CHAPITRE XXVIÏ. îfeS
II quitta la tente.
« Vous venez de voir, dit le comte d'Oxford à son fils, une esquisse de ce prince extraordinaire , tracée par lui-même. II est facile d'enflammer son ambition ou sa soif de pouvoir , mais presque impossible de la restreindre dans les justes bornes où elle doit probablement s'arrêter. Il est toujours comme le jeune archer qui perd le but , en voyant une hirondelle lui passer devant les yeux , même lorsqu'il tend sa corde. Tantôt soupçonneux à l'excès et sans raison... tantôt prodigue de sa confiance sans réserve... ennemi naguère de la maison de Lancastre , et allié de son terrible adversaire... maintenant, dernier espoir, unique soutien de cette maison. Dieu arrange tout pour le mieux!... Il est cruel de voir jouer la partie , de voir même comment on la pourrait gagner , quand un caprice des autres nous empêche de recourir à notre propre adresse. Combien tout dépend de la décision que va prendre demain Charles, et combien je suis peu à même de l'influencer, soit pour sa propre sûreté, soit pour notre avantage ! Bon soir, mon fils ; abandonnons les événements à celui qui seul peut les conduire. >>