Le comptoir
4. Louis Bérenger, seigneur du Gua, gentilhomme dauphinois, « mestre de camp de l'infanterie françoise des gardes de Sa Majesté ». Les contemporains écrivent « du Guast » ou « du Gast ».
î>. « Quélus », comme l'appelaient les contemporains. — Jacques de Lévis, comte de Caylus, fils d'Antoine de Lévis-Caylus, sénéchal et gouverneur du Rouergue, et de Balthazarde de Lettes des Prez, fille d'Antoine de Lettes, seigneur de Montpezat, maréchal de France.
6. « Comme c'est une charge jalouse que celle de gouverner son maître, et que chacun tâche de jouer avec son compagnon à boute-hors, pendant qu Antragues était malade à Lyon, au retour de Pologne, Legas (du Gua) et Queylus le décréditèrent auprès du roi... » — Bassompierre, Nouveaux Mémoires.
Lyon, l'occasion d'en venir à leurs fins, et d'atteindre du même coup la reine Marguerite, qu'ils espéraient brouiller avec son frère et son mari. Elle eut l'imprudence, Entraguet étant tombé malade, d'aller lui rendre visite dans sa chambre. Du Gua, dont le « diabolique esprit » { n'épargnait personne, et qui détestait la reine, ne manqua pas de signaler au roi l'inconvenance de cette visite, et déclara publiquement que « Sa Majesté ne devoit pas souffrir qu'on fîst ainsi l'amour à sa sœur, dans sa maison »2 . Henri III, très friand de commérages, dénonça sa sœur à Catherine de Médicis et au roi de Navarre. Il y eut de pénibles scènes de famille, et Marguerite ne pardonna pas à du Gua sa médisance. Elle lui en voulait d'ailleurs depuis longtemps, et lui reprochait de n'avoir, depuis le retour de Pologne, cessé de lui rendre de mauvais offices auprès du roi . Les effets de sa rancune ne tardèrent pas à se manifester. Dans la nuit du 31 octobre 1575, le favori fut assassiné, dans son logis secret de la rue Saint-Honoré, par le baron de Vitteaux,un célèbre spadassin du temps 3. L'heureux coup de main de Yitteaux, dit Brantôme, « en réjouit plus d'un à la cour, et mesmes quelques dames, et principalement une grande »4.