‹ Anne de GravilleChapitre 95 sur 154 · De Thou · texte numérisé non relu

De Thou

3. Je renvoie au récit si précis — et d'autant plus vivant et coloré — qu'en a fait M. Pierre de Vaissière clans son livre De quelques assassins.

206 LA POSTÉRITÉ d'àNNE DE GRAVILLE

Dès le mois d'octobre, et à la suite de l'avertissement que lui avait donné Colas des Francs, le duc avait dépêché à Orléans Claude de Semur, seigneur de Trémont, capitaine de ses gardes, pour s'y renseigner sur l'état des esprits et sur les dispositions du gouverneur. Et Semur était revenu lui dire qu' « il avoit sceu de Mme d'Entragues (Marie Touchet) qu'il y avoit une conspiration faite contre sa personne, et que son mari, M. d'Entragues, estoit parti pour Rlois, espérant estre un des personnages qui jouer oient la tragédie des Estats » *,

Donc, François de Balsac, deux mois avant le crime, le prévoit, le pressent — et accourt, dans le but, sinon d'y participer, au moins d'en tirer profit.

Le 23 décembre, en ce jour fatal, « le plus obscur, le plus sombre et le plus ténébreux qui fut jamais veu »2, on le trouve rôdant, dès avant l'aube, à traversas corridors du château de Blois ; et vers quatre heures du matin, il se glisse, suivi d'Entraguet, dans la cabinet du roi, qui leur avait donné rendez-vous la veille, ainsi qu'à MM. d'Aumont, de Rambouillet, de Maintenon, et à quelques autres encore 3. Ils étaient donc (tout du moins le fait supposer) dans la confidence de l'exécution projetée.

1. Histoire de la Ligue pendant les années 1587 à I5S9 (Bibl. nat., ms. fr. 10270, fol. 75 v°) ; texte cité par M. P. de Vaissière,

2. Documents historiques sur l'assassinat des duc et cardinal de Guise. Enquête criminelle : déposition de Jean Péricard {Revue rétrospective, lre série, t. IV) ; cf. P. de Vaissière, p. 273.

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