DISCOURS DB M. DB LAVACHBRIB
tout entier. Désormais è ces mots inscrits en lettres d or au frontispice de ce palais, nous avons le droit d'ajouter : A lamour de la patrie ! -^ tA maintien des institutions et de l'indépendance de la Belgique !
Messieurs,
Me voici parvenu au terme de mon mandat : il ne me reste plus
%j'à céder le fauteuil de la présidence à celui de nos collègues que
gouvernement a désigné pour me succéder. L'honorable M. Borgnet,
vesti, pour l'année scolaire de 1848-1849, des fonctions recto-
les, réunit toutes les qualités pour remplir dignement la mission
portante qui lui est confiée ; car, vous le savez, messieurs, à un
lent éminent viennent s'associer chez lui le zèle, l'activité et la
4Qrmeté.
DISCOURS
Prononcé par M. J. IIOKIiEE, prorecCenr oortenCyà la oéancc ■•lrn»fiHr de la rcmlae dn recCorai à rnnlversilé de fiand.
16 OCTOBRB 1848.
Messieurs ,
Lorsqu'il y a un an à pareil* jour, vous voyiez mon successeur dans la dignité rectorale s'asseoir au fauteuil de la présidence encore plein de santé et de forces , qui de^ vous eût prévu qu*un^ cruelle maladie viendrait l'en arracher avant le temps, et m'obligerai à reprendre de ses mains affaiblies les faisceaux universitaires, pou h les transmettre aujourd'hui au nouveau recteur? Cette circonstance malheureuse me procure Thonneur de présider une seconde fois cette séance solennelle ; mais elle m'impose aussi la tâche d'y porter la parole, tâche difficile et ingrate cette année où, pour la première fois, les émotions d'une ovation ne viendront pas faire oublier lennui d'un discours académique. Je me permets donc, messieurs, de réclamer pour moi un peu de l'indulgence et de la bienveillante attention que vous eussiez accordées au digne vétéran que je remplace. Le désir de ne pas en abuser., la crainte surtout de privera l'avenir cette solennité de la couronne vivante d'élégantes dames qui en font le plus bel ornement , m'a engagé à supprimer la lecture d'un morceau historique. Je me bornerai à remplir l'obligation que prescrit la décision ministérielle relative à la présente cérémonie, en vous entretenant de l'état de l'université de Gand pendant Tannée académique qui vient de s'écouler.
Dans mon rapport de l'année dernière , je préconisais d'avance
les bienfaits que les études supérieures en général et particulièrement les universités de TLtat devaient recueillir de la nouvelle loi sur le jury pour les grades académiques , attendue prochainenaent. D'importantes réformes politiques et le renouvellement intégral des chambres législatives en ont empêché la présentation , et aujourd'hui nous rappelons plutôt de nos vœux que nous n osons la saluer de nos espérances. Mais dans le cas probable d'une prolongation de l'état provisoire , nous augurons assez bien du libéralisme éclairé de la législature actuelle pour compter qu'elle consacrera du moins le principe de la nomination par le gouvernement. Dans ce môme rapport, je vous parlais aussi de l'arrêté du 22 novembre 1843, qui, en réglant les attributions des conseils académiques , avait détruit leurs privilèges et enchaîné leur liberté ; j'annonçais avec bonheur que ces entraves tomberaient bientôt au contact du libéralisme arrivé au pouvoir. L'événement n'a pas répondu entièrement à notre attente, ni è l'interprétation que nous avions donnée aux promesses ministérielles. Au lieu du rapport pur et simple de l'arrêté , nous n ayons obtenu que la modification d'un de ses articles (i). On dirait que la pensée large et généreuse du Ministre s'est rétrécie dans son passage par l'atmosphère des bureaux.
L'enseignement des universités de l'État vient de recevoir une plus grande extension par la création des cours normaux destinés à former des pi^fesseurs pour les athénées et les collèges. Cet enseignement normal est divisé en deux sections : Tune, des humanités, annexée à la faculté des lettres de Liège ; la seconde, des sciences, adjointe à la faculté des sciences de Gand. Jusqu'ici on ne demandait aux professeurs, à leur début dans la carrière de l'enseignement au>yen, qu'un certain degré de connaissances puisées aux universités ou ailleurs; chacun d'eux s'improvisait en quelque sorte une méthode à lui. On agissait donc comme si l'art si difficile d'enseigner était inné dans l'homme, comme s'il suffisait de savoir pour pouvoir communiquer sa science aux autres, comme si enfin toutes les méthodes étaient bonnes et qu'il n'importât pas d'en connaître les
(4) Le nouveau règleinent de 4849 a donné eDticre tatisfaction au corps professoral.
{IVotc ajomtée pendant Vimprution )