LE LUTIN
Croyez-moi , monsieur, toutes ses Tormes sont
exquises... mais ce n'est qu^un esprit.
Shaespbare. La Tempête.
Il y eut un court silence après que le Bernois eut achevé sa singulière histoire. L'attention d'Arthur Philipson avait été graduellement excitée , puis soutenue par un récit qui s'accordait trop avec les idées reçues dans ce siècle, pour rencontrer chez lui l'incrédulité avec laquelle on l'aurait sans doute écouté dans des temps moins éloignés et plus éclairés.
Il était aussi extrêmement frappé de la manière dont l'histoire avait été racontée par le narrateur, qu'il n'avait jusqu'alors regardé que sous le point de vue d'un rude chasseur ou d'un grossier soldat , au lieu qu'en te moment il accordait sans hésitation à Donnerhugel une connaissance plus étendue des usages du monde qu'il ne l'avait d'abord pen.sé. Le Suisse s'éleva dans son opinion au rang d'un homme de talent, mais sans faire le moindre progrès dans se» affections. » Ce fier-à-bras, » dit-il en lui-même, « a de la cervelle aussi bien que de la chair et des os , et il est plus capable de commander que je ne l'aurais cru. » Puis se tournant vers son compagnon, il le'remercia de son histoire qui avait abrégé la route d'une façon si intéressante.
* Et est-ce de ce singulier mariage, continua-t-il , qu'est née AnnedeGeierstein? — Sa mère, répondit le Suisse, fut Sybilla d'Arnheim, celle enfant au baptême de laquelle la baronne mourut.... disparut... ou tout ce que vous voudrez. La baronnie d'Arnheim, comme fief mAIe, retourna à l'empereur. Le cliâteau n'a jamais été habité depuis la mort du dernier seigneur, et j'ai entendu dire qu'il