III. — La fin des Balsae
Leurs enfants.
« Le feu roy estoit un fort bon homme, disait un jour, avec son cynisme accoutumé, la marquise de Verneuil à Marie de Médicis ; mais il a bien fait les
plus sots enfants du monde {. » C'est de ses propres enfants qu'elle parlait. De fait, ni Gaston-Henri de Bourbon, marquis, puis duc de Yerneuil 2, ni sa sœur Gabrielle- Angélique de Yerneuil 3, légitimée de France, ne brillèrent par l'intelligence ou par l'esprit.
Du moins avaient-ils un bon naturel ; et tandis que, moqueurs et brutaux, les fils de la douce Gabrielle d'Estrées s'y faisaient craindre, eux, les enfants de l'âpre Henriette, surent se faire aimer de tous dans cette petite cour de Saint-Germain où grandissaient pêle-mêle, en une promiscuité passablement scandaleuse, les enfants légitimes et les bâtards du roi 4. Le futur Louis XIII, qui s'était pris d'affection pour « féfé Verneuil », comme il appelait ce frère naturel, voulut être son parrain. Elisabeth de France fut la marraine de Gabrielle.
Henri IV, son fils Verneuil sortant à peine du berceau, s'était proposé, non sans une arrière-pensée politique, d'en faire un cardinal 5. Le pape Paul V refusa de nommer l'enfant, qu'il trouvait