‹ ANNALES UNIVERSITES DE BELGIQUEChapitre 202 sur 218 · NOTICE NÉGROLOGIQIE SUR II. LB PROFESSEUR VBRHOEVEN · texte numérisé non relu

NOTICE NÉGROLOGIQIE SUR II. LB PROFESSEUR VBRHOEVEN

Dans un article publié dans un recueil périodique (i), il soumit à un examen sévère et judicieux le discours de M. le procureur général de Bavay sur la vie et les travaux de Van Espen (2) . Dans cet éloge d'un grand mais malheureusement trop célèbre canoniste, les exigences de lexactitude historique étaient loin d'être satisfaites. M. Verhoeven prit pour tâche de signaler ces inexactitudes, de rectifier les allégations erronées , et de venger en même temps les libertés religieuses qui lui paraissaient avoir reçu une grave atteinte par les doctrines du savant jurisconsulte.

M. le procureur général répliqua à l'article du professeur Verhoeven par un écrit sur les Appels comme d'abus ("s). Il ne se borna point à exalter le mérite d'un des ouvrages les plus fameux de Van Espen, son traité sur le reœurs au prince; mais il souleva une grande question de droit constitutionnel, qu'il tâcha de résoudre à l'aide d'arguments puisés dans la jurisprudence civile. M. de Bavay pensait que la Constitution belge, quoiqu'elle fasse une plus large part d'indépendance au clergé, autorise néanmoins le recours au prince pour quelques abus mentionnés dans la loi du 1 8 germinal an x.

Cette nouvelle théorie, contraire aux véritables principes du droit canon, parut même incompatible avec les idées larges et libérales de notre régime constitutionnel. M. Verhoeven le démontra dans une brochure qui sert de réponse à M. de Bavay {â)\

Si la chaleur d'une discussion provoqua peut-être de part et d'autre quelque parole un peu vive, j'aime à croire cependant que les honorables adversaires se portaient une mutuelle estime.

Pendant que la maladie minait déjà cruellement la santé de notre collègue, il s occupait encore activement de la rédaction de

(4) Revu» caihnliquê, uouw, %érie,iomel,^ 497-502.

(9) Van Etpen, Jurisconsulte et canoninte bnlge; «a vie et ses travaux. Discourt prononcé le 45 octobre 4846 par H. le procureur gënëral de BaTay, à l'audience de rentrée de la Cour d'appel de Bruxelles. Bruxelles, 4846, in-S".

(3) Z>«f l'appel comme d'abus dans ses rapports avec la Constitution belge. Réponse à H. Verhoeven, professeur de droit canon à l'unirertité catholique deLouTain. Bruxenes,4847,in-8\

(4) Défense des libertés religieuses compromises dans une brochure intitulée ; Di l'a»riL coMMi b'aius dans su KArroRTS AVic LA Coubtitutior iBLGi , etc. Réponse i H. de Bavay, procureur général à la Cour d'appel de Bruxelles. Bruxelles, 4847, in-8'*.

son cours, dont il comptait utiliser les matériaux pour la publication d'un nouveau manuel de droit canon. Cest alors aussi qu'il livra à rimpression son livre sur la pratique à observer par les curés dans la célébration de la messe pour le peuple, dont nous avons parlé a Toccasion d'un autre écrit auquel celui-ci sert d appendice (i).

Au mois de septembre dernier, retiré aux eaux de Soden, ni les souffrances, ni les inquiétudes de Tisolement ne purent Tempécher de prendre à cœur la défense des saines doctrines en matière d enseignement canonique. Un professeur renommé de l'université de Fribourg en Brisgau venait de publier en allemand un ouvrage dans lequel il ose réclamer audacieusement la réforme des lois les plus fondamentales et les plus salutaires de TÉglise. L absence du véritable esprit sacerdotal dans certaines contrées de la malheureuse Allemagne donnait je ne sais quelle vogue et quelle autorité à cette production perfide (i). M. Verhoeven en fit une analyse dans un mémoire latin qu il adressa au saint-siége. Avant de fermer les yeux, il eut la consolation d apprendre que Tautorité apostolique venait d'arrêter, par une condamnation solennelle, les progrès de ces pernicieuses doctrines qu il avait combattues (s).

Jusqu'ici nous avons suivi M. Verhoeven dans la carrière de ses études et de ses travaux du professorat. Voyons maintenant le prêtre, — voyons l'homme dans la vie privée. Mais pourquoi nous arrêter longuement? Tous vous connaissez comme moi combien il était éminemment recommandable sous ce double rapport.

C'est de lui en effet qu'on a pu dire qu'il avait préparé son cœur pour scruter la loi du Seigneur, et pour accomplir et enseigner ses préceptes et ses ordonnances (4) .

Une haute et tendre piété le distinguait. Son cœur noble et gêné-

(4 ] Voyez page 74 3, note 3.

(2) J.-B. Von Hirschêr, geh. Rath , Domkapii.f Die Kirchlicken Zuêtdnde der GeftH' warl. Tubingue, 4 849, in-S».

(3] L'ouTrage de M. Hirtcher a été condamné par décret du 45 octobre 4849. —An moment où nous écrivons cette note , VUniverê de ParU et le Deuiscke VoihêktUU de Cologne annoncent que M. Hîrtcher t*ett soumit au jugement du laint-siége.

(4) Paravit cor suum, ut investigarei legom Domini, et faeeret et doetei prmeeptmm etjudicium. I. Eidr., Vil, 40.

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reux, son esprit de charité le portait à prendre part aux œuvres de bienfaisance. Cest à lui surtout qu'une belle et édiGante association universitaire, la Société de Saint-Yincent de Paul, dont il était président, dut en grande partie ses rapides progrès parmi nous (i).

L aménité de son caractère ne s est jamais démentie, ni dans les longues souffrances de sa longue maladie, ni dans le commerce de la société. Sensible à tout ce que lamité faisait pour lui, il allait au devant de tout le monde avec une affectueuse franchise et avec la plus sincère cordialité.

(4J Nous aimont à reproduire ici le discourt prononcé, au nom de la Société de Saint- Yincent de Paul, par M. Paul Nève, étudiant en droit :

« MeMîeurs. — Parmi les hommages rendue ï la mémoire de M. Verhoeven , il n*ea est l>oiDt de plus grands , de plus toucliaDts, que ceux que nous avons à déposer sur sa tombe. Ce sont les regrets des pauvres ; c'est l'éloquente expression de leur reconnaissance ; ce sont les bénédictions dont ils couvrent le nom de leur bienfaiteur, de l'homme bon et charitable qu'ils n'implorèrent jamais en vain.

« Représentants de ces pauvres chéris, membres de la Société de SJin(-Yincent de Paul , nous ne pourrions exprimer la profonde douleur que nous a causée la mort de celui qui s'employa avec tant de zèle et d'affection ï diriger nos travaux, de celui qui fut pendant cinq années notre président bien-almé. Témoin de nos premiers essais, il s'empressa de les seconder, et dès la fondation de l'œuvre, le savant consacra généreusement aux pauvres bien des heures qui d'ordinaire étaient réservées h la science. Son zèle, ses bienveillantes démarches contribuèrent eflficacement à faciliter notre entreprise et nous vinrent rapidement d'unanimes sympathies. Lorsque la Société eut pris quelques développements, il veilla avec une constante sollicitude à sa conservation et à ses progrès; il veilla surtout au maintient de cet esprit d'union et de concorde, de cette fidélité aux règles, qui sont les conditions nécessaires de la stabilité de notre Association et des fruits qu'elle peut produire.

« L'œuvre de Saint-Vincent de Paul était devenue si chère à M. Verhoeven qu'on peut dire qu'il ne l'oubliait jamais. Il ne perdait aucune occasion de recommander nos pauvres k la générosité de ses nombreux amis, et plus d'une fois des aumônes considérables nous furent acquises, grâce à ses pressantes sollicitations. Dans les précieux nroments d'une audience que lui accorda Pie IX, il se souvint de ses confrères et il obtint pour eux les bénédictions du saint pontife. Pendant sa longue et cruelle maladie, il ne cessa de porter le plps vtf intérêt k notre Société, et bien souvent il exprima le regret de ne pouvoir plus prendre part ï ses travaux. Peu de jours avant sa mort il fit encore parvenir k ses chers confrères des paroles de bonté et d'édification, k ses pauvres une dernière aumône, un dernier souvenir.

m 11 ne nous est pas donné, messieurs, de vous répéter à notre tour les éloges que vous venez d'entendre, et d'énumérer ici les titres divers de M. Verhoeven à notre respect, ï notre estime, k notre reconnaissance. 11 ne nous est pas donné de vous parler du prêtre vertueux, du savant infatigable, du zélé professeur, de l'ami doux et simple, constant et généreux, dont nous déplorons aujourd'hui la perte. Déjï l'on vous a dit la science, les vertus, les précieuses qualités de M. Verhoeven. Nous ne pouvons qu'exalter son dévouement pour les pauvres , son affection pour nous, sa bonté pour tous, en un mot sa charité. Mais cette charité est k elle seule un éloge. Le charité, messieurs, c'est toute science, c'est toute vertu, et toujours elle sera en honneur sur la terre, car elle est en honneur au ciel. »

Ajoutons ici un trait qui résume et complète son éloge. Nous avons rapporté avec candeur qu'un de ses écrits a été jugé avec une sévérité peut-être trop prononcée; mais il nous a été bien doux d observer qu au moment de sa mort toutes les voix se sont unies pour ne parler que de ses vertus et des qualités qui le rendaient si cher à ses amis, et pour exprimer la grandeur de la perte que Tuniversité éprouve en se trouvant privée d'un de ses membres qui pouvait être si utile encore par la maturité de ses connaissances.

M. Vcrhoeven avait puisé à la meilleure source le lait nourricier des saines doctrines. Nous avons vu que c est à Rome qu'il avait été initié à la science du droit canon. Le désir de revoir la ville éternelle, où il avait conservé des amis et des protecteurs, joint au désir de profiter de toutes les circonstances propres à compléter ses études, l'engagèrent en 1 847 à se rendre de nouveau en Italie. Dé la part de ses anciens amis d études, placés dans les postes élevés de la prélature et de l'administration, ainsi que de la part des personnages les plus éminents, il reçut l'accueil le plus flatteur et le plus bienveillant. Le Saint-Père rtionora même d'un bref apostolique qui renferme pour lui et pour nous tous le nouveau témoignage d'une haute et paternelle affection (i).

Peu de temps après son retour d'Italie, sa santé qui naguère paraissait si brillante, commença à décliner. Une maladie du larynx, dont le retour périodique l'affaiblissait, prit un plus grand développement, à tel point qu'en janvier 1849 il fut obligé de suspendre ses leçons. Depuis lors il ne lui resta sur la terre qu'une lutte courageuse contre les progrès du mal qui devait le conduire au tombeau.

Au mois d'août il quitta Louvain pour aller prendre les bains en Allemagne. II se soumit avec confiance à l'emploi d'un remède que l'art médical prescrit souvent lorsqu'il est à bout des ressources ordinaires de la science.

tt II y a aujourd'hui un mois, m'écrivait-il dans une lettre datée

(4) Le bref ti honorable pour runiTersité , que le Saint-Père daigna nous adrCMiv le 7 aTrU 4847, Be trouve dans V Annuaire de 4848. Le bref du 20 leptembre 4847, i M. Verhoeren, a été imprimé dam la Revue catholique, dout, série, tom. II, p. 489.

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de Sodeii le 1 0 septembre, que je me trouve ici ; je puis maintenant avec quelque certitude vous donner des détails satisfaisants sur i état de ma santé, à laquelle vous vous intéressez si vivement. Je le dis par reconnaissance, car vous m'avez donné mille preuves de cet intérêt pendant tout le temps de ma maladie. Veuillez en agréer mes remerclments les plus sincères... Quel bonheur pour moi, M. le recteur, s il plaisait à Dieu de me rendre à la santé et à mon enseignement ; car la seule chose qui m'a peiné pendant toute ma maladie et qui me peine encore profondément, c'est que je ne puis remplir mes devoirs de professeur. »

Dans cette lettre, comme dans d autres qu'il m'écrivit, brillait l'espoir d'une prochaine gnérison; — lueur vaine et passagère que l'intensité du mal fit disparaître bientôt !

Après avoir pris, sans succès, les eaux de Soden, il s'arrêta pendant quelque temps sous le toit hospitalier d'un ami, le vénérable docteur Binterim, curé à Bilck près de Dusseldorf. De là il se rendit à la Haye oii, au sein de sa famille, il trouva la fin do ses souffrances dans une mort précieuse aux yeux de Dieu et des hommes.

Le 6 janvier, il reçut le saint Viatique avec une admirable résignation. Son sacrifice était fait ; il savait que ses jours étaient comptés et que le terme fatal approchait. Etendu sur un Ht de douleur, attendant avec une pieuse et édifiante patience une mort lente mais inévitable, il se préoccupait encore des intérêts de sa chère université et du souvenir de ses amis de Louvain.

Voir la mort à découvert, s avançant lentement sur sa victime, compter pour ainsi dire ses pas, prendre de sa main la coupe d'amertume, avaler le trépas goutte à goutte, et contempler, dans un lointain fixe, les portes de l'éternité qui s'ouvrent, lorsqu'à peine on est parvenu au milieu de la vie et dune belle et riante carrière ; — voilà ce qui demande un courage et une vertu presque surnaturels, et voilà le spectacle que présente la foi vive de Verhoeven dans la longue et pénible lutte qu'il soutint en bénissant la volonté de Dieu.

Après plusieurs agonies, il cessa de vivre le 1 8 janvier, à six heures du matin, à Tàge de quarante et un ans. C'était la mort du juste

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couronné d'espérances immortelles et rempli de célestes consolations !

Je ne puis, en terminant, taire une circonstance glorieuse à sa mémoire et qui prouve à quel point il fut regretté de ses compatriotes. Le jour de ses funérailles fut un jour de deuil pour les catholiques de la Haye. Tout le clergé de cette capitale, une députation de la Société de Saint- Vincent de Paul, les professeurs du séminaire de Warmond, les personnages les plus distingués se réunirent pour lui rendre les honneurs funèbres.

Hélas ! la distance et les rigueurs de Thiver ne nous ont pas permis d aller prendre part à ce pieux devoir. — Nous lavons rempli aujourd'hui à lautel du Dieu vivant ; nous avons oiïert le sacrifice de la rédemption et le tribut de nos ardentes prières afin que, lorsque à notre tour notre heure sera venue, le Père de bonté et de miséricorde daigne nous faire jouir éternellement, avec son serviteur Marien Verhoeven, d'une vie nouvelle, — de cette vie qui trouve dans le sein de Dieu, le terme de nos travaux, le repos de la béatitude, la clarté de la lumière éternelle : refrigerii sedem, quibtis beati-

TCDINEM, LUMINIS CLARITATEM (f ) !

(1) Oratio Eccleêiœ, in anniveraariodiedefunci.

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RAPPORT

AdreMé * M. le Mliiliitre de l'Intérieiir

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(1848— fl8S«),

(Par fc Docteuy. Jb. cHctJm, De Tfbtiicje^,

L'enseignement médical en France crée des praticiens de plusieurs ordres. Les facultés produisent des docteurs en médecine et des docteurs en chirurgie ; les écoles préparatoires fournissent des ofiBciers de santé civils; les hôpitaux militaires d'instruction et de perfectionnement, ainsi que les hôpitaux de la marine, forment des officiers de santé militaires.

Les facultés de médecine, au nombre de trois, sont établies à Paris, à Montpellier et à Strasbourg

Un certain nombre d'écoles préparatoires ressortissent de chacune de ces facultés.

L'arrondissement de la faculté de Paris comprend trente-deux départements, savoir :

PREMIÈRE Division.

CalTadot,

Côtes-du-Nord,

Eure,

Eure-et-Loir,

Finistère,

Ille-et-Yilaine,

Loire-Inférieure.

flaine-et- Loire,

Hanche,

Mayenne,

Morbihan ,

Orne,

Sarihe ,

Seine-et-Oisc,

Seine-Infërieure,

Vendée.

DErXIÈME DIVISIO!!

Aisne ,

Aube,

Cher,

Indre,

Indre-et-Loire ,

Loir-et-Cher,

Loiret,

Marne,

Nièvre ,

Nord,

Pas-de-Calais,

Seine-et-Marne ,

Somme,

Vienne,

Tonne.

Dix écoles préparatoires appartiennent à ce ressort, savoir : Amiens, Angers, Arras, Gaen, Nantes, Orléans, Poitiers, Rennes, Rouen et Tours.

L'arrondissement de la faculté de Montpellier renferme trente-six départements, savoir :

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