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à Soctrang- et une briquetterie mécanique installée à Vinli Long' par des Européens n'ont [)as prospéré. Les scieries de long qui existent dans les dill'érents centres sont très florissantes. On trouve aussi dans les provinces de petites industries locales telles que la fabrication des nattes à Châu Dôc, des eng-ins de pêche à RachGia et des paniers à Thu Dau Mot et Bien Hoa. Le nuoc mam de l'île de Phu Quoc et de Baria sont renommés chez les Annamites. La fabrication de cette sauce de poisson, du poisson sec et salé et de la saumure constituent l'unique occupation de la population maritime de Hâ Tien et Baria. On trouve dans diverses provinces des carrières de pierre de Bien Hoa, de granit et de sable qui prospèrent. Enfin l'industrie séricicole est assez florissante à Cu Lao Giêng (île du Mékongsituée dans la province de Long Xuyèn) entre les mains des sœurs de Portrieux,et dans trois villages de la province de Châu Dôc.
En Annam, on trouve à Tourane la (( Société des Docks et Houillères » qui exploite la mine de charbon de Nang Son et a établi des docks à l'îlot de lObservatoire. Ses affaires sont assez florissantes pour lui permettre de relier ses différents établissements au port de FaiFo par une ligne à voie étroite. On peut citer encore une usine installée à Phu Phong, dans la province de Binh Dinh, pour la filature et le tissage de la soie, une scierie mécanique installée à Bên Thuy, et enfin une exploitation fondée à Bông Miêu sous la raison sociale de « Société des Mines d'Or de Bông Miêu », enfin une usine établie dans les environs de Hué pour la fabrication de la chaux hydraulique et du ciment.
Au Tonkin, on voit prospérer dans les villes industrielles telles que Hanoi, Nam Dinh ou Hai Duong, des distilleries, une verrerie, des filatures, des scieries, des fabriques de céramique, etc..
D'autre part, l'industrie minière est en train de prendre un grand essort au Tonkin : la production des houillères de Quang Yen et de Dông Trièu, de Ha Tou, exploitée par la société française des charbonnages du Tonkin, et de Hon Gay, donnent de jour en jour un rendement plus considérable.
Les recherches des prospecteurs se portent en foule depuis 1903 vers les métaux précieux tels que l'or, l'argent, l'étain et le wolfram, et les anciennes mines chinoises sont soumises k de nouvelles études.
Des demandes de recherches en périmètre réservé ont été faites dans les provinces de Bac Kan, de Hanoi, de liai Duoni,'', de Ilunj,^ Yen et de Hoa Binh, mais c'est surtout le cercle de Cao Rang qui a attiré les investig^ations des sociétés minières.
Cette ré{^ion, comme beaucoup de contrées de la zone montagneuse du Tonkin, est constituée de formations calcaires et schisteuses, avec d'assez nom])reuxpointements de porphyre, mais ce qui la distingue des autres, au point de vue de la richesse minière de son sous-sol, c'est l'existence du massif du Phia Ouac, situé à 50 kilomètres à l'ouest de Cao Rang et dont la composition géologique, riche en granulite, annonce l'existence de minerais d'or, d'argent, d'étain et de fer. Actuellement tout le massif est couvert de concessions et de périmètres de recherches dont le centre est marqué par un poteau indicateur. Leur nombre est si grand qu'un plaisant a pu dire « que le pays se reboisait avec des poteaux centres de périmètres » . La mine de Tinh Toc (pierre-tombée), ancienne mine chinoise, est exploitée par un français depuis 1899. Son rendement en étain, au moment où il n'était o])tenu que par des moyens rudimentaires, c'est-à-dire jusqu'en 190o, atteignait deux tonnes de minerai par mois. — La mine de Beau Site, que les indigènes appellent Ro Sich [mine-étainl, est entrée dans la période d'exploitation en 1903. L'étain s'y trouve mélangé au wolfram. Cette exploitation qui appartient à la « Société des Mines du Haut-Tonkin », donnait en 1905 de deux à quatre tonnes de minerai complexe par mois. — La mine de Ganymède qui donne les mêmes produits a été ouverte en juin 1905. — La mine Marie, au village de Rinh Duong près de l'ancien poste de Tong Tinh, appartient au « Syndicat Français Indo-chinois ». Elle donne plus de wolfram que les précédentes, mais manque un peu d'eau pour ses lavages. — Toutes ces concessions sont entre les mains de sociétés qui se sont décidées à faire des sacrifices pour amener l'eau dans leurs mines et y monter les machines perfectionnées qui ont manqué jusqu'en 1905.
Outre les petites quantités d'or en paillettes qui se trouve mélangé à l'étain dans les mines dont nous venons de parler, ce minerai existe dans la vallée du Song Hièn en assez grande proportion pour être l'objet de recherches spéciales. Citons la mine de Tinh Da entre
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la source du Son^ Hiên méridional et Tancien poste de Pac Boc et celle de Phu Noi, en aval de ce dernier point. De plus les autorités indigènes signalent deux mines d'or dans la délégation de Dong Khê, l'une dans la commune de GiangNgô, l'autre sur la route même de Dong Khê et au Sud de ce poste. Dans les environs immédiats de Cao Bang on trouve plusieurs gisements de lignite qui seraient d'ailleurs inutilisables pour le traitement des minerais et sont par suite sans avenir.
Enfin, il a existé jusqu'en 1888, près de l'ancien poste de Mo Sat [mine-fer] une mine de fer exploitée par le chinois Liou Tan Tou, un chef pirate qui exerçait un commandement très important dans la région. Aucune exploitation régulière n'a pu être reprise depuis, la région étant désormais déboisée et la lignite de Cao Bang étant trop sulfureuse pour traiter le minerai.
En somme la région située à l'ouest et au sud-ouest de Cao-Bang est sans contredit la plus intéressante de tout le Tonkin au point de vue minier. Si l'on en juge par le nombre considérable d'ingénieurs et de colons qui sont venus la visiter depuis Tannée 1903 et par les sociétés qui se sont formées pour mettre en exploitation quelquesunes des concessions accordées, il est permis d'espérer que dans quelques années le développement économique de la région de Cao Bang aura amené la construction d'une voie ferrée pour la relier au Delta.
Développement de l'Agriculture dans les cinq grandes régions de l'Indo-Chine.
La Gochinchine, ce « grenier de lExtrême-Orient », ainsi qu'on l'a souvent appelée, laisse cependant en friche de vastes territoires, d'immenses plaines marécageuses dont les animaux féroces sont les seuls habitants. C'est la Plaine des Joncs qui s'étend au nord de la province de Mytho, ce sont les plaines inondées et incultes que l'on rencontre dans les provinces de Cantho, de Bac Lieu, de Tanan, de Vinh Long, de Rach Gia. Partout l'appropriation à la culture des
terres en friche se poursuit. Partout on creuse des canaux agricoles pour assécher le sol, et la population annamite, toujours si vivace, s'accroit à mesure pour aller peupler toutes ces ])laines plantées de joncs et les transformer à la sueur de son front en belles et plantureuses rizières. Mais malgré cette extension de la population et de la culture, il reste et restera encore long-temps des terres incultes oîi les générations futures pourront déployer leur activité. On peut supputer que la population de la Cochinchine est appelée à être doublée dans cinquante ans et à produire un rendement en riz double du stock actuel.
Chose curieuse, beaucoup de colons des provinces de l'ouest ont abandonné les cultures riches, telles que celle du café, pour s'adonner à celle moins aléatoire du riz. La seule province de Cantho compte une quarantaine d'agriculteurs français sérieux et travailleurs. A Thu Dau Mot on cultive la canne à sucre, le tabac et les arachides avec succès. A Trang Bang- (province de Tay Ninh) on est revenu au tabac que les vexations douanières avaient fait abandonner. Enfin, les poivrières Hong Chong, près de Ha Tien, donnent des produits qui font prime sur les marchés de France, par suite de la demi-détaxe des droits de douane.
En Annam les colons français mettent en valeur SO.OOO hectares de concessions. Il faut signaler au Khanh Hoa la plantation d'un Annamite naturalisé Français qui fait travailler pour son compte un grand nombre de familles Moi. Cet exemple mérite d'être encouragé, parce qu'il tend à l'absorption des sauvages de la chaîne annamitique. Comme au Tonkin, au Cambodge et au Laos, l'élevage des bêtes à corne serait une des exploitations les plus fructueuses s'il n'était pas constamment menacé par des épizooties dévastatrices. La peste bovine, que l'administration décore souvent du nom de septicémie hémorragique, fait des apparitions fréquentes dans toute rindo-Chine. Il est grand temps que les vétérinaires indigènes sortent de nos écoles et aillent propager dans les campagnes des méthodes qui peuvent permettre de mettre le bétail en partie à l'abri du fléau. Les thés de l'Annam ont acquis depuis quelques années une certaine notoriété et donnent lieu à des transactions prospères.
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Au Tonkin, depuis plusieurs années, l'attention des administrateurs s'est portée avec juste raison vers les travaux d hydraulique agricole qui sont si appréciés du peuple annamite. Daus toutes les provinces, des crédits ont été affectés a ces travaux, auxquels la population a concouru avec empressement en fournissant des coolies gratuits. Des canaux ont asséché des arrondissements entiers dans les régions de l'intérieur, tandis que d'autres, creusés dans les terrains bas qui avoisinent les rivages de la mer, servaient à les dessaler, d'autres encore ont pour but de colmater des lagunes et des marécages.
Notons aussi (jue l'ouverture des voies ferrées à la circulation des indigènes va permettre à la population trop dense du delta de peupler les régions du moyen Tonkin où elle est très clairsemée. Malgré la répugnance des Annamites pour les climats des montagnes boisées dont ils craignent les émanations fébrifères, les plus pauvres d'entre eux sont amenés peu à peu à y aller tenter la fortune. Ils commencent par aller couper des bois et des bambous le long du fleuve Rouge pour en former des trains qu'ils viennent vendre dans le Delta, puis il y trouvent un petit coin de rizière à leur convenance et s'y installent avec leur famille. VA voilà comment se fera peu à peu la colonisation de la haute région par les Annamites. On ne saurait trop encourager cet exode.
Voyons maintenant quel a été le succès des entreprises agricoles de nos compatriotes. D'assez nombreuses concessions ont été données à des Français, mais malgré les efforts sérieux dépensés par nos compatriotes depuis de nombreuses années, fort peu d'entre elles ont donné les résultats qu'on eu attendait. 11 faut en chercher la cause dans la difficulté de trouver et de tixer la main-d'œuvre indigène. L'Annamite est très fortement attaché à son foyer et il redoute de s'employer chez un Français, qui exigera de lui un travail réglé et soutenu. Il aime à travailler à ses heures et à se reposer le plus souvent possible. Celui qui appartient à une famille honorable et estimée dans son village n'ira jamais se mettre au service d'un européen. Il n'y a guère que les vagabonds, les gens sans feu ni lieu qui consentent à quitter le groupe si consistant que forme la commune. Dès lors il ne faut pas s'étonner qu'ils ne fournissent
qu'un travail irrégulier et précaire. De [)lus, si le colon a recours à des moyens de répression trop sévères, ils disparaissent dans la grande masse, où il est bien difFuilc d'aller les retrouver.
Certains colons ont essayé du nu-fai/af/r, (jui, lui, permet (h: s'adresser à des gens ayant une famille et partant plus recommandables, mais là encore, quoiqu'il un degré moindre, ils ont rencontré des difficultés. Le métayer emploie toutes sortes de ruses pour ne pas payer et, lorsque la situation devient trop teiulue, il disparaît à son tour.
La mauvaise volonté de l'indigène à payer le loyer de sa terre a d'ailleurs le plus souvent une excuse très sérieuse. C'est qu'à la vérité il en est quelquefois le véritable propriétaire. Et voici comment : après les troubles causés par la grande piraterie et les expéditions qu'elle a amenées de notre part, le moyen Tonkin s'est trouvé presque complètement dépeuplé. Une partie de sa population était tombée sous les coups des pirates et l'autre s'était enfuie vers le delta. C'est alors que le gouvernement, dans le but fort louable de ramener et la vie et la confiance dans ces régions ruinées, encouragea les colons entreprenants à y prendre des concessions. Ceux-ci reçurent ainsi des terrains allant quelquefois jusqu'à 20 ou 30.000 hectares sur lesquels ils essayèrent d'attirer des métayers. Le calme étant revenu, les anciens habitants des villages abandonnés revinrent habiter sur leurs terres. De là des tiraillements continuels entre l'ancien propriétaire et le nouveau, qui prétend lui demander un loyer pour la terre qui lui appartenait jadis. L'administration, en présence des nombreuses difficultés soulevées, a trouvé un compromis qui est accepté par les parties. C'est de faire racheter leurs biens par les communes qui en revendiquent la possession, la somme à payer étant fixée au prix des dépenses utiles faites par le concessionnaire pour la mise en valeur des terres.
De plus, dans le but de réprimer dans la mesure du possible la violation des engagements pris par les indigènes envers leurs employeurs européens, la Cour d'appel de l'Indo-Chine réunie en assemblée générale le 26 juillet 1906, a disposé que, pour se rapprocher le plus possible de l'article de la Loi annamite, qui punit
l'indig-ène lorsqu'il manque à ses engagements envers un autre indigène :
<( Tout indigène ou asiatique assimilé qui, engagé sur une exploitation agricole, aura sans motif légitime abandonné le service de son engagiste européen, indigène ou asiatique assimilé, qui lui a fait des avances en numéraire, non productrices d'intérêts, sans avoir rempli les obligations en vue desquelles ces avances lui ont été faites, sera puni de 8 jours à 9 mois d'emprisonnement. 11 devra être justifié de ces avances par leur inscription sur un double livret dont l'un restera entre les mains de l'engagiste et dont l'autre sera remis à l'engagé; les remboursements elfectués par ce dernier y seront aussi mentionnés. »
La Direction de l'Agriculture, des Forêts et du Commerce est un puissant adjuvant pour le développement des entreprises agricoles. Il existe dans chaque province des jardins d'essai qui sont sous sa direction technique. Des champs d'essai ont également été installés dans quelques régions pour v faire certaines cultures telles que le jute, la canne k sucre, le maïs, le tabac, etc.
Au Cambodge on cultive, outre le riz, le coton, le poivre, le tabac, le palmier à sucre, l'indigo, le maïs, le mûrier, etc. On récolte dans les montagnes de la cardamone, etc.
Au Laos, l'élevage peut donner d'excellents résultats et il présentera une grande ressource lorsque les voies de communication seront d'un accès plus facile. Une station agricole a été créée en 1904 sur le plateau du Tran Ninh, où l'on a pu planter des arbres fruitiers de France. On cultive au Laos le riz ordinaire, le riz iiêp qui y est particulièrement riche en alcool, le tabac, le coton, le pavot k opium. On y trouve aussi la cardamome et l'ortie de Chine. Le cocotier y pousse en abondance sans que ses fruits soient complètement utilisés. Des moyens de transport k prix modérés pourront dans l'avenir faciliter leur utilisation.
En résumé nous pouvons considérer dans son ensemble le développement économique qui a été imprimé k l' Indo-Chine sous la direction de la France sans avoir k rougir de notre œuvre. Notre pays n'a pas failli k son mandat de nation protectrice, car il a fait entrer k sa suite l'Empire d'Annam dans la voie du progrès. Il lui
reste encore pour parfaire ce beau résultat à convier le peuple conquis à une association plus intime à nos entreprises. Pour cela, il faut lui ouvrir, encore plus larg-ement (jue nous ne l'avons fait jusqu'ici, des écoles j)rofessionnelles où seront enseig'nées scienliPupiement nos méthodes industrielles et agricoles. En ce faisant nous nous préparerons d'utiles collaborateurs, nous ouvrirons un nouveau champ à l'écoulement des produits de la métropolole et nous canaliserons normalement les énergies de la classe intellig-ente du peuple annamite qui encombre nos administrations ou est prête à grossir la masse des lettrés, mécontents des situations trop subalternes que nous leur laissons dans la direction des affaires du pays.