SUR M. LE PROFESSEUR FOHMANN
lucidité, par sa précision, et par un amour de son art qu'il savait faire pénétrer dans l'esprit de ses auditeurs.
Il aimait ses élèves , participait à leurs travaux , les aidait de ses
conseils , et lorsqu'il reprochait à quelques-uns d'entre eux de ne
pas assez apprécier Tutilité des études anatomiques , de ne pas assez
étudier la science pour elle-même , de. s'attacher prématurément
au but pratique, et de négliger la fréquentation des cours les plus
fondamentaux, c'était dans leur intérêt qu'il parlait : il craignait de
les voir, par cette fausse direction, compromettre non-seulement le
sueoèsde leurs examens, mais encore leur avenir.
I^rofesseur consciencieux , indépendamment des travaux anato- "ïiicjxies qu'il dirigeait, il donnait chaque jour deux leçons et se vouait exolusivement à l'enseignement. Quoique doué d'une constitution robuste, il ne pouvait résister à un travail si pénible et si opiniâtre : âtissi est-il permis de dire à la gloire de ce savant professeur qu'il ^®^ ïnort martyr de la science.
^^aînement à son dernier départ de Heidelberg, ses parents, ses ^Kois , alarmés de son état, tentèrent de le retenir : guidé par la dence de ses devoirs et par l'intérêt de ses élèves , il résista à leurs efforts pour se rendre à son poste. — Infortuné Fohmann ! lyais-tu ta mort prochaine , et as-tu voulu rendre le dernier pir dans ta patrie adoptive?... Et nous, tes collègues à qui il it tant de te serrer la main , n'avions-nous donc d'autres témoi- ^es d'amitié à t'offrir à ton retour que l'appareil de ces tristes
IMlessieurs , un autre , plus initié que moi dans les secrets de son "VOUS dira combien il était savant ; comment, par une foule d'ouremplis d'idées neuves et de découvertes intéressantes, il la les bornes de la science ; comment son mérite littéraire était •écié dans toute l'Europe, où son nom fait autorité dans les tères qu'il enseignait; comment enfin, par suite de ses nom- Ai-x travaux, il fut successivement proclamé membre des sociétés
ntes les plus célèbres, "ans sa vie privée, Fohmann possédait toutes les vertus qui con- ^^ilvient le bon collègue, le bon père de famille. H était sincère dans