‹ Anne de GravilleChapitre 101 sur 154 · Baguenault de Puchesse, op. cit · texte numérisé non relu

Baguenault de Puchesse, op. cit

2. Il n'en faudrait pas juger par son orthographe, dont voici un spécimen (Bibl. nat., mss. Dupuy, 89, fol. 62) : « La promese que iay du roy fera foy de mon ynocanse, qui sait comme coy jay vescu avant que cela fust advenu. » — L'écriture, allongée, est très moderne, très élégante.

3. L'Histoire françoise de S. Grégoire de Tours, traduite du latin par G. B. D. (Claude Bonnet, dauphinois). Paris, chez Claude de La Tour, 1610. Avant-Discours parle seigneur d'Hémery d'Amboise, maître des requêtes.

4. Peut-être lisait-elle la Cité de Dieu dans un beau manuscrit, appartenant actuellement à la bibliothèque de Mâcon et qui provient de son frère utérin Charles de Valois, comte d'Auvergne, puis duc d'Angoulême (cf. comte A. de Laborde, Les Manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint Augustin. Paris, 1909, p. 450). En tout cas, les fameuses Heures de Boucicaut, conservées au musée Jacquemart-André, lui ont certainement appartenu : sur un feuillet de parchemin, en tête du volume, est mentionnée la naissance des deux enfants qu'elle eut du roi. (Au sujet de cette mention et de la qualification « le petit Monsieur », donnée à Gaston-Henri de Verneuil, voir Guyot de Villeneuve, Notice sur un manuscrit du XVI6 siècle. Les heures du maréchal de Boucicaut. Paris, pour la Soc. des Bibliophiles français, 1889).

HENRIETTE DE BALSAG 5M5

elle était jolie, et même pire, blonde, mince et souple, d'une grâce provoquante. Henri IV la connaissait depuis longtemps ; il l'avait entrevue à Orléans *, et depuis aux Tuileries, où elle avait ligure, en 1598, dans un ballet dansé devant la duchesse de Beaufort 2. Mais le cœur du roi n'était pas libre alors : il était tout à Gabrielle d'Fstrées. Gabrielle, sur le point d'être reine, mourut brusquement le 10 avril 1599. La douleur du roi fut violente. (« La racine de mon amour est morte », écrivait-il à sa sœur.) Violente, mais brève. Il avait toujours eu la passion des femmes, et cette passion, à l'âge auquel il atteignait alors — quarantesix ans — était en voie de prendre un caractère quasi pathologique 3. Il était d'ailleurs entouré d'entremetteurs de profession, de « persuadeurs de débauches », tels Fouquet de la Varenne, intéressés à ne pas laisser vacante la place naguère occupée par Gabrielle. Ils lui vantèrent « les beautez, gentil esprit, cajoleries et bons mots4 » de mademoiselle d'Entragues, et comme, au commencement de juin, il revenait de Blois (où était alors la cour) à Fontainebleau, l'engagèrent à s'arrêter au château

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