C'est ainsi qu'il signait
3. Au sujet de Paulhac et de ses seigneurs, je ne peux que renvoyer à la plaquette que j'ai publiée sous ce titre : Suite des seigneurs de Paulhac. Brioude, Watel, 1915.
4. Le royaume comprenait, vers 1460, vingt-sept bailliages et quinze sénéchaussées. Les baillis et sénéchaux avaient, à la fin du xve siècle, des attributions presque illimitées. Ils représentaient le roi, étaient à la fois des fonctionnaires politiques et des administrateurs, des officiers de police, de justice et de finances. Ils avaient la garde de leurs circonscriptions ; c'étaient eux qui convoquaient les hommes du roi et dirigeaient, dans leur ressort, les opérations militaires.
La sénéchaussée de Beaucaire était immense; elle allait de Brioude et de Saint-Flour à la Méditerranée.
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pondance, et l'employait beaucoup. Pendant la guerre du Bien public, en 1465, Rauffet lui rendit un service signalé. Le duc de Bourbon, l'un des princes ligués, avait entraîné dans le complot son frère naturel, Jean de Bourbon, évêque du Puy, et préméditait de s'emparer de la ville. Mais le sénéchal de Beaucaire, qui, la peste étant à Nîmes, s'était retiré dans le Velay, se mit à la tête des milices de la sénéchaussée, déconcerta les projets des rebelles et empêcha que la ville du Puy ne se déclarât en leur faveur l .
En 1473, il fut, comme il va être dit, l'un des chefs de l'expédition qui se termina par la prise de Lectoure et par l'assassinat de Jean V d'Armagnac.
Il mourut le 25 octobre 1473, et fut enterré dans l'église Saint-Julien de Brioude, à laquelle il laissait deux mille écus d'or pour la fondation d'une chapelle et de quatre vicairies, qui subsistèrent jusqu'à la Révolution sous le nom de « vicairies du sénéchal 2 » .
Il avait épousé, en 1453, Jeanne d'Albon ; il en eut sept enfants. L'une de ses filles, Marie, fut la femme de l'amiral de Graville. Ses fils (Rauffet III
1 . Dom Cl. Devic (et dom J. Vaissete, Histoire générale du Languedoc, réédition. Toulouse, 1889, t. XI.
2. Pour le détail de cette fondation, voir ma Suite des seigneurs de Paulhac, p. 20. — Le P. Anselme mentionne un certain Raoul de Balsac, qui, en 1373, aurait donné à l'église Saint-Julien deux mille écus d'or, « mille pour y être enterré, et les autres mille pour la fondation d'une chapelle où sont ses armes ». — N'y aurait-il pas là une confusion ? Le Raoul de 1373 ne doit faire qu'un avec Rauffet, mort exactement cent ans plus tard.
et Geoffroy) ne laissèrent pas d'enfants. De sorte que ce fut son frère cadet Robert qui continua le nom de Balsac.
La vie aventureuse de Robert de Balsac mérite d'être racontée *.
Il naquit vers 1440. De sa jeunesse nous ne savons rien. 11 est mentionné pour la première fois dans un acte par lequel Charles de France, duc de Guyenne (le frère de Louis XI), lui fait donation (1463) de la terre de Clermont-Soubiran2.
Désireux de guerroyer et de voir du pays, il se fit, en 1464, recommander par Louis XI au duc de
1 . Lettres de Louis XI ; Lettres de Charles VIII (éd. de la Soc. de l'Hist. de France). — Gommynes, Mémoires. — Devic et Vaissete, op. cit., t. XL — S. de Sismondi, Histoire des Républiques italiennes du moyen-âge. Paris, 1826, t. XII. — Déribier-du-Châtelet, Dictionnaire statistique ou Histoire descriptive et statistique du département du Cantal. Aurillac, 1852-1855, t. III. — M. P. Allut, Etude biographique et bibliographique sur Symphorien Champier. Lyon, Scheuring, 1859. — C. de Cherrier, Histoire de Charles VIII. Paris, Didot, 1870. — J. Andrieu, Bibliographie générale de VAgenais. Paris, Picard, 1886. — Tamizey de Larroque, Le chemin de Vospital, par Robert de Balsac... nouvelle édition avec notice sur Vauteur, notes et appendice. Montpellier, Hamelin, 1887. — B. de Mandrot, Louis XI, Jean d'Armagnac et le drame de Lectoure (Revue historique, t. XXXVIII, nov.-déc 1888). — H. François Delaborde, L'Expédition de Charles VIII en Italie. Paris, Didot, 1888. — Ch. Samaran, La Maison d'Armagnac au XVe siècle et les dernières luttes de la féodalité dans le midi de la France. Paris, Picard, 1908.
2 . Actuellement Clermont-Dessus, Lot-et-Garonne, arr. d'Agen.
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Milan, Francesco Sforza. La lettre de recommandation est curieuse :
Très cher et très amé oncle, pour ce que, entre noz serviteurs, avons en especial recommandacion nostre bien amé serviteur Robert de Balsac, escuier, et pour ce que le dit de Balsac, comme nous a dit, a grant désir et affection cTaler veoir le monde et de soy employer en fait de guerre soubs aucun de nos parens et espetiaulx amis ; que sommes informés deuement que ledit Robert est de bonne maison et noble et bien expert au fait de la guerre, et qu'il est homme pour bien servir, et que vouldrions son bien et avancement, nous désirerions bien que ledit Robert vous peust faire aucun bon service. Pourquoy vous prions bien affectueusement que pour amour et contemplacion de nous, vous le veuilles prendre et emploier en vostre service et l'avoir pour especialement recommandé, comme vouldriés que eussions ung de voz serviteurs en cas semblable. Et, ce faisant, nous ferez singulier plaisir 4.
Revenu d'Italie en 1467 ou 1468, Robert fut nommé par Charles de France sénéchal d'Agenais et de Gascogne. C'est en cette qualité qu'il prit part aux expéditions organisées par Louis XI contre Jean V d'Armagnac.
Jean V s'était comporté d'abord en vassal fidèle et, entre 1439 et 1452, avait contribué pour sa part à la conquête de la Guyenne anglaise. Mais, sur ces entrefaites, il se 'prit de passion pour sa sœur Isabelle (deux enfants naquirent de l'inceste)2; il eut l'impudence de l'épouser publiquement, en vertu d'une fausse bulle, et, d'autre part, affecta, en plusieurs circonstances, de braver l'autorité de