Peines intérieures dissipées
24 mars.
Par suite de la mort d'une sœur bien-aimée, je me suis vue chargée de l'éducation d'une de ses petites filles, et, n'ayant aucune ressource personnelle, de plus, faisant partie d'une congrégation religieuse, je me suis trouvée dans une perplexité difficile à décrire, lorsque j'eus la bonne pensée de prier saint Joseph, pour qu'il me suscitât quelques personnes charitables qui m'aidassent à lui procurer une éducation chrétienne. Et voici trois ans que les ressources ne me font pas défaut.
Mais la grâce entre toutes les grâces, c'est d'avoir été délivrée de peines intérieures très-grandes et très-sensibles, qui ne me laissaient aucun repos, altéraient ma santé et faisaient craindre même pour ma raison. J'éprou-
vais une répugnance invincible à m'en ouvrir à qui aurait pu y porter remède, ce qui augmentait affreusement mes peines, quand enfin, ayant pu surmonter les obstacles, j'ai éprouvé un bonheur que je ne goûtais plus depuis longtemps. Je faisais les exercices du mois de saint Joseph pour la seconde fois, et j'avais la confiance intime d'être exaucée avant la fin de ce mois, quand le bon Dieu m'envoya encore une violente épreuve, mais qui devait me forcer à avouer mon mal et me guérir par ce moyen. C'était l'avant-veille de sa fête, date que je noublierai pas et qui sera pour moi l'objet d'une éternelle reconnaissance.
Je lui dois encore la grâce d'avoir pu surmonter une véritable tentation contre la charité, et obtenu l'assurance d'une parfaite réconciliation, puis enfin la guérison d'une maladie réputée incurable pour une personne qui m'est bien chère.
Sœur P***, Religieuse de la Charité de Besançon (Doubs).