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Maynial, ch. iv : Les bijoux volés

2. Samaran, p. 237. — La rupture datait au moins de 1763, ainsi que le démontrent des lettres, publiées par M. Samaran (p. 220 et suiv.), du Génois Giacomo Passano, lequel, complice de Casanova dans l'affaire Corticelli, s'était brouillé avec lui et ne le traitait plus que de « pendart » et de chevalier d'industrie.

thèque, jadis constituée par Claude d'Urfé et par Jeanne de Balsac ?

Elle était restée à la Bastie, et peu à peu, soit désordre et négligence, soit ventes partielles à la suite de saisies, s'était appauvrie de nombreux volumes : cependant, elle subsistait encore dans son ensemble.

Elle fut, au xvme siècle, transportée à Paris, probablement par la marquise, née Pontcarré, qui l'augmenta à grands frais de livres relatifs aux sciences occultes et de grimoires cabalistiques1.

La marquise mourut, nous le savons, à la fin de 1775, laissant des affaires embarrassées. En 1777, sa bibliothèque fut mise en vente sur saisie réelle, et ce fut le duc de La Vallière qui acheta en gros, à cette vente, tout ce qui restait de l'ancienne collection d'Urfé 2.

Fort riche et n'exerçant que les fonctions peu absorbantes de grand fauconnier de France, ce

1. Casanova, Mémoires, t. III, pp. 467-501. — « Elle me fit voir sa bibliothèque, qui avait appartenu au grand d'Urfé... Elle l'avait augmentée de manuscrits qui lui avaient coûté plus de cent mille francs. »

2. L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, t. II, p. 420-421 : « Les derniers restes de cette collection furent achetés, en 1777, par le duc de La Vallière. » — Cf. Henry Martin, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de l'Arsenal, t. VIII, p. 175.

On peut citer, parmi les manuscrits qui avaient disparu de la bibliothèque des d'Urfé bien avant la vente au duc de La Vallière, Les heures à V usage d'Angers. Ces magnifiques Heures, reliées aux armes du cardinal de Soubise, font actuellement partie de la collection Martin Le Roy. (Cte Paul Durrieu, Les heures à l'usage d'Angers de la collection Martin Le Roy. Paris, Soc. française de représentation de manuscrits à peintures, 1912.)

LA BIBLIOTHÈQUE d'uKFÉ 175

petit-neveu de Louise de La Vallière avait la passion des livres l . Une passion qui alla s'exacerbant avec l'âge, et finit par tourner à la manie. Il achetait en bloc des collections entières2, et l'on prétend que, quand il ne pouvait se procurer par des moyens licites tel manuscrit ou tel volume rare qu'il convoitait, il n'hésitait pas à l'emprunter, sauf à refuser obstinément de le rendre.

Il mourut en 1780, et, quatre ans plus tard, la première partie de sa bibliothèque fut vendue3. La bibliothèque du roi se fit adjuger à cette vente deux cent cinquante-cinq volumes manuscrits4, parmi lesquels les plus notables épaves de la collection d'Urfé.

Au moment où ces épaves y furent recueillies, le nom même des d'Urfé était sur le point de s'éteindre. La marquise d'Urfé, née Pontcarré, avait eu trois enfants, mais, lorsqu'elle mourut, il ne lui restait qu'une fille, Adélaïde-Marie-Thérèse5. Adélaïde avait épousé, contre le gré de sa mère, un veuf de soixante ans, le marquis du Ghastellet, lequel prit le nom et les armes de Lascaris d'Urfé. Le mariage fut très malheureux. Les du Chastellet firent des

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