Ces trois places sont en Lot-et-Garonne
4. Lettres de Charles VIII, t. IV, p. 39: « A nos chers et bien amez les nobles, consuls, manans et habitans de nostre pays d'Agenoys. »
pouvait manquer de prendre part à la grande expédition de Naples.
Quand Charles VIII, ayant franchi le col du mont Genèvre (août 1494) et pénétré en Italie par Turin, Asti et Pavie, arriva aux portes de la Toscane, Pierre de Médicis, épouvanté, consentit à lui livrer d'emblée Sarzana et Sarzanella, Pietrasanta, Librafatta, Livourne et Pise. Il fut convenu verbalement que le roi restituerait les forteresses de Toscane quand il aurait achevé la conquête du royaume de Naples; qu'en attendant les Florentins l'aideraient de leurs subsides, et qu'à ce prix ils garderaient ses bonnes grâces.
Pise subissait depuis quatre-vingt-sept ans la dure tyrannie florentine. A peine Charles, se dirigeant sur Florence, fut-il entré dans leur ville que les Pisans le supplièrent de les délivrer d'un joug devenu insupportable. Le roi, touché de leurs instances auxquelles toute sa cour joignait les siennes, et sans réfléchir davantage aux engagements contractés avec les Florentins, prononça de vagues paroles favorables. On le prit au mot. La garnison florentine fut chassée de la ville et dix citoyens pisans assumèrent l'administration de la république renaissante (9 novembre 1494).
Quelques jours plus tard, Charles VIII partait pour Florence. Il y conclut, le 26 novembre, un traité par lequel le subside que devaient fournir les
RAUFFET ET ROBERT DE BALSAC
Florentins pour la conquête de Naples était fixé à cent vingt mille ducats, payables en trois termes. Le roi jura de son côté de restituer, au plus tard à son départ de l'Italie, les forteresses qui lui avaient été consignées.
Quittant Florence, il passa par Sienne et par Viterbe et entra à Rome le 31 décembre. Dès la Ifin de février, il était dans Naples, évacuée par Ferdinand II.
Lorsque, quatre mois plus tard, pressé de rentrer en France, et menacé de se voir couper la retraite, Charles VIII repassa par Pise, il y fut obsédé de nouvelles sollicitations. Les Pisans le supplièrent, après ce qu'il avait fait pour eux, de ne pas les livrer, en les abandonnant, à la vengeance de leurs ennemis. Le roi, fort embarrassé, et sommé par le gouvernement de Florence d'avoir à tenir sa parole, refusa de se prononcer sur-lechamp. Mais il eut soin de choisir, pour leur confier les forteresses livrées par Pierre de Médicis, des hommes bien disposés pour les Pisans. Il confia en particulier la garde de la citadelle de Pise à Robert de Balsac, dont les attaches étaient connues, et mit également sous ses ordres les garnisons qui occupaient Pietrasanta, Librafetta et Mutrone.
Inquiets de ces choix, et d'ailleurs pressés de recouvrer leur bien, les Florentins dépêchèrent à Charles VIII des ambassadeurs, qui le rejoignirent à Asti, quelques jours après la bataille de Fornoue, et qui, à force d'instances et de concessions pécuniaires, obtinrent enfin que la question des forte-
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resses fût réglée à leur satisfaction. Ils s'engagèrent1, au nom de leur gouvernement, à verser sans aucun retard les trente mille ducats que la République florentine devait encore, aux termes du traité signé l'année précédente ; ils promirent en outre d'avancer soixante-dix mille ducats pour l'entretien de l'armée française laissée à Naples 2 ; moyennant quoi, Nicolas Alamanni, l'un des ambassadeurs, fut chargé de porter aux gouverneurs des forteresses occupées l'ordre de les évacuer immédiatement sous peine de rébellion, et à tous les soldats du roi celui de quitter le service des Pisans.
Balsac reçut cet ordre formel, qui lui fut plusieurs fois réitéré. Mais il était pour lors éperdument épris d'une jeune Pisane, la fille d'un gentilhomme nommé Luca del Lante3; peut-être