‹ Anne de GravilleChapitre 129 sur 154 · Les femmes bibliophiles, t. II, p · texte numérisé non relu

Les femmes bibliophiles, t. II, p

tagne (morte en 1514), du moins de son vivant. Il est évident, par suite, que le poème n'a pu être écrit en l'honneur d'Anne de Graville : la dame de Balsac qualifiée de « dame sans sy » appartenait à coup sûr à la génération qui précéda la sienne (celle de Jeanne Chabot et de Blanche de Montberon, les appelantes, celle aussi des poètes cités, Octavien de Saint-Gelays, Crétin, etc.).

Je ne peux donc, en dépit de certaines vraisemblances, que me ranger à la seconde opinion de M. Le Roux de Lincy et à celle de M. Quentin-Bauchart.

B) De qui est le poème ?

La plupart des érudits *, se fondant sur ce qu'Octa vien de Saint-Gelays a traduit les Héroïdes d'Ovide, ont attribué à ce même Saint-Gelays la paternité du poème qui fait suite aux Héroïdes dans le petit volume et dans le manuscrit ci-dessus mentionnés (tous deux introuvables) . Mais cette attribution ne se soutient pas.

Octavien de Saint-Gelays, né en 1468, évêque d'Angoulême en 1494, mourut en décembre 1502. Il n'a donc pu composer d'épitaphes à la louange d'Anne de Graville, qui vivait encore en 1536 2, — ni même à la louange de sa mère, morte en mars 1503. Résignons-nous donc à ignorer le nom du poète qui chanta la mystérieuse dame sans sy : tout ce qu'on peut affirmer de lui, avec M. Le Roux de Lincy, c'est qu'il vivait à la cour d'Anne de Bretagne.

1. MM. de Maulde La Clavière, Molinier et Henry Guy, et, avant eux, le rédacteur du catalogue La Vallière.

2. Nous venons de voir, du reste, qu'il ne saurait être question d'elle dans le poème, quel qu'en soit l'auteur.

On ne peut avoir la prétention de dresser le catalogue exact et complet des livres ayant appartenu à Anne de Graville. Il est probable qu'elle hérita de la plupart de ceux qu'avait collectionnés l'amiral '. Mais je n'ai (à très peu d'exceptions près) admis dans ma liste que les manuscrits dont elle fut certainement propriétaire, c'est-à-dire : 1° ceux-là, quelle qu'en soit la provenance, qui sont décorés de ses armes ou portent, sur les gardes, une attestation formelle de propriété ; 2° ceux qui, provenant de l'amiral, ont depuis fait partie de la bibliothèque des d'Urfé. Ils n'y purent entrer, en effet, que par l'intermédiaire de Jeanne de Balsac, laquelle les tenait assurément de sa mère.

Voici, ces observations faites, la liste en question : A. — Bibliothèque Nationale.

N° 254. — Le livre de la destruction de Troyes 2. In-fol. veau fauve moucheté de noir, au dos de maro-

1. L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits, etc., t. II, p. 381.

2. Ce manuscrit, « un des plus beaux qui existent », est décrit par M. Quentin-Bauchart dans son livre Les femmes bibliophiles (t. II, p. 380), sous ce titre : Histoire des Thébains et des Troyens jusqu'à la mort de Turnus, d'après Orose, Ovide et Raoul Lefevre.

quin rouge, chargé du chiffre N. Manuscrit sur vélin du xve siècle. 170 feuillets à deux colonnes, 41 grandes miniatures, 64 vignettes. Initiales en or et couleurs. Armes de Graville parties de celles de Balsac plusieurs fois reproduites.

Ce manuscrit, exécuté pour Louis de Graville, passa à sa mort aux mains de sa fille. Sur les gardes du commencement, se trouve la mention suivante : « A damme Anne de Graville, de la succession de feu mons. l'admirai. 1518 K

Sur le verso de la feuille de garde qui porte cette mention, on lit : « Voutre bon et loyal coussin. Phi. de Rochechouart. » — « Toutes loy ailes pensées. Ph. de Rochechouart2 ».

N° 20350. — Grandes Chroniques de France, des Troyens jusqu'à l'avènement de Charles VI (1380).

xvie siècle. Parchemin. Miniatures. Armes de Graville.

Registre des naissances de deux des enfants de Guillaume de Balsac, baron d'Entragues, et de Louise de Humyères (1540-1541) :

S'ensuyvent les noms des enffans de hault et puissant seigneur Guillaume de Balsat, baron d'Entraigues, Dunes, Glermont, le boys Maslesherbes et de damoyselle Louyse de Humières sa femme. . . .

Guillaume de Balsac ne pouvait tenir ce manuscrit

4. Paulin Paris (Les manuscrits français de la Bibliothèque du roi. Paris, Techener, 1836, t. III, p. 65) a lu 1543, et cette date a été adoptée, à sa suite, par Le Roux de Lincy et par Quentin- Baucbart. Mais l'erreur est évidente, et, comme je l'ai déjà expliqué p. 98, n. 1, il faut certainement lire 1518.

2. « On ne peut s'empêcher de sourire, dit Paulin Paris (t. Il, p. 277), en voyant les trisaïeux de la marquise de Montespan faire des grâces à la bisaïeule de la marquise de Verneuil, maîtresse de Henri IV. »

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que de sa mère ; et c'est pourquoi je le range parmi ceux qui ont appartenu à Anne de Graville.

N° 20853. — Recueil de pièces sur les croisades et les guerres françaises, sur la population de la France et Vhôtel du roi.

Liste des chevaliers qui accompagnèrent saint Louis à Tunis en 1269. Indulgences pontificales pour le voyage d'outre-mer, J 332. Dépenses de la" croisade d'Aragon, 1286. Subsides levés en France pour les guerres de Flandre en 1304, 1314 et 1328. Liste des paroisses et feux de France en 1304. État de l'hôtel royal en 1285, 1317, 1319, et de l'hôtel de la reine Jeanne en 1316,

Armes de Graville et d'Urfé.

N° 22541. — Les Triomphes de Pétrarque, avec commentaires de Bernard Ilicino, traduits en français.

In-fol. xvie siècle. Au fol. 1, grande miniature, et la devise : Musas natura, lachrimas fortuna. Miniature pour chaque triomphe, aux armes et devise d'Anne de Graville.

N° 22548-550. — Les sept sages de Rome, le livre de Marques de Romme, de Saurin, de Cassiodorus et de Peliarmenus et des faiz de plusieurs empereurs de Romme et de Gostantinnoble.

xive siècle. Blason d'Anne de Graville appliqué au XVIe *.

N° 23932 (1106 de Saint- Victor) . — Ce ms., qui renferme un extrait de l'inventaire général des meubles de Charles V, disposé par ordre alphabétique, est signalé par L. Delisle2 comme ayant appartenu à Anne de Graville.

1. Voir le Catalogue de la bibliothèque La Vallière, t. I1 1 p. 634, n° 4096. — Ce manuscrit avait fait partie de la bibliothèque de Charles V.

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