‹ Anne de GravilleChapitre 100 sur 154 · DEUX ARRIERE-PETITES-FILLES D'ANNE DE GRAYILLE · texte numérisé non relu

DEUX ARRIERE-PETITES-FILLES D'ANNE DE GRAYILLE

I. — Catherine-Henriette de Balsac d'Entragues, marquise de Verneuil (1 579-1633). — Sa vie en raccourci : elle se fait donner par Henri IV une promesse de mariage (1er octobre 1599) et se prétend sa femme légitime; ses enfants; conspirations auxquelles elle prend part; la promesse rendue (1G04); l'arrêt du Parlement du 2 février 1605 ; le roi s'éprend de Charlotte de Montmorency (1608); la retraite et les dernières années d'Henriette. — Explication de son attitude à l'endroit de Marie de Médicis. Valeur juridique de la promesse de 1599 : le mariage dans ie droit canonique classique; théorie des promesses de mariage; mariages « présumés » résultant d'une promesse suivie de copula carnalis. L'opinion d'Henri IV; les inquiétudes de Marie de Médicis.

II. — Marie-Charlotte de Bahac d'Entragues (1588-1664). — Sa vie, calquée sur celle de sa sœur. Sa liaison avec Bassompierre. Promesse réciproque de mariage du 10 juillet 1610. Marie-Charlotte cite Bassompierre devant Tofficial de Paris (1612). L'affaire portée devant le Parlement de Rouen : scènes de mœurs judiciaires. Plaidoirie de François de Brétignières. L'arrêt du 11 septembre 1615.

Il sera fait mention, à la fin de ce volume, des enfants que François de Balsac eut de son premier

HENRIETTE DE BALSAC 213

mariage (avec Jacqueline de Rohan). De son second mariage (avec Marie Touchet) naquirent deux filles, Catherine-Henriette et Marie-Charlotte de Balsac1, qui comptent parmi les plus notables descendants d'Anne de Gra ville et qui ont droit, à ce titre, de figurer en bonne place dans notre galerie de portraits.

Catherine-Henriette de Balsac d'Entragues,

MARQUISE DE VeRNEUIL2.

Catherine-Henriette de Balsac naquit à Orléans le 1er septembre 1579. Elle fut baptisée dans l'église Saint-Michel d'Orléans, située sur la place de l'Étape,

1. Simon de La Motte parle d'une troisième fille, « dame Louise de Balsac, religieuse à Poissy ». Mais cette troisième fille, dont l'existence paraît douteuse, n'est mentionnée que par lui.

2. L'extraordinaire aventure d'Henriette a été souvent racontée (en dernier lieu par M. Ch. Merki, dans son livre La marquise de Verneuil et la mort d'Henri IV. Paris, Pion, 1912). Aussi me bornerai-je à en rappeler les principaux épisodes. Je n'insisterai qu'au sujet de la promesse de mariage de 1599. Les questions de droit canonique et d'ancien droit français qui se posent à l'occasion de cette promesse et les notions grâce auxquelles on en peut apprécier la valeur juridique n'ont jamais été approfondies, que je sache, par aucun historien ; et de là vient qu'aucun d'eux ne semble avoir pleinement compris le sens de l'attitude adoptée dès l'abord et toujours gardée par Henriette à l'endroit d'Henri IV et de Marie de Médicis.

214 LA POSTÉRITÉ d'aNNB DE GRAVILLE

près de l'hôtel habité par le gouverneur, « Tous les capitaines de la ville assistèrent à la cérémonie un cierge à la main1. » Elle passa son enfance à Orléans et à Malesherbes.

Marie Touchet savait par expérience que les filles ont besoin d'être gardées ; elle avait d'ailleurs de hautes prétentions pour les siennes. C'est dire qu'Henriette reçut une éducation sévère et soignée 2. Intelligente, fine, pétillante de malice et d'esprit, lettrée avec cela, elle « avoit tous les jours entre les mains, dit un contemporain, saint Augustin et autres semblables auteurs » 3 ; et l'on ne s'étonnera pas d'apprendre que cette arrière-petite-fille d'Anne de Graville aimât les beaux livres 4. Physiquement,

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