Vairs, de couleur variée ; par extension : brillants
Sourcils en arc, nez haull à eoulleur fine, Petite bouche h lèvre coraline ; Les dents menues et gensives bien Bettes, Menton forchu et joue/ vermcilletes...
Son tainct estoit plus qu'aultre frez et nayf, Et par sus tous se monstroit à l'œil vif; Le col longuet et assez bien à point ; Gorge luysant sus le tetin qui point...
Bras longs et ronds menuz par raison, Les doiz fort longs et blans toute saison...
Et qui auroit partout bien espié, Onques jamais femme n'eust ung tel pié. Brief elle avoit toute parfection...
Il n'est pas impossible qu'en écrivant ces vers, Anne ait consulté son miroir. Le portrait, cependant, paraît dépourvu de tout caractère individuel. Elle y a réuni tous les traits réalisant, par leur juxtaposition, le type idéal de la beauté féminine, telle qu'on la concevait à son époque l, et ne nous y a, à proprement parler, rien dit d'elle-même.
Ce qu'on peut affirmer de plus certain, touchant ses avantages physiques, c'est qu'elle était blonde 2 et qu'elle chantait à ravir. On sait que le xvie siècle eut la passion de la musique 3 et que l'art du chant y atteignit une perfection singulière. Or François de
1. J. Burckhardt, La civilisation en Italie au temps de la Renaissance. Paris, Pion, 1885, t. II, ch. vu. — De Maulde La Clavière, Les femmes de la Renaissance. Paris, Perrin, 1904, p. 270.