DISCOURS PRONONCÉ PAR 11. LE PROFESSEUR NYPELS
En 1 844, la mort de Godet avait laissé vacante la chaire de droit civil élémentaire à notre université.
M. Nothomb était ministre de Tintérieur.
Le ministre de la justice de 1 837 avait gardé souvenir de son ancien élève ; le ministre de l'intérieur de 1844 ne pouvait oublier son ancien camarade de chambre.
M. Nothomb, d'ailleurs, connaissait trop bien le mérite de Rutb, précisément dans la spécialité qui demandait un interprète à l'université de Liège, pour ne pas désirer l'attacher à cet établissement.
11 s'est exprimé depuis, à ce sujet, dans les termes suivants :
(( Quand j'ai nommé Ruth professeur, il ne m'a fallu ni rapport^ « ni concours ; je savais qu'il ferait honneur à la chaire qui lui étai' . tt confiée. Peut-être est-il entré trop tard dans le professorat, no K pas pour lui , mais pour le haut enseignement; il aurait dû étr (( compris dans la première organisation, mais personne n'a son a à lui à cette époque ; moi-même je n'aurais pas eu Taudace d aller (( le chercher à Neufchàteau, si je ne l'avais si bien connu : j'étais (c sûr de mon fait (i). »
Par l'intermédiaire d'un ami commun, il fit offrir à Ruth la chaire vacante.
Cette fois, notre collègue (je puis désormais l'appeler ainsi] accepta. Il ne crut pas pouvoir refuser à son ancien camarade ce qu'il avait refusé à son professeur.
Cependant cette acceptation ne fut pas obtenue sans peine. Ruih hésita longtemps, et son hésitation ne céda qu'à des instances réitérées et trop flatteuses pour pouvoir être repoussées.
Ici , messieurs, se termine la première partie de ma tâche.
J'ai suivi notre collègue dans les différentes phases de sa vie, je vous ai fait connaître les fonctions qu'il a successivement remplies ; il me reste à vous dire quel fut Y homme, le citoyen.
Ruth n'a dû qu'à lui-même ce qu'il a été. Il était, dans toale la force du terme ^fUs de ses oeuvres. C'est par son travail, par son intellî-
(1 ] Extrait d'une lettre de H. Nothomb è H. Roch, en date du H octobre i 849.