ANNÉE ACADÉMIQUE
DISCOURS
e m. DB LAWACHBHIB, la «H «éanee pabll^ne, * la Mille aeadé- ■iiq«e9 A l'occAsIOB de la remise du reeteral et de la réonTerlore dee eenre * rnalversllé de LIése de l'aaaée académi^ae 1949-1 94*.
DE l'importance QUE LA CHIRURGIE A ACQUISE DEPUIS LA FIN DU XVIII* SIECLE.
Messieurs,
(( De toutes les sciences, de tous les arts qui tendent à la conservation du genre humain, il n y en a point qui, pour Tefficacité, pour la nécessité , l'emportent sur la chirurgie ; on pourrait presque dire qu après avoir créé l'homme , après avoir déterminé la forme et la proportion de son corps, le souverain Auteur de la nature la confié à la chirurgie, pour lui conserver les avantages dont il lavait comblé.
« J'oserai avancer avec une égale confiance que de toutes les parties de lart de guérir elle est la plus ancienne, puisqu'elle est si nécessaire; la plus di£Scile, puisqu'elle exige la réunion des connaissances les plus étendues ; la plus intéressante pour ceux même qui 1 étudient, puisque la main y est toujours dirigée par l'esprit, et qu'elle ne fait pas un mouvement dont elle ne puisse tout ensemble expliquer le motif, suivre l'effet et promettre la réussite. »
C'est ainsi que , vers la fin du xviii'' siècle , s'exprimait Brambilla, dans son discours (i) sur la prééminence et l'utilité de la chirurgie.
(4} Prononcé à TouTerture de rAcadëmie impériale de chirurgie-raédecine, fondée a Vienne, en 4785, par S. N. Joseph II.
60!2 REMISE DU RECTORAT A l'uMVERSITE DE LIEGE.
Pour bien apprécier toute la valeur de ces paroles mémorables, une esquisse historique est nécessaire. C'est là la tâche que je vais m'efforcer de remplir.
La chirurgie date de la création, et cela se conçoit, car les premiers hommes, dans leur vie errante, exposés sans cesse aux rigueurs des éléments et aux attaques meurtrières des animaux féroces et venimeux, durent ôtre aOligés tout d abord de maux qui résultaient de leur manière de vivre et des guerres sanglantes qu'ils se livraient entre eux. Les lésions Iraumatiqucs furent les premières qui fixèrent leur attention, parce qu elles sont accessibles à la vue et au toucher.
Les anciens considéraient la chirurgie comme un art sacré, dont la pratique constituait un véritable sacerdoce auquel des ôtres privilégiés seuls pouvaient aspirer. Les princes et les rois se faisaient gloire de panser les blessés dans les combats. Chiron, Ësculape et ses (ils Machaon et Podalyre se distinguèrent dans cette pratique qui valut à quelques-uns les honneurs de l'apothéose.
Pendant longtemps, la chirurgie resta à letat d'enfance. Le caractère sacerdotal, dont les Asclépiades étaient revêtus, leur interdisant toute recherche anatomique, elle ne tarda pas à être réduite à la science des enchantements, qui s est perpétuée, car on en retrouve encore des traces dans les contrées civilisées.
Les œuvres remarquables qu'Hippocrate a tracées, d'après les manuscrits et les traditions de ses prédécesseurs, attestent la prééminence de la chirurgie , car la partie qui traite de cet art égale en importance celles qui sont consacrées à presque toutes les autres matières. Déjà alors plusieurs opérations étaient connues. Ainsi :
Le trépan, en traçant les règles qui l'indiquent et le contreindiquent ;
L'empyème, par le fer et par le feu, en pénétrant entre les côtes ou dans leur épaisseur ; en joignant le précepte de n*évacuer le liquide que lentement , pour permettre aux parois thoraciques de revenir graduellement sur elles-mêmes , afin que lair ne pénètre pas dans la cavité ;
L'extraction des polypes du nez, par les principaux procédés, tels qu'arrachement, cautérisation, ligature, excision ; avec rindicatiou,