‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 103 sur 315 · Guérison des plus merveilleuses · texte numérisé non relu

Guérison des plus merveilleuses

Depuis cinq mortelles années, une maladie des plus étranges affligeait Marie Borchie, jeune Florentine, dont la famille désolée avait employé vainement toutes les ressources de la science médicale, sans aucun succès.

Une paralysie intestinale rendait impossibles les fonctions naturelles qui ne s'effectuaient qu'à trois ou quatre longs mois d'intervalle, et toujours au prix d'atroces et inexprimables douleurs. Les crises aggravaient chaque fois le mal, et arrivèrent enfin à un tel degré, qu'elles ne s'opéraient plus que par la bouche, d'où la patiente se voyait réduite à vomir ses excréments mêlés de sang.

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Des journées entières s'écoulaient sans qu'il lui fût possible de prendre aucune espèce d'alimentation : elle ne pouvait rien avaler... Dans les derniers temps, la maladie progressant toujours, la paralysie devenait générale.

Vers les derniers jours du mois d'août 1876, l'infortunée malade perdit l'usage de la parole, un peu plus tard celui de l'ouïe..., puis ses mains se contractèrent, ses membres glacés devinrent insensibles : elle demeurait, étendue comme un cadavre, privée de mouvements, sur son lit de douleur, qui semblait n'être plus qu'un triste tombeau.

Mais l'excès de souffrance, qui avait éteint ses forces physiques, n'avait pu affaiblir sa foi; c'était le solide et unique soutien de cette àme si cruellement éprouvée. Muette, sourde, privée de tout entretien avec sa famille, privée de toute distraction à ses indicibles souffrances, l'intéressante malade se nourrissait intérieurement du souvenir de Dieu, et ses regards languissants et pieux se fixaient, avec une constante douceur, sur une touchante peinture placée dans sa petite chambre et représentant la Sainte-Famille. Le glorieux Patriarche, devenu sa chère espérance , recevait les prières et les vœux de l'intéressante malade ; lui seul entendait son muet langage, et la secrète expression de ses humbles désirs; son cœur plein de confiance avait la certitude d'être exaucé. Et de qui eût-elle pu d'ailleurs ici-bas attendre soulagement et secours, puisqu'aucune sorte de remède n'avait eu de résultat?

Les docteurs, découragés de leur persistant insuccès, n'osaient plus tenter aucun moyen ; ses parents en larmes n'attendaient plus que l'heure suprême du sacrifice ; ils se tenaient près de cette croix vivante, pour ne plus recueillir que son dernier soupir.

Tel était Tétai désespéré de la jeune malade, le soir du 14 mars 1877, quand, une heure après minuit, tout le monde s'étant retiré pour prendre un moment de repos, la pieuse mourante croit entendre dislinctement une voix qui lui dit : « Maintenant, lève-toi; tu as assez souffert. » La pauvre enfant craint l'illusion, elle croit d'abord à un songe, ou bien que quelque membre de sa famille lui dit ces mots pour relever et fortifier son courage; elle demeure inerte d'abord, sans mouvement, puis, elle perd complètement connaissance de son état et de tout ce qui l'entoure... Une heure environ s'écoule, quand s'éveillant tout à coup, comme si elle fût sortie d'un songe, elle se voit étendue, non plus dans son lit, niais sur un canapé voisin, appuyée sur son visage. Et — Oh ! prodige admirable!... elle s'aperçoit qu'elle a recouvré l'ouïe et la parole, elle se sent forte, dégagée, agile dans tous ses membres et pleine de vie. La paralysie avait complètement disparu, l'état normal ne laissait rien à désirer, la vie venait de succéder à la mort, la guérison était complète L'intéressante miraculée se jette spontanément à genoux devant l'image de saint Joseph qu'avaient fixée toujours ses regards mourants, et demeure eu action de grâces attendant l'heureux instant du lever de la famille, pour se montrer ressuscitée et pleine de vie à son heureuse mère et à ses autres parents.

Qui pourrait exprimer le saisissement, les cris d'allégresse, les tendres embrassements, et les abondante* larmes de la famille ravie. C'était la joie inexprimable que cause une résurrection inattendue, un prodige admirable, une grâce insigne ; chacun à l'envi redisail la puissance, la bonté, l'excellence du glorieux époux de l'auguste Marie : sa louange était sur toutes les lèvres, son amour dans tous les cœurs. C'était lui, c'était sa

protection puissante qui venait de se manifester d'une manière admirable. La mort avait fui devant son souverain pouvoir, et le mal, qu'aucune science humaine n'avait pu guérir, venait de céder devant la puissante protection du glorieux époux de Marie.

L'état parfait de la jeune malade ne laisse rien à désirer aujourd'hui ; elle a pu elle-même se rendre dans la maisou de Dieu, pour y offrir ses actions de grâces.

Nous ne disons ici que la vérité, et moins que la vérité; et quoique nos faibles paroles ne rendent que très-imparfaitement ce prodige insigne, nous n'en sommes pas moins convaincus de la puissance admirable du glorieux Patriarche dont nous aimons à publier les merveilleux bienfaits.

C***, beau-frère de la miraculée.

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