‹ ANNALES UNIVERSITES DE BELGIQUEChapitre 201 sur 218 · NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR M. LE PROFESSEUR VERHOEVEN · texte numérisé non relu

NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR M. LE PROFESSEUR VERHOEVEN

la mort semble devoir rendre plus chère et plus efficace. M. Yerhoeven lui-même, préoccupé jusque dans les derniers moments de sa vie des intérêts de l'université , m'indiqua son successeur dans la personne de M. Feye, et ce fut aux instances d une voix mourante que S. Ë. M*' 1 internonce Belgrade consentit généreusement à rendre à Tuniversité un de nos anciens élèves (i).

Mais ce n est pas seulement renseignement du professeur qui témoigne de son activité et de son savoir, ce sont aussi ses écrits.

En 1842, époque à laquelle il fut nommé professeur ordinaire, M. Yerhoeven publia un opuscule où il examinait plusieurs questions canoniques qui se rapportent à la célébration de la messe paroissiale. La question principale de cet écrit concerne lobligation des curés de dire la messe pour le peuple, les jours des fêtes abrogées par Imdult apostolique du 9 avril 1802. Une autre question, quil y examine, est relative au devoir des curés de dire la messe pour la paroisse par eua>-mémes , à moins d'un empêchement légitime (i) .

G)mme il n avait traité cette dernière question que d'une manière incidente ; comme il s'était trouvé dans la nécessité de passer sous silence plusieurs questions accessoires qui s y rapportent, et que par là même son travail devint l'objet de diverses interprétations, il publia, au mois d'août dernier, un nouvel écrit qui développe et complète son premier ouvrage (3) .

En 1 846 avait paru son livre sur les droits ôt les devoirs du clergé régulier.et séculier [a] . Cet ouvrage — pourquoi ne pas le dire dans cette circonstance solennelle, où Ton honore la mémoire du défunt

(4) Votez le discours De Laudibuê quitus Veterea Lovaniensium iheologi efferri pna êunî\ Loutain, 4847, in-S».

(2) DiëM9Tialio canonica de aacroeancto Miêaœ ëacrificio, a Parochis aliisque euram animarym habeniibua pro plèbe sibi con crédita , Deo offerendo diebuê dominiciê et feêtiê, etiam indulto apoêtolico die 9 aprilis 4802 tM univetêo GaUicanœ reipuhlica territorio suppreêêiê. — Agitur in primiê de Parochis Belgii, Gailiœ, HoUandiœ et Gennaniœ / LouTain, 48V2, in-S».

(3) De praxi a parochis observanda in celebralione Missœ pro populo, cum animad' verêionibus in Miscetlanea iheoloyica (Hélahgis TiioLOfiiQust) -, Hasselt, 4 849, in-8<>.

(4J De Regularium et Sœcularium Clericorum juribu» et officiis, liber singularis. Lou▼aio,4846,in•8^

en parlant franchement de tous les actes de sa vie? — cet ouvrage a été diversement jugé.

Je me reconnais et je reconnais à d'autres le droit de ne pas partager toutes les opinions de Fauteur; mais ce que je conteste, cest le droit qu ou s arrogerait de méconnaître la pureté de ses intentions. — En présence d'une vie pleine de mérites et de bonnes œuvres ; en présence d'une tombe à peine fermée ; en présence des regrets causés par sa mort, je proteste au nom de l'université et au nom de l'amitié contre toute vainc et vulgaire accusation propre à ternir ou à faire suspecter les sentiments du professeur Yerhoeven.

Dans la matière si grave et si compliquée qu'il a entrepris de traiter, il pouvait sans doute se tromper dans certaines questions de détail, — questions dont lexamen appartenait peut-être à un temps plus opportun, — mais certes il n'eut jamais la pensée de s inspirer au foyer d'une coupable animosité contre l'état religieux.

M. Yerhoeven aimait et respectait ce que l'Lgliseaime et respecte ; il était attaché du fond de ses entrailles à l'orthodoxie de nos ancêtres; il était dévoué de cœur et d'âme au centre de l'unité, au saint-siége apostolique. Il répétait sans cesse avec nous les belles paroles de Bossuet (i) : a Sainte Église romaine, mère des Eglises et mère de tous les fidèles. Église choisie de Dieu pour unir ses enfants dans la môme foi et dans la môme charité, nous tiendrons toujours à ton unité par le fond de nos entrailles. Si je t'oublie, Église romaine, puissé-je m oublier moi-môme! que ma langue se sèche et demeure immobile dans ma bouche, si tu n'es pas toujours la première dans mon souvenir, si je ne te mets pas au commencement de tous mes cantiques de réjouissance. Adhœreat Ungua mea faucibus meis, oblivioni detur deœtera mea, si non memireno tut, si non propdsuero Jérusalem in principio lœtitiœ meœ. »

L'attachement aux droits et à l'autorité de TÉglise était une des qualités les plus marquantes du professeur Yerhoeven. La controverse qu'il eut avec un savant et respectable magistral nous en fournit une preuve.

(I) Sermon sur i' unité de l* Église, OEuvresde Botsuet, iom. XV. p. 550, «fdît de Ver- «aillet.

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