que celui sous lequel elles se présentent dans la période classique proprement dite.
(1) Anthol.,Xl,\ZO.
(2) Cf. Fiimc, Bibl. Lat., tom. 11. p.* 439, éd. Ern.
FIN UU VéxOltE sut LA QUEinOt DE PBILOLOGII.
Question et Sciences naturelles.