CONCLUSIONS
I. — L'existence des officiers de santé dans le corps médical français est une anomalie dont la suppression ne tardera pas à être décrétée. La suppression des officiers de santé civils suivra probablement de près celle des officiers de santé militaires qui vient d être récemment arrêtée. Le personnel du service de santé de l'armée se recrutera désormais en France parmi les docteurs des facultés. C est le système qui est depuis longtemps en vigueur en Belgique.
II. — L'institution des agrégés près les facultés de médecine de France compte vingt -sept années d'existence. Le vif éclat et la renommée dont elle s est entourée prouvent suffisamment la bonté des bases sur lesquelles elle est assise. Une des conditions essentielles de la vitalité de cette institution c'est, après le recrutement
772 RAPPORT SUR l'enseignement DE LA MEDECINE EN FRANCE ,
au concours, le service actif imposé à l'agrégé immédiatement après sa nomination. Il serait à désirer qu en Belgique les agrégés des universités fussent également nommés au concours et astreints, après leur nomination, à un exercice d'un certain nombre d années, pendant lesquelles ils seraient chargés de faire des cours ou des répétitions oiBcielles et libres d'ouvrir des cours particuliers dans le local des universités. L'enseignement gagnerait en force et l'agrégation , presque stérile aujourd'hui , réaliserait immédiatement les idées de progrès qui ont amené sa création.
III. — Le concours appliqué à la nomination des professeurs des facultés continue à prouver ses nombreux avantages par l'incontestable supériorité des hommes qu'il place dans les chaires du haut enseignement. Nous avons longuement développé son mode actuel d'organisation et nous avons fait comprendre pourquoi, après vingt années d'expérience, pendant lesquelles le corps professoral s'est renouvelé aux deux tiers , la faculté de médecine de Paris déclare que la nomination des professeurs au concours doit être préférée à la présentation et à la nomination directe par le gouvernement.
IV. — Les élèves en médecine des facultés de France sont admis à fréquenter les hôpitaux dès le deuxième semestre de leur première année d'études. Leur instruction clinique comprend de la sorte trois années et demie et davantage. Les élèves des universités belges, qui font à peine aujourd'hui trois années de clinique, jouiraient des mômes avantages, si la fréquentation des hôpitaux leur était accordée après l'examen de la candidature en sciences.
V. — L'école pratique , dont nous avons montré l'organisation , exerce une salutaire influence sur la force des études médicales. En prescrivant aux agrégés un exercice de six ans, le gouvernement belge aurait à sa disposition le personnel nécessaire pour organiser un enseignement analogue destiné à compléter les cours officiels qui réclament des démonstrations expérimentales, et à former lagrégé aux laborieuses et importantes fonctions du professorat.