Nouveaux Mémoires du maréchal de Bassompierre, p
— Cf. Pierre de Vaissière, Les d'Alègre. Paris, Emile Paul, 1914, p. 176.
3. On trouvera le récit détaillé de cet assassinat dans le livre, ci-dessus cité, de M. Pierre de Vaissière.
4. Brantôme, éd. de la Soc. de l'Hist. de France, t. V, p. 358.
— La grande dame, c'est Marguerite. Brantôme ajoute, du reste :
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La reine avait sa vengeance. Pour Entraguet, loin d'avoir la sienne, il se vit, à la suite de l'affaire de Lyon, nettement disgracié1, et garda d'autant moins de chances de rentrer en faveur qu'on savait son attachement pour le duc de Guise. Jaloux de la gloire militaire de Guise et de sa popularité grandissante, Henri III avait pris en aversion son ancien ami ; et son mauvais vouloir s'étendait, comme de juste, aux familiers du duc.
Aussi, à partir de 1575, et pendant plusieurs années, Entraguet restera-t-il dans l'ombre. Il eut — et c'est tout ce que nous savons de lui — une querelle avec Grillon, querelle qui fut arrangée par Catherine de Médicis 2 ; il en eut une autre, en 1577, avec La Bourdaisière. Mais ce sont là d'insignifiants faits-divers. Il ne fera sa rentrée en scène qu'en 1578, à l'occasion du fameux duel.
De ce duel, les contemporains ne paraissent pas avoir exactement démêlé les causes. L'Estoile parle
« Combien qu'il (du Gua) luy eust beaucoup nuy, elle ne luy rendit la pareille ni vengeance. » — De Thou, au contraire (Histoire universelle, trad. fr. de 1734, t. VII, p. 300), accuse formellement la princesse : « Résolue â se venger, elle se rendit, la nuit, au couvent des Augustins, auprès de Vitteaux, et... l'engagea, par ses caresses, à se faire son vengeur », etc.
1. Nouveaux mémoires de Bassompierre, p. 450: « Le roy ne lui témoigna plus aucune privauténi bienveillance... »
2. Brantôme, t. VII, p. 367 : « La reyne les envoya quérir le soir dans sa chambre... Leurs querelles touchoient deux grandes dames des siennes... Le subject de la querelle... touchoit un peu l'honneur de ses dames et estoil escabreux. »
<T « une querelle née pour fort légère occasion » ; Brantôme dit qu'il eut lieu « pour dames ». Les dames, à ce qu'il semble, ne jouèrent, en l'occurrence, qu'un rôle secondaire, et tout au plus furentelles le prétexte de la noise l. Entre les mignons du roi, d'une part, et, d'autre part (car chacun avait sa bande et ses épées), les mignons de Monsieur et les gentilshommes du duc de Guise, une rencontre était depuis longtemps devenue inévitable.
C'est en 1576, suivant L'Estoile, que le nom de a mignons » commença de « trotter par la bouche du peuple », et il les a dépeints en traits inoubliables, ces jeunes coqs de combat, « fraisés et frizés aveq les crestes levées, les ratepennades en leurs testes, un maintien fardé avec l'ostentation de mesme, pignés, diaprés et pulverizés de pouldres violettes, de senteurs odoriférantes ». On en comptait, autour du roi, dix ou douze, qui s'étaient rendus odieux « tant pour leurs façons de faire, qui estoient badines et hautaines, que pour leurs fards et accoustremens efféminés et impudiques, mais surtout pour les dons immenses et libéralités que leur faisoit le roy.... Leurs exercices estoient de jouer, blasphémer, sauter, danser, volter, quereller et paillarder, et suivre le roy partout et en toutes compagnies, ne faire, ne dire rien que pour lui plaire ; peu soucieux en effect de Dieu et de la vertu, se contentans d'estre en la bonne grâce
1. On trouvera l'opinion contraire exposée dans Forneron, Les ducs de Guise et leur époque. Paris, Pion, 1877, t. II, p. 261.
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de leur maistre, qu'ils craignoient et honoroient plus que Dieu... »
Les mignons de Henri III se nommaient Quélus, Souvré, Mauléon, Livarot, Grammont, Saint-Mégrin, Beauvais-Nangis,etc. A la tête des spadassins de Monsieur figurait le brave Bussy, qui disait, n'étant né que gentilhomme, «porter dans l'estomach un cœur d'empereur » 4, Il harcelait de sarcasmes sanglants les « mignons de couchette » du roi, et c'étaient chaque jour des altercations et des combats entre deux groupes de jeunes gens dont la « desbordée outrecuidance » 2 ne connaissait plus de frein, et qui « entreprenoient toutes les choses qui leur venoient en fantaisie, quelles qu'elles fussent ». Feuilletons le Journal de L'Estoile et les Mémoires de la reine Marguerite à partir du commencement de l'année 1578 : nous y verrons la suite des incidents qui aboutirent à la rencontre du mois d'avril.
Le 6 janvier, jour des Rois, le roi, « désespérément brave, frizé et goldronné », et suivi de ses mignons, « autant ou plus braves que lui »,mène à la messe, en la chapelle de Bourbon, la demoiselle de Pons de Bretagne, reine de la fève. Bussy, qui assistait à la cérémonie, « habillé tout simplement et modestement, mais suivi de six pages vestus de drap d'or frizé » , dit très haut « que la saison estoit venue que les plus bélistres seroient les plus braves.... De quoy suivirent les secrettes haines et