L. Batiffol, op. cit., p. 287 et suiv
5. « J'ai destiné mon fils de Verneuil à l'Église, dit-il un jour au maréchal de Lesdiguières, pour obvier aux fausses prophéties et ôter tous les prétextes à cause de tout ce qui s'est passé; j'en ferai un grand cardinal et je lui donnerai cent mille écus de rente; il est nécessaire d'avoir à Rome un homme de cette qualité, qui puisse maintenir les affaires de France en réputation et en être le protecteur.» (Bibl. nat., fonds Dupuy, 89. Cf. Merki, p. 268, n. 2.)
LE fiUC DE VÈRNEUIL 25?
avec raison beaucoup trop jeune ; mais, à titre de dédommagement, il lui donna des lettres d'accession au siège épiscopal de Metz, alors occupé par Anne de Pérusse d'Escars, cardinal de Givry. Et c'est ainsi qu'en 1612, à la mort de Givry, Henri de Verneuil, âgé de dix ans et demi, devint évêque de Metz !.
Il se démit, en 1652, de son évêché, et, de ses bénéfices, ne conserva que l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, dont il se démit également en 1668 2, lorsque, las de son célibat, il épousa, à soixantesept ans, Charlotte Séguier, veuve du second duc de Sully, l'amie de Mme de Sévigné 3. Il mourut en 1682, sans enfants. Il était, depuis 1666, gouverneur du Languedoc. Sa veuve lui survécut jusqu'en H044.
Beaucoup plus courte que celle de son frère, la vie de Gabrielle- Angélique de Verneuil peut se raconter d'un mot. Sa mère poursuivit pour elle plusieurs illustres alliances, et enfin la maria, âgée de dix-neuf ans, à Bernard de Nogaret, marquis de
1. Évêque laïque, s'entend, l'administration spirituelle du diocèse étant confiée à un suffragant.
Quelques années plus tôt, Charles de Lévis, fils du duc de Venladour, avait été pourvu, à l'âge de quatre ans et dans les mêmes conditions, de l'évêché deLodève : « Je ferai la Toussaint où je me trouverai, écrivait Henri IV à la reine le 24 octobre 1605 ; M. de Lodève est mon confesseur ; jugez si j'aurai l'absolution^à bon marché . »