‹ ANNALES UNIVERSITES DE BELGIQUEChapitre 168 sur 218 · NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR M. LE PROFESSEUR ÉMERITE SAUVEUR · texte numérisé non relu

NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR M. LE PROFESSEUR ÉMERITE SAUVEUR

refondait toute la science aBn de mjeux la saisir sous une forme nouvelle. Il se basait toujours, dans ses leçons, sur l'expérience, laissant ainsi à part tous les systèmes qui peuvent souvent n'être que d'ingénieuses productions de lesprit humain désavouées par h\ raison. Il aimait ses élèves, auxquels il cherchait h inspirer le goût du travail. Il s'étudiait à reconnaître leurs talents ; il les encourageait par des attentions particulières. Ses élèves tombaient-ils malades, il était leur médecin, car il regardait ses élèves comme ses enfants adoptifs.

Sauveur était membre de plusieurs sociétés savantes. Il a publié dans plusieurs recueils des observations pratiques écrites d'un style simple et concis, qui n'ont pour but que Tinstruction sans étalage. Sa nombreuse clientèle et ses devoirs comme professeur l'empôchèrcnt de donner suite au projet qu'il avait conçu de publier ses leçons et le résultat de ses observations pratiques.

Sauveur était non-seulement un savant médecin, un habile professeur, il avait encore d'autres qualités qui, bien que moins éclatantes aux yeux du public, n'en sont pas moins dignes de nos louanges. Il fut homme de probité, bon père de famille, excellent ami. Sa bonne constitution lui donnait l'espoir de jouir longtemps encore de la récompense de ses longs services qu'il venait à peine d'obtenir, lorsque, contre toute attente , il fut atteint de la maladie cruelle qui l'a conduit en peu de jours au tombeau.

II vit, sans remords et sans trouble, s'approcher le terme de sa carrière. L'idée de l'avenir, heureuse pour Ihomme de bien, répandit la sérénité sur ses derniers moments. Il meurt, mais il vit dans ses élèves qui feront fructifier longtemps l'utile enseignement de leur maître.

Sauveur, nous venons, en présence de ta tombe, de te dire un dernier adieu, au nom de l'université à laquelle tu as rendu tant de services. Cinquante années de ta vie ont été employées à faire le bien. Tu as dignement rempli ta destinée ; tu as bien mérité de ton pays-; puisses-tu servir d'exemple à tous ceux qui ont encore à vivre et à mourir !

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