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Convention de Turin, du 26 août

2. La République de Florence était la seule alliée qui restât à la France en Italie, et ce n'est que par ses États que le roi pouvait communiquer avec les troupes laissées à Naples sous le commandement de Gilbert de Montpensier.

3. Guicciardini, Istoria d'italia, lib. III, cap. I : « Stimolato d'ail amore che portava a una fanciulla figliuola di Luca del Lante, cittadino pisanoi » Cf. Scipione Ammirato, Istorie florentine, lib. XXVI, et Paolo Giovio, Délie istorie del suo tempo, lib. III.

Ce Luca del Lante appartenait, à coup sûr, à la famille Fabri. Il est en effet certain que la jeune fille aimée de Robert de Balsac se nommait Lancia Fabri (fille de Laurent Fabri, d'après les généalogies : je m'avoue impuissant à concilier l'affirmation unanime des historiens italiens avec celle des généalogistes). Elle était la sœur de Ludovico Fabri, l'un des chefs du parti français à Pise. Ludovico, lorsque son beau-frère, aux intrigues duquel il avait été mêlé, rentra en France, l'y suivit et s'établit

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aussi se promettait-il de tirer (comme il arriva) un gros profit pécuniaire de sa désobéissance. Bref, il refusa de s'exécuter et de rendre aux Florentins les forteresses dont il avait la garde. Dès la fin d'août, il avait promis aux Pisans de les défendre contre toute attaque, résolu qu'il était, disait-il, de vivre et de mourir à Pise1. Le 18 septembre 1495, il conclut avec eux une convention par laquelle il s'engageait à leur livrer, moyennant finance, la citadelle au bout de cent jours, si, dans ce délai, le roi ne rentrait pas en Italie. En attendant, les Pisans devaient lui verser chaque mois deux mille ducats pour la solde de la garnison. Le délai expiré (1er janvier 1496), il réunit l'assemblée du peuple et, contre le paiement de vingt-quatre mille ducats, lui consigna la citadelle et l'artillerie qu'elle contenait. Quelques jours plus tard, il vendit pour vingtsept mille ducats Pietrasanta aux Lucquois; aux Vénitiens, il vendit Mutrone et Librafatta. Vers le

en Languedoc: un Fabri avait, dès le temps de saint Louis, fait souche en Provence (Moreri, v° Fabri).

« Lancia Fabri, qui épousa Robert de Balsac, seigneur d'Entragues — lit-on dans une note des Dossiers bleus (259) reproduite par Moreri — a été mère de plusieurs chevaliers du Saint- Esprit, puisque d'elle est descendue toute la maison de Balsac d'Entragues. » Il suivrait de là que Robert de Balsac n'aurait pas eu d'enfants de sa première femme, Antoinette de Castelnau.

Notons que M. de Bourrousse de Laffore (Généalogies des maisons de Fabri et d'Ayrenx, Bordeaux, 1884) et, à sa suite M. Tamizey se trompent quand ils fixent à 1483 le mariage de Robert avec Lancia Fabri. Antoinette de Castelnau ne mourut (son épitaphe en fait foi) que le 9 septembre 1494.

1. La seigneurie, pour mieux se l'attacher, lui fit présent d'une maison dans la ville et de biens ruraux d'une valeur de dix mille ducats, provenant de confiscations sur les Florentins.

même moment, le bâtard de Saint-Paul cédait aux Génois, pour vingt-quatre mille ducats, Sarzana et Sarzanella. « En sorte que les forteresses que Charles VIII avait si solennellement promis de rendre aux Florentins, et qu'il leur avait néanmoins ensuite fait racheter à un si haut prix, passèrent toutes entre les mains de leurs ennemis 1 . » D'où cette conséquence désastreuse que la Seigneurie de Florence, libérée de ses engagements, refusa d'avancer les soixante-dix mille ducats promis l'année précédente, et dont l'armée de Naples avait le plus urgent besoin : « Une aultre honte et dommaige luy advint (au roi) — dit à ce sujet Commynes 2 — que ung appelé Entragues 3, qui tenoit la citadelle de Pise... bailla la dicte citadelle aux Pisans : qui estoit aller contre le serment du roy, qui deux fois jura aux Florentins de leur rendre la dicte citadelle et aultres places... que les Florentins avoient preste au dict seigneur à son arrivée en Italie... Mais toutes ces places furent vendues... Pietresaincte (Pietrasanta) vendit encores ledict Entragues aux Lucois, et Librefacto (Librafatta) aux Venissiens ; le tout à la grant honte du roy et de ses subjects, et dommaige, et consommation de la perte du royaume de Naples. »

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