CHAPITRE IV EXTENSION DE L'INFLUENCE FRANÇAISE
Instruction publique. Anciens cramons litférnires.
Organisation nouvelle de renseignement. Ecole Pavie.
Ecole française d' Extrême-Orient ,
Les Annamites attachent à l'instruction une très grande importance. L'accès avix grades du mandarinat et aux charges publiques n'est possible qu'aux lauréats des concours littéraires, dont les études ont été couronnées par l'obtention des titres de bachelier ou tu tai, licencié ou eu nhon, docteur ou tien si.
Il Y a trois sortes d'examens. Les plus faciles sont les examens semestriels qui ont lieu au chef-lieu de chaque province et sont présidés par le f/oc/ioc ou directeur de l'enseignement. Les candidats y sont envoyés par les giao thu et les huan dao qui font d'abord une sélection parmi les étudiants de leurs circonscriptions respectives. Ils ne comportent qu'une seule séance qui dure depuis le lever du jour jusqu'à minuit. Les sujets comprennent: une composition sur l'interprétation d'un passage des ngu king ou des tu thu, deux compositions en vers, un discours sur un passage des quatre livres, enfin une quatrième composition sur trois sujets au choix du candidat et qui sont : une communication royale, une lettre de félicitations des mandarins au roi, et une dissertation sur un sujet quelconque. Parmi ces quatre genres de sujets les candidats peuvent n'en traiter qu'un seul ou les traiter tous les quatre. Toute composition notée « excellente » octroie à l'étudiant qui en est l'auteur, l'exemption de la milice ou de la corvée pendant une année. Ces examens semestriels ne donnent aucun titre universitaire.
Au contraire, les examens régionaux ou huong thi. appelés aussi triennaux, servent à désigner les bacheliers et les licenciés. Ils ont lieu tous les trois ans au dixième mois dans la capitale universi-
taire de chaque grande région de l'empire, k Hué pour l'Annam, et à Nam Dinh pour le Tonkin. Les candidats sont examinés k l'avance par les huan dao, les giao thii et les dôc lioc. Ces derniers ne présentent k l'examen que ceux de leur province, qui leur paraissent aptes à y réussir et sont notés par leur commune comme étant de bonne vie et mœurs. De hauts mandarins envoyés par le ministère des rites composent le jury. Examinateurs et candidats sont enfermés dans le Camp des Lettres, qui est entouré de sentinelles et ne peuvent communiquer avec le dehors pendant toute la durée des séances. Les uns sont juchés sur de hauts miradors dominant le camp, et les autres accroupis dans de petites niches en paillottes qu'ils se sont fait construire pour leur usage. L'entrée et l'appel nominal ont lieu k minuit, et les étudiants terminent leur nuit sur une natte étendue dans leur petite case. Au jour, une affiche est élevée qui porte le sujet des épreuves de la séance. Les compositions sont ramassées k minuit. Les séances ont lieu k quelques jours d'invalle les unes des autres. Elles portent sur des sujets analogues k ceux des examens semestriels. Sous le régime annamite, il suffisait d'obtenir la note « excellent » pour les quatre épreuves pour èti^e reçu d'emblée licencié, et la note « bien » ou « passable » pour être reçu bachelier. Ce dernier grade conférait l'exemption des examens semestriels et la dispense perpétuelle de la corvée et de la milice.
Les examens du doctorat ou hoi t/ii ont lieu également tous les trois ans, mais k la capitale. Les compositions sont les mêmes qu'aux examens régionaux mais les sujets en sont plus difficiles. L'examen comporte deux degrés. Les candidats, admissibles k la suite du hoi thi, passent ensuite le dinh thi ou examen de la cour qui a lieu dans le palais impérial. Les premiers classés sont nommés docteurs du premier degré et peuvent être d'emblée nommés k la fonction de c/uan an on juge provincial, les suivants sont nommés docteurs du deuxième degré ei ne peuvent prétendre qu'k un emploi de Iri phu ou préfet.
Depuis quelques années les épreuves des examens régionaux comprennent des compositions françaises. L'obligation de connaître notre langue, ainsi imposée par nous, k tous les candidats aux fonctions de l'administration indigène était, k notre avis, d'une utilité
fort discutable. Elle a évidemment l'uvantaj^e de faciliter les relations entre les mandarins et les Résidents charg-és de les contrôler, lorsque ceux-ci ne connaissent pas la langue du pays, mais n'aurait aucune raison d'être s'ils la connaissaient, ce qui semble éminemment préférable. Elle a, d'autre part, le tort d'écarter des fonctions publiques toute une catégorie de lettrés qui ne sont plus d'Age k apprendre avec succès une langue étrang-ère et parmi lesquels peuvent se trouver des sujets d'élite.
En Gochinchine, où la plupart des institutions annamites ont sombré devant cette manie d'assimilation à outrance, il n'est plus question d'examens littéraires.
Nous allons d'ailleurs passer en revue l'organisation actuelle de l'enseignement public dans les diverses grandes régions de l' Indo- Chine.
Pour apprécier l'œuvre de la France en Gochinchine nous ne saurions citer de meilleur jugement que celui de son ancien Lieutenant Gouverneur, M. Rodier, qui chercha chaque fois qu'il en eut l'occasion à arrêter la colonie dont il avait la direction sur la dangereuse pente de « l'assimilation » sur laquelle elle est si fortement engagée. Dans un remarquable discours qu'il prononça à une des dernières sessions du Gonseil Golonial, il qualifia de vaine et chimérique la tentative d'assimilation morale et intellectuelle poursuivie depuis vingt ans en Gochinchine. Il constata avec peine que les produits hybrides de cette éducation ne sont ni Français ni Annamites. Pas Français, parce qu'ils n'ont pu digérer les notions de notre morale, de notre science et de notre littérature, qui auraient besoin pour pénétrer jusqu'à leur mentalité, si différente de la nôtre, de leur être enseignées par des professeurs les comprenant et les connaissant bien. Pas Annamites, parce que nous les avons frustrés des moyens qui leur permettaient de se tenir en communication avec la pensée de leurs ancêtres en abolissant l'enseignement des caractères chinois. M. Rodier n'hésite pas à conclure qu'il faudrait revenir k cet enseignement. Nous avons actuellement en Gochinchine, tant dans les collèges provinciaux que dans les écoles cantonnales, seize mille élèves indigènes. Il nous paraît tout k fait inutile de leur apprendre k tous le Français tandis qu'il est indis-
pensable de leur enseig-ner k tous les caractères sino-annamites. Si on ne trouve pas en Cochinchine assez de professeurs de caractères qu'on en fasse venir du Tonkin, auquel on enverra en retour des professeurs indigènes de français.
Outre les écoles provinciales et cantonnales, on a créé dans chaque province une école de filles et dans certains centres, tels que Saïg^on, Bien Iloa et Thu Dau Mot, des écoles professionnelles qui fourniront d'habiles contre-maîtres à nos industries dans un avenir jarochain. Les écoles de Saigon sont le collège Chasseloup Laubat et l'école municipale des filles. Les élèves boursiers indigènes sont répartis entre le collège Chasseloup Laubat et les collèges de Bien Hoa et Mytho.
Dans les autres pays de l'Indo-Chine, l'administration française avait jusqu'à ces dernières années peu encouragé l'enseignement de la langue française. Au Tonkin, il existait pour les indigènes quatre écoles à Hanoï et une au chef-lieu de chaque province. Ces établissements scolaires étaient dirig-és par des instituteurs français et annamites mais les résultats obtenus étaient peu satisfaisants. M. Beau, Gouverneur Général actuellement en fonctions, a amélioré cet état de choses au cours de ces quatre dernières années. Pour l'instruction des enfants européens on a transformé 1 école municipale de Hanoi en Collèg'e et fondé un cours commercial à Hai phong^. On a ouvert de plus des écoles mixtes dirig-ées par des instituteurs k Hanoï et dans les centres où le besoin s'en est fait sentir. L'enseignement y est dirigé d'une façon pratique. Les langues vivantes et en particulier la lang-ue annamite y tiennent une grande place. Ces tendances auront l'heureux effet de préparer pour l'avenir de jeunes français à l'œuvre d'extension coloniale que la France a entreprise en Extrême-Orient.
Mais c'est surtout de l'année 1906 que datent les grandes réformes de l'enseignement en Indo-Chine. Un décret du 14 novembre 1905 avait déjkcréé la direction générale de V Instruction Publique. Afin de procéder à l'organisation de l'enseignement indigène en s'entourant de toutes les garanties possibles, le gouverneur général a institué un conseil de perfectionnement de renseignement indigène, composé des personnalités ayant le plus de com-
pétence et d'expérience en la matière et des comités locaux de renseignement dans chacun des cinq i)ays de l'Union. Il a été ouvert un concours public pour la rédaction de manuels d'enseignement destinés aux écoles indigènes. Une médaille de l'Instruction publique a été créée en vue de récompenser les instituteurs indigènes des écoles publiques.
L'enseignement indigène a été divisé en trois degrés, chacun d'eux comprenant une section chinoise et une section annamite :
Celui du 1^'' degré (section chinoise) comprend l'étude des caractères chinois usuels et de la morale traditionnelle. Le manuel qui servira à cet enseignement sera rédigé dans les mêmes termes que des classiques chinois, mais en éliminant les caractères d'un emploi rare et en y introduisant des exemples empruntés à l'histoire moderne. La section annamite se servira du même manuel rédigé en quoc ngu et aura de plus comme livre de lecture un autre manuel contenant des notions rudimentaires sur l'Indo-Chine, l'administration, les coutumes et les règles de la politesse, l'arithmétique, l'explication des phénomènes naturels, l'hygiène, etc. Un examen de fin d'études sanctionnera cet enseignement. Celui-ci est à la charge des communes qui doivent entretenir un instituteur pour 60 élèves.
L'enseignement du 2'^ degré est donné dans les écoles des phu et des huyèn. La section chinoise aura à étudier un manuel en caractères sur l'histoire de la Chine, un autre sur l'histoire de l'Annam et sur l'administration, la législation, le l'égime fiscal de l'Indo- Chine, etc. La section annamite étudie un manuel en quoc ngu sur l'histoire et la géographie des cinq parties du monde, de la France et de l'Indo-Chine, un autre donnant des notions de calcul, d'arpentage, de culture, d'hygiène et sur les phénomènes naturels, enfin une grammaire élémentaire de la langue annamite.
Cet enseignement sera sanctionné par un examen de fin d'études qui aura la forme d'un concours provincial et et sera passé chaque année au chef-lieu de chaque province.
L'enseignement du S'" degré est donné dans les écoles officielles instituées au chef-lieu de chaque province. La section chinoise étudie : 1" la morale et la littérature classiques ayant pour base l'étude
des cinq canons (ngu king-) et autres ouvrages classiques de la littérature chinoise. 2" l'histoire et l'administration annamite, fondée sur l'étude des Annales et Biographies et sur un résumé du règlement des six ministères. La section annamite étudiera plus spécialement l'histoire, la géographie et les sciences. Dans l'enseignement de l'histoire une place importante sera faite à 1 histoire diplomatique et constitutionnelle, et dans celui de la géographie, à la géographie économique. L'enseignement scientifique comprendra des notions de mathématiques, de physique, de chimie, d'histoire naturelle, d'anatomie et de médecine pratique.
Les meilleurs élèves de ces écoles vont terminer leurs études dans les « écoles complémentaires indigènes ». Celle de Hanoï prépare des interprètes et des instituteurs, celle de Nam Dinh prépare des agents pour les Travaux publics, le cadastre, les chemins de fer, les Postes et Télégraphes, le Commerce, l'Industrie et l'Agriculture. L'Ecole Professionnelle de Hanoï a été réorganisée et ouverte aux élèves européens.
L'enseignement supérieur n'a pas été oublié dans cette réorganisation. 11 a été iustitué en Indo-Chine sous le nom YUniversilé \\n ensemble de cours d'enseignement supérieur à l'usage des étudiants originaires de la colonie et des pays voisins. Cette institution a pour but de répandre en Extrême-Orient par l'intermédiaire de la langue française la connaissance des sciences et des méthodes européennes et de former des agents indigènes pour les diverses administrations de la colonie. Elle comprend cinq écoles supérieures ayant leur siège à Saigon ou à Hanoï, quelques-unes dans ces deux villes à la fois. On y étudie respectivement : 1" le Droit et l'Administration, 2" les Sciences, 3" la Médecine, 4° le Génie Civil, 5° les Lettres.
Une école à laquelle a été donné le nom du sympathique explorateur Pavie a été fondée à Hanoï en 190.^1 pour l'instruction des fils de mandarins chinois. Ses élèves, après deux années passées à notre contact, seront à leur retour chez eux les meilleurs propagateurs de notre influence et de nos idées.
Nous citerons enfin comme étant destinée à faire le plus grand honneur à l'œuvre française en Extrême-Orient, Y Ecole Française
d' Extrême-Orient fondée par M. Doumer et placée tout d'abord sous riiahile direction de M. Finot. Cette institution, malgré la date récente de sa création, a déjà su par les intéressants travaux de ses savants membres, attirer sur elle de hauts témoig-nag-es d'approbation. L'inventaire des monuments du (Cambodge et des monuments Chams et les travaux de linguistique chinoise et thibétaine notanunent, sont des travaux qui se recommandent à l'attention parce qu'ils concourront à pénétrer le problème si intéressant et si difficile de l'origine et des migrations des races asiatiques.
Œuvres philanthropiques fondées en Indo-Chine. — OEuvres
sanitaires. — \accine. — Ecole de médecine indigène. —
Maternités et écoles de sages- femmes.
C'est surtout en Cochinchine que les œuvres philantropiques ont pris depuis quelques années une extension vraiment considérable et c'est en grande partie à l'assistance privée que l'on doit les institutions de bienfaisance qui viennent soulager les misères physiques de la population indigène. L'administration n'a d'ailleurs pas failli à sa tâche de direction, d'encouragement et de secours pécuniaire. A Cholen, M. Drouhet, l'administrateur-maire a pris l'initiative de provoquer chez les Chinois et les Annamites de la ville un courant d'idées charitables et il a pu fonder en 1899, grâce aux cotisations de l'assistance privée une Association Maternelle doublée d'une Ecole de Sages-femmes et de Médecins Accoucheurs Indigènes. Cette institution fonctionne, depuis lors, sous lïmpulsipn d'un conseil directeur. Celui-ci délivre des diplômes aux élèves sortant de l'école et fait circuler des brochures, qui répandent dans la population quelques notions d'hygiène pratique. Le nombre des entrées à l'association Maternelle de Cholen est passé de 431 en 1904 à 610 en 1905 et à 890 en 1906. Pendant ces trois mêmes années le nombre des enfants nés viables, a été de 333, 526 et 796. La mortalité dans l'établissement a diminué de 2,08 °/o, à 1,14 et à 0,75. Mais l'heureuse influence des nouvelles méthodes d'accouchement s'est aussi répandue au dehors, et dans la ville de Cholen on a pu constater
que le pourcentag'e de la mortalité infantile a fléchi de 1898 à 1906 de 68 **/o à 32 °/o, c'est-à-dire de plus de moitié. Enfin ces superbes résultats ne sont pas les seuls qu'ait ])roduit cette œuvre philanthropique. Tous les ans, des sages-femmes sortent de l'école et retournent dans leur province propager les méthodes européennes et combattre les ineptes pratiques des anciennes Ba mu. 13 élèves sont sorties munies du diplôme en 1905, 17 en 190G, 27 autres suivent les cours cette année.
Cet exemple a été suivi dans d'autres centres, et notamment à Rentré où une maternité a également été créée. Des cliniques gratuites ont été ouvertes aux indigènes à Vinh Long, Go Cong, Chàu Dôc, etc. Les lépreux, qui auparavent se répandaient dans les marchés pour y vivre de la charité publique, sont maintenant rassemblés dans une léproserie qui a été fondée dans une île du Mékong. Un asile de vieillards a été créé à Cholen ainsi qu'une école pour les jeunes aveugles. A Chàu Dôc une société s'est formée pour subvenirà l'entretien d'un hôpital indigène, concurremment avec les subventions des communes.
L'administration supérieure n'est pas restée étrangère à la création de ces institutions de bienfaisance, auxquelles elle a accordé des encouragements et des subventions. Elle a créé Vinstitut Antirabique de Saigon, Elle a de plus fondé en 190^ une Ecole Pratique de Médecine Indif/ène destinée à former des infirmiers vaccinateurs et des accoucheuses indigènes, les premiers à l'hôpital de Cho Quan et les secondes à la Maternité de Cholen. Les élèves de cette école y font trois stages de six mois pendant trois ans, puis vont se mettre à la disposition des administrateurs sous la direction du médecin attaché au chef-lieu de la province, s'il en existe un. Les infirmiers apprennent à vacciner, à donner les premiers soins aux malades et aux blessés et des conseils d'hygiène aux habitants. Les sages-femmes ou Ba mu, apprennent à pratiquer un accouchement selon les méthodes françaises et à donner les soins nécessaires à la mère. Le jour oii la colonie sera dotée d'un nombre de ces matrones diplômées, suffisant pour en établir une dans chaque gros village, le nombre des enfants viables sera doublé et les terres en réserve auront des bras pour les cultiver, et la Cochinchine sera de plus en plus le grenier de l'Extrême-Orient.
Au Tonkin un petit nombre de provinces ont créé des postes de médecins de colonisation dirigeant un liùpital indigène et donnant gratuitement leurs soins à la population. Si les o-uvres de bienfaisance n'ont pris dans aucune autre partie de l'Indo-C^hine la même extension qu'en Gochinchine, l'administration a créé cependant au Tonkin des œuvres utiles telles que le Service Vaccimxjènc'^ et liacfériologique de Thai Ha et de nombreux la/arels.
Le Gouvernement Général a d'ailleurs pris certaines mesures qui sont appelées à donner des résultats utiles. La création de r Ecole de Médecine Indigène de Hanoï a été le premier pas fait dans cette voie. Cette institution a pour but de former un corps de médecins indigènes capables d'assurer le service de santé dans toute l'Indo- Ghine avec les médecins français. Ge ne sont plus de simples infirmiers qui ne peuvent que prêter leur concours au médecin européen, comme les élèves de l'école pratique de Saigon, mais bien des médecins exerçant eux-mêmes quoique sous le haut contrôle de praticiens français. De plus l'administration supérieure prévoit la création d'une 'centaine de postes de médecins de colonisation et se propose de faire appel au concours de jeunes médecins de la métropole.
Ges sages mesures nous font entrevoir dans un avenir prochain l'organisation rationnelle d'un Service Médical de Colonisation dont les bases pourraient être les suivantes : au chef-lieu de chaque province un médecin chef de l'hôpital indigène et du service médical de colonisation de la province ; dans chaque arrondissement phu ou huyên un médecin indigène diplômé de l'école de Hanoï ayant sous sa direction des infirmiers-vaccinateurs et des accoucheuses indigènes.
Œuvres de propagation de l'influence française en Extrême-Orient.
Hôpitaux. Bureaux de postes et télégraphes. — Services maritimes subventionnés.
Mais il ne suffît pas de faire aimer la France à l'intérieur de nos
1. L"institut vaccinogène a distribué pour les deux dernières années plus d'un million de doses de vaccin aux i médecins vaccinateurs qui parcourent constamment le Tonkin et l'Annam.
Possessions et Protectorats, il tant encore étendre son influence au deliors, au milieu des populations avoisinantes. Cette politique a été celle de MM. Doumer et Beau. Tous deux ont pensé que l'argent dépensé en Chine ou au Siam, soit pour aider nos légations et consulats à accomplir leur mission tl'une façon plus fructueuse, soit pour créer, soutenir et entretenir des institutions de bienfaisance ou d'utilité publique telles que hôpitaux, écoles, bureaux de jîostes et télégraphes, lignes maritimes ou chemins de fer, n'était pas de l'argent perdu.
Il existe maintenant des écoles françaises subventionnées par le budget général et quelquefois même entretenues par lui à Canton et Pac Hol sur la côte du Quang Tông, à Hoi Kow dans l'île de Hai Nam, à Long Chàu et Ou Châu au Quang Si, à Yunnam Senet Mong tsé au Yunnam et à Bangkok au Siam.
Des hôpitaux indigènes pourvus de médecins français ont été fondés à Canton, Yunnam Sen, Mongtsé, Tchong King (au fond du Setchouen) et Bang Kok. D'autres postes médicaux existent à Sse Mao au Yunnam, Long Châu au Quang Si, lloi Kow, Pac lloi au Quang Tông, Bang kok et Oubone au Siam.
Des bureaux de postes et télégraphes s'échelonnent le long des côtes de la mer de Chine et dans le fond des provinces les plus reculées. On en trouve à Tientsin, Shanghai, Canton, lloi Kow, Pac Hoi, Tchong King, Yunnam Sen et Montze.
De nombreuses subventions du budget général de 1 Indo-Chine facilitent les communications maritimes avec les pays environnants : un service postal existe entre Haiphong et Hong Kong avec escales à Pac Hoi, Hoi Kow^ et Quang Tcheou Wan, un autre de Hong Kong à Canton et à Ou Tcheou Fou, au-delà de la limite du Quang Si, un autre de Shang Hai à Han Kéou et Itchang en remontant le Yantsé, un autre de Bang Kok à Singapour, un autre de Saigon à Poulo Condore et Singapour.
Enfin, le service postal des Messageries Maritimes entre Saigon et Haiphong est devenu hebdomadaire grâce au doul)lement par rindo-Chine de la subvention primitive.