REMISE DU RECTORAT A L UNIVERSITÉ DE GAKD
principales pour faire un choix sûr et avantageux. En s empressant de former, dès son entrée aux affaires, cette pépinière du corps professoral futur, le ministère a prouvé son intention arrêtée de presser le plus que possible la discussion de la loi sur renseignement moyen, loi promise depuis si longtemps et toujours si fatalement ajournée.
Cette mesure toutefois aura une conséquence qui a échappé peutêtre aux prévisions du gouvernement lui-même. Le diplôme de docteur en lettres ou en sciences n ouvre que la seule carrière du professorat; la statistique des examens passés depuis trente ans environ montre que le nombre des aspirants à ce grade a toujours été extrêmement restreint. On s étonnerait si Ton avait sous les yeux le tableau de ce qu a coûté au gouvernement Imstruction particulière de nos docteurs en lettres et en sciences. Dans letat de choses créé par la nouvelle institution , les élèves auront le moyen de sui' les cours de doctorat pendant les deux années de leur séjour à Técoli normale , tandis que ceux qui feront ces études de doctorat loin d( 1 école auront besoin du double de temps pour atteindre le mèan but. Il en résultera inévitablement la désertion totale des cours d> doctorat en lettres à Gand et de ceux du doctorat en sciences à Liég< Eh bien ! ne craignons pas de le dire, le seul remède à ce mal sei dans la suppression de ces cours ; trois motiis en feront un devo^- ^ f au gouvernement : l'intérêt du trésor, l'honneur de la faculté d'un discrédit immérité, la prospérité des études mêAes auxquelà:< la réunion d'un plus grand nombre d'élèves sur un même point doi nera un plus puissant essor. Chacune des universités de TEtat ainsi d'un côté pour gagner de l'autre; mais, en définitive, il y gain pour toutes les deux .
Le nombre des élèves inscrits pour cette année à notre universti a approché du chiffre de nos années les plus prospères, mais il n'c
pas resté complet jusqu'à la fin des cours ; la mort a frappé dans leoi rangs trois coups bien cruels : M. Alexandre Nis, de Tournay, en sciences , premier prix du concours spécial de mathématiqi de 1847, est allé au sein de sa famille succomber à.une longue ^t douloureuse maladie. MM. Désiré Matthys, de Baeleghem, et Isid<v de Volder, de Grammont, élèves internes à Ihôpital civil, géim
reuses victimes tous les deux de leur dévouement à i'humaoité, ont été emportés par une fièvre typhoïde dont ils avaient pris le germe au chevet des malades.
Tous les cours indiqués au programme , et pour lesquels il s est présenté des auditeurs, se sont donnés avec régularité ; je constate le fait , afin qu'il serve de réponse à une accusation lancée contre le corps professoral de Gand du haut de la tribune nationale. L'assiduité et lapplication des élèves ont généralement été louables ; la statistique des divers jurys d examen attestera bientôt la continuité de leurs succès. Mais ils avaient habitué le public gantois à des succès cl*un autre genre. Jusqu'ici^ les palmes du concours universitaire, distribuées dans la capitale , avaient toujours en totalité ou en grande (>artie pris la route des Flandres ; chaque année les voûtes de cette enceinte retentissaient d'applaudissements, de cris d'allégresse et des d'une musique bruyante. Comme tout est changé aujourd'hui! ville de Gand n'a pas revêtu sa robe de fête. A l'intérieur comme l'extérieur de cet édifice, aucun de ces trophées qui annonçaient la présence de lauréats , et cette assemblée , si prodigue de sympathies pour la jeunesse studieuse , devra se retirer sans avoir eu -personne à applaudir. Mais je me hâte de dissiper les préventions fâcheuses que {)ourrait soulever dans les esprits un fait qui n'est inattendu que parce qu'il est insolite. Non, messieurs, l'université ^e Gand n'a pas été vaincue , car elle n'est pas descendue dans la lice ; lasse en quelque sorte de six années de victoires , elle s'est «'eposée la septième , pour poursuivre ensuite , avec une nouvelle «rdeur, le cours de ses triomphes.
Jeunes élèves ! c'est à vous à faire en sorte que mes paroles ne reçoivent pas un démenti, que l'engagement que je prends en votre nom vis-à-vis du public soit religieusement rempli. Une indifférence injustifiable ne vous fera pas déserter la voie tracée par vos aines ; vous tiendrez à honneur d'accroître l'héritage de gloire qui vous a été légué par eux et à ajouter un fleuron à la couronne que leurs mains ont tressée pour l'Université, votre mère à tous.
Au milieu de la tempête politique qui s'est déchaînée sur presque toute l'Europe , qui a réduit des trônes en poudre , renversé des
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institutions séculaires et ébranlé 1 édifice social jusque dans ses fondements , la Belgique est restée calme et tranquille , regardant sans s émouvoir louragan passer au-dessus d'elle. Cette attitude lui vaut aujourd hui ladmiration de 1 étranger. Mais dans ces éloges donnés à la sagesse de la nation , une juste part revient aux élèves de nos universités. Eux aussi ont su échapper au vertige qui a poussé la jeunesse universitaire d autres pays au milieu des luttes politiques, dans les émeutes et sur les barricades. Il y aurait injustice, en effets à rendre l'université de Gand solidaire de la participation de quel — ques-uns de ses élèves à une certaine souscription (i), et d attacher même, en ce qui les concerne, de l'importance à un acte, auquel a pu les entraîner 1 autorité de l'exemple. Jeunes élèves ! persévère? dans. la voie que vous avez suivie jusqu'ici. Ne vous laissez pas distraire des travaux sérieux d'oii dépend votre avenir par les écrits et les discours de faux savants , de sophistes ambitieux , qui séduisent d'autant plus facilement vos esprits qu'ils font un appel à la générosité de vos cœurs. De fortes études seront le meilleur préservatif contre leurs utopies insensées ; car elles vous convaincront que, si dans l'ordre physique le progrès n'est pas possible en dehors de l'observation de certaines lois immuables, de même dans i ordre moral le perfectionnement des institutions sociales ne saurait s obtenir sans le respect de la famille et de la propriété , ces deux bases éternelles de toute société humaine.
Les fonds pour bourses universitaires, votés chaque année par le conseil communal, l'ont été également pour 1848 ; mais les sacrifices pécuniaires que la ville a dû s'imposer extraordinairement avaient fait différer la collation de ces bourses. Sans nous dissimuler la gravité do l'obstacle , nous n'avions pas cessé d'espérer que nos élèves recevraient, quoique tardivement, un secours sur lequel plusieurs d'entre eux avaient compté. Notre espoir n'a pas été déçu ; une bienveillance sympathique pour la jeunesse studieuse a provoqué de généreux efforts ; ces bourses viennent d'être conférées.
(4) Allusion à une Ibte de souscriptioD en faveur des blesses de février, publiée par le Messager de Gand, et où se Usaient entre antres les noms de deui ou trois prafeaaeurf et d*une domaine d'élèves.
BlSCOUnS PRONONCÉ PAR M. J. ROULEZ 629
Nous prions MM. les membres du conseil communal de recevoir nos sincères remerciments.
Le conseil provincial , de son côté, a continué également à venir en aide à nos élèves peu favorisés de la fortune , et nous pouvons nous réjouir de ce que les difficultés du moment n'ont entravé en rien la marche de ses secours. L'esprit libéral et éclairé du haut fonctionnaire qui vient d'être placé à la tête de la province nous permet d attendre de lui la même protection que de ses prédécesseurs.
Des changements importants ont eu lieu récemment dans le personnel de Tuniversitc. La loi d incompatibilité entre le mandat /ëgislatif et des fonctions salariées par YÈiai a amené la démission de M. le sénateur d'Hane de ses fonctions d'administrateurnspecteur. Lorsque naguère la haine de parti et de mauvaises ^ssions cherchaient à le renverser d'un poste accepté par dévouetient , il s'y est maintenu avec fermeté , n'opposant aux calomnies rue le silence du mépris et le calme d'une conscience sans reproche. fois après que les flots soulevés contre lui se furent retirés impuisants, il a abandonné ce poste spontanément, et à la suite d'un choix K>ar lequel il n'a consulté sans doute que son patriotisme. Treize innées d'une sollicitude constante et éclairée pour la prospérité de établissement confié h ses soins, et d'une bienveillance continuelle K>ar les professeurs, lui ont acquis des droits impérissables à notre reconnaissance et à notre affection. Son souvenir vivra dans nos iXBurs, chéri et vénéré, comme son nom restera inscrit dans l'histoire de notre université et dans celle de l'accroissement de nos collections scientifiques, que sa libéralité a plus d'une fois enrichies. Toutefois, notre séparation n'est pas complète, tout lien n est pas rompu entre loi et nous. Les services qu'il nous a rendus n'ont pas toujours été purement administratifs ; souvent, dans la défense de nos intérêts, le sénateur, Thomme politique est venu en aide à l'administrateur. Cette protection , désormais d'autant plus efficace qu'elle paraîtra moins intéressée, nous sera continuée ; il nous en a donné la promesse formelle au jour de nos adieux officiels.
En prenant son successeur (i) dans le sein du corps professoral,
(4) M. Ph. de Rote, profeueur d'économie politique et d'histoire politique moderne.
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le gouvernement a été au-devant des vœux de nous tous ; le choix qu*il a fait a reçu égalenaent lapprobation générale. Nul , en effet, ne réunissait h un plus haut degré que le nouveau titulaire le talent du professeur et toutes les qualités du bon administrateur; nul ne possédait de plus nombreuses et de plus vives sympathies ; les intérêts des professeurs et de Tuniversité entière n avaient jamais rencontré dans nos rangs de défenseur plus ardent et plus habile. Son dévouement ne se refroidira pas dans le poste plus élevé oii il vient d*ôtre placé ; son passé nous est garant de son avenir. Professeur et administrateur à la fois, il sera plus jaloux encore de sauvegarder h dignité et les droits de Tun que d accroître l'autorité de lautre.
Nous avons déjà une preuve de son zèle dans son empressemeir^. à hâter quelques mutations devenues nécessaires, mutations doi rinitiative du reste appartient pour la plupart à son prédécesseur qu'un changement de cabinet a seul relardées d'un an. Depuis lonj temps deux de nos collègues de la faculté de médecine, MM. Houdi et Lutens, étaient atteints d infirmités qui les empêchaient de rendi à renseignement tous les services désirables. Le gouvcmemen i usant envers eux de la plus grande longanimité, a vainement attencf i; une amélioration dans leur état. Mais il est des limites qu'il nest pas permis de dépasser ; il arrive un moment où les considérations personnelles doivent se taire devant l'intérêt général. Un arrêté royal les a admis tous les deux à faire valoir leurs droits à la retraite. M. Houdet n a pu prendre que très-peu de part à nos réunions académiques; M. Lutens, au contraire, a siégé longtemps parmi nous et y compte de nombreux amis ; leurs regrets le suivent dans sa retraite.
La même mesure a été appliquée à un troisième collègue, M. Margerin. Sa maladie, quoique d une date beaucoup plus récente, ôtait tout espoir de le voir jamais rendu aux travaux du professorat. Hélas ! la triste nouvelle de sa mort nous est parvenue presque en même temps que l'annonce officielle de sa retraite. Margerin fit une partie de ses premières études au lycée de Gand, à une époque où son père, officier français, exerçait un commandement en Belgique, et entra plus tard à l'École polytechnique. Il suivit d'abord la carrière
militaire dans Tarme spéciale de lartillerie. Mais il parait sétrc lassé bien vite de porter l'épée. Esprit supérieur mais contemplatif, il se laissa séduire quelque temps par les doctrines spécieuses de Saint- Simon et se dévoua même, avec plusieurs hommes éminents aujourd'hui, à leur propagation. Ses illusions étaient déjà entièrement dissipées quand le gouvernement belge l'appela de France pour occuper, à notre université, la chaire de géologie et de minéralogie. Margerina peu écrit; quelques articles remarquables, publiés dans le journal l'Université catholique, sont une tentative d expliquer par la Bible plusieurs grands problèmes de la géologie. La construction d un laboratoire de minéralogie à notre université , entreprise à sa demande et exécutée sous sa direction , et quelques notes sur la cristallographie trouvées dans ses papiers, semblent indiquer son intention de se livrer à des recherches et à des expériences dont les résultats eussent sans aucun doute enrichi la science. On n a pas oublié que quelques actes de son rectorat provoquèrent, dans le sein du corps professoral, des dissentiments regrettables qui eurent même du retentissement au dehors. Je me serais bien gardé d en raviver aujourd'hui le souvenir, si je ne devais ajouter, pour la justification du défunt , que peut-être alors déjà des nuages, précurseurs d'une triste catastrophe , voilaient passagèrement sa belle intelligence , destinée à s'éteindre si malheureusement.
Outre ces trois retraites, j'ai à mentionner une admission à l'émétat; l'état de la santé de M. Yerbeèck ne permettait plus qu'on acceptât plus longtemps ses services. Des raisons d humanité commandaient d'accorder au doyen d âge des professeurs un repos honorable, auquel trente années d'enseignement. universitaire lui donnaient légalement droit depuis un an déjà. Puissent les paisibles loisirs, qui vont succéder à une vie si active et si bien remplie, lui rendre de nouvelles forces et le conserver longtemps encore à l'affection de ses collègues et de ses nombreux amis !
Les cours donnés jusqu'ici par les professeurs qui se retirent ont été confiés à de nouveaux titulaires par des arrêtés royaux récents. Un membre distingué delà commission médicale provinciale, M. le docteur Lados , agrégé à notre faculté de médecine, a reçu, avec le
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titre de professeur, le cours théorique et pratique des accouchements. Un autre agrégé à la mémo faculté, M. Teirlinck, qui avait déjà professé avec beaucoup de succès la pathologie chirurgicale, en rémplacenaent de M. Lutens, reste en possession de ce cours auquel on a ajouté une partie spéciale de la clinique chirurgicale. M. Teirlinck conserve son ancien titre ; mais il ne tardera pas sans doute à obtenir une position plus élevée et plus en harmonie avec Timpor — tance de son enseignement. M. Tagrégé Poelman , dont le zèle per--sévérant et Thabileté ont doté l'université de Gand d*un cabine i danatomie comparée qui fait ladmiration des connaisseurs, esc chargé de renseignement de cette science pour les élèves en méde-cine, et en môme temps de renseignement de Thygiène. Le cours de clinique chirurgicale, sur lequel le talent deKluyskens avait répandu un si vif éclat, fut confié, à la mort de celui-ci, à la vieille expérience de M. Yerbeeck. Plus d une ambition légitime s agitait aujourd'hui autour de la succession du grand maître devenue de nouveau vacante. Le gouvernement la donnée à Tun de ses plus brillants élèves et de nos plus habiies opérateurs. Un redoublement d*études et une pratique plus suivie placeront bientôt M. Burggraeve à la hauteur d'une mission à laquelle de longs travaux anatomiques Tonl si bien préparé. Cette décision a nécessité l'attribution à un autre titulaire d'une partie du cours d'anatomie humaine : M. Soupart était le professeur de la faculté que ses connaissances spéciales désignaient plus particulièrement pour cette branche. L'enseignement clinique, déjà si étendu et si varié à notre université , vient de voir encore son cercle s'élargir. On a eu l'heureuse idée de profiter de la pré-* sence parmi nous d'un des médecins les plus célèbres dans pays et à l'étranger , par ses connaissances théoriques et pratiqua
d'une des plus tristes infirmités qui puissent affliger l'espèce humaine =r: une clinique des maladies mentales a été instituée pour M. Guisiaîn ^ Espérons qu'ainsi reconstituée, etavec ces forces nouvelles et vivace& , la faculté de médecine de notre université se relèvera rapidement de sa décadence et brillera bientôt de son ancienne splendeur.
Dans la faculté des sciences, il avait déjà été pourvu dès l'anoée dernière au rempincement de M. Margerin. La nomination de M. Va-
lérius comme professeur extraordinaire , et sa mise en possession définitive de plusieurs cours qu'il avait donnés provisoirement comme agrégé, est^ une juste récompense de ses services distingués.
La distribution des cours de la faculté de philosophie a subi également un léger changement. Il y a quelques années on avait réduit, malgré son importance, et resserré dans les limites étroites d*un cours semestriel, renseignement de Thistoire et de. I économie politiques. Un arrêté royal vient de rétablir un cours distinct pour chacune de ces branches et de donner la première à un nouveau titulaire (i).
En établissant deux degrés dans le professorat, la loi a eu surtout en vue de stimuler le zèle des jeunes professeurs par lespoir d avancement après quelques années de service. Les laisser trop longtemps dans le grade inférieur, qui ne doit être considéré que comme une position transitoire, c'est porter dans leur cœur le dégoût et le découragement; c'est, d'une autre part, détourner de cette carrière tous les hommes d'avenir. Nous avons donc applaudi de tout cœur à la promotion de M. Lenz au rang de professeur ordinaire. Mais d'autres collègues encore avaient des titres à la même faveur ; nous regrettons que des raisons d économie aient paralysé les bonnes intentions du pouvoir. Ces raisons ne sauraient survivre aux embarras financiers du moment. La nation repousserait des économies qui aboutiraient à la consécration d une injustice et compromettraient l'avenir des universités.
Ces mesures , que le gouvernement vient de prendre pour compléter et consolider l'enseignement universitaire de Gand, les mesures analogues qu'il a prises pour Liège , démontreraient le peu de fondement des bruits répandus naguère sur la suppression de Tune des universités de l'État, si l'absurdité même de ces bruits avait pu leur laisser quelque créance. Supposer au Ministère l'intention de supprimer lune de ses universités actuelles, c'est lui prêter la volonté de sacrifier en partie l'enseignement de l'Etat à la prospérité de l'enseignement libre. Faites disparaître l'université de Gand,
{4) L'auteur du présent rapport.
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la jeunesse de nos Flandres n ira pas chercher son instruction sur les bords de la Meuse ; sacrifiez au contraire celle de Liège , les jeunes gens de cette province et des provinces voisines n'arriveront pas jusqu'ici; les uns et les autres s'arrêteront à demi-chemin, à Louvain et à Bruxelles. Un autre projet que la rumeur publique mettait aussi en avant consistait à ne laisser dans chaque ville que deux facultés ; les résultats en seraient les mêmes par rapport aux élèves ; ils seraient déplorables au point de vue de la science. Ce système* nous ferait rétrograder ; il nous engagerait inconsidérément dans la voie des facultés isolées , voie dont la France s efforce de sortir depuis plusieurs années. Si des raisons d économie amenaient le gouvernement à ne plus opposer qu'un établissement unique à la concurrence des universités libres, il est évident pour tous les esprits sensés que cet établissement devrait être placé au centre du pays. Mais la majorité de nos provinces voudraient-elles de quelques mesquines économies au prix de pareils sacrifices? Nos Flandres, pour leur part, consentiraient-elles au transport, dans le Brabanl, de ce foyer de lumières qui rayonnent sur toute leur surface? la cité d'Artevelde se lai^jserait-elle dépouiller au profit de la capitale d'une institution que la voix éloquente d'un de ses magistrats [i] appelait naguère le joyau de Gand P Ce magistrat a l'honneur de siéger aujourd'hui dans les conseils de la couronne ; il est en position de veiller avec succès à la garde de ce joyau. Aussi , tant que nous ne le verrons pas déposer son portefeuille, pour aller soutenir sur son banc de représentant une nouvelle lutte en faveur de son université chérie , nous serons tranquilles sur le sort de celle-ci, et nous continuerons à travailler sans inquiétude à sa prospérité et à sa splendeur. On n'hésite pas à porter la hache au pied de larbre qui devient stérile et dépérit , mais elle tombe des mains les plus hardies devant larbre vigoureux , étalant aux yeux un feuillage luxuriant et des fruits abondants.
Je termine mon rapport par la mention de l'arrêté royal en vertu
(i) M. l'avocat Rolin, alors échevin de la ville de Gand, depuis Ministre d«t Travam publics.
duquel M. Eloi Mandcriier, professeur ordinaire de la faculté des sciences, a été élevé à la dignité de recteur de l'université de Gand pour la présente année académique.
Mon cher collègue , permettez-moi de vous exprimer, au nom du corps professoral le plaisir que nous a causé votre nomination. L affection que nous vous portons et votre modération bien connue répondent d'avance du bon accord qui régnera toujours entre le conseil académique el son président. Mais les devoirs de votre nouvelle charge sont nombreux et graves, et au milieu des circonstances critiques que nous traversons , leur accomplissement pourrait offrir des difficultés sérieuses. Si, ce qu'à Dieu ne plaise, des orages devaient éclater, nous avons la confiance que vous trouveriez en vous la fermeté et l'énergie nécessaires pour les conjurer. Vous pouvez compter d'ailleurs sur le concours empressé , et sur l'appui sincère de vos collègues. Pour ma part, je continuerai à soutenir dans vos mains comme dans les miennes le pouvoir académique que Je vous remets maintenant avec ses insignes.
DISCOURS
ProDOBcé par M. HORGMET, recl«ur en exercice jhlm Mblle «eaMail^ve de l'université de lilége j le Jour de rcnlerrcmcnC de M. VB IiATA* CHERIE, prore««cor de médecine opérnioire.