Un capitaine sauvé par saint Joseph
Bastia (Corse), 27 avril 1 87 2.
Le cœur rempli de la plus vive reconnaissance, j'ose vous prier, Révérend Père, d'insérer dans votre édifiante publication le trait suivant de la puissance et de la bonté de saint Joseph :
Lors de la dernière guerre franco-prussienne , mon frère, capitaine au 31e de ligne, fut engagé plusieurs fois avec son régiment dans des actions très-périlleuses. Un jour entre autres, il voit tomber autour de lui presque tous les soldats de son bataillon; le danger devenait imminent... mais mon frère portait une statuette de saint Joseph que je lui avais fait parvenir, et sa photographie avait été déposée aux pieds du bon saint. Tout à coup, un éclat d'obus emporte son képi et. le blesse à la tète : le sang coule abondamment, il tombe sans connaissance sur ce champ de bataille couvert de bless de morts, comme si déjà il eut perdu la vie I...VOOS «tie/.
auprès de lui, bon saint Joseph, et vous prouviez, une fois de plus, la puissance de votre crédit auprès de Dieu ! De longues heures s'écoulèrent, et l'on se battait toujours ; tout à coup, mon frère bien-aimé revient de son évanouissement, il serre un mouchoir autour de sa blessure et se sent encore assez de force pour soutenir un rude combat pendant plusieurs heures. Après quoi, épuisé, haletant, il se traîne jusqu'à l'ambulance, où il devient l'objet des plus chaleureuses sympathies. Quelques-uns des siens échappés à la mort, se jettent à son cou et s'écrient, étonnés : « Capitaine, c'est vous?... Nous vous croyions mort ?... » Et lui de remercier son céleste bienfaiteur, qui l'avait préservé d'une mort certaine. Après des soins assidus, sa blessure se cicatrisa durant sa captivité en Prusse; et, à la fin de l'année dernière, son saint protecteur l'a ramené en Corse, au sein de sa famille, qui conservera une éternelle mémoire de ce bienfait signalé.
Sœur Marie-Angeline , religieuse de Saint-Joseph.