Sœur Marie de Saint-Joseph, compagne de sainte Thérèse
Cette humble Carmélite , qui accompagna sainte Thérèse dans la plupart de ses voyages, se montra digne d'avoir été choisie pour être une des premières colonnes du nouveau Carmel. Dévouée àsaint Joseph, comme toutes
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les religieuses que forma sainte Thérèse, elle le prit pour son saint patron Je jour de ses vœux, et la Providence l'appela dans le premier monastère fondé à Avila, sous le nom de Joseph. Les quatre derniers jours de sa vie portèrent le sceau de l'épreuve divine et ressemblèrent aux jours d'inquiétude de saint Joseph. Le divin Maître, voulant que sa chaste épouse fût reçue en triomphe dans le ciel aussitôt qu'elle rendrait le dernier soupir, acheva de la purifier par la souffrance. Elle perdit la parole, l'usage de ses sens, et fut en proie à une douloureuse agonie. Le Cœur de Jésus, cependant, était invisiblement avec elle. Sans en pouvoir donner aucun signe extérieur, elle fit intérieurement des actes d'abandon à la volonté divine et expira dans un de ces actes. Le jour môme de sa mort, Notre-Seigneur la présenta, toute couronnée de gloire, à une fervente Carmélite du môme monastère, en disant : Elle est du nombre de celles qui suivent l'Agneau. Marie de Saint-Joseph ajouta que les actes d'abandon et de résignation à cette rude épreuve des derniers jours de sa vie, l'avaient délivrée des flammes du purgatoire. (Voir l'histoire de sainte Thérèse. Bouix, t. I, 509.)
9. — Sœur Marie- Joseph, compagne de la bienheureuse Marguerite-Marie.
Dès l'Age de sept ans, cette petite fille, qui appartenait à la noble famille de Chamron, fut confiée aux sœurs de la Visitation de Paray. Sur un naturel aussi heureux que le sien, le travail de la grAce ne pouvait manquer d'être couronné de succès; bientôt il fallut accordor à ses instances l'habit des petites sœurs, comme gage de la vie religieuse vors laquelle se dirigeait son plus doux
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attrait. En 1688, tous ses vœux furent comblés: elle fit sa profession. Compagne de la bienheureuse Marguerite- Marie Alacoque, l'apôtre du Sacré-Cœur, elle put recevoir les prémices de cette sublime dévotion , qui veut unir tous les cœurs au Cœur adorable de Jésus. Comme Joseph, son patron, elle ne devait pas glorifier Dieu par de grandes œuvres extérieures. Le cœur de Jésus crucifié la marqua, pour ainsi dire, de son sceau, et, pendant les dix-sept années de sa vie religieuse, ses souffrances furent sans relâche. Toutes les parties de son être eurent successivement leur petit martyre, sans jamais lasser sa patience. Avec Jésus, les souffrances se changent en délices. Quand elle eut achevé de gravir le mont du Calvaire, elle expira, disent ses comtemporaines, avec le douceur d'un enfant, à l'âge de vingt-huit ans. (Voir la Vie de la B. Marguerite, public, de Paray, t. II, 483.)
10 — Un vœu à saint Joseph-
On lira avec édification l'extrait suivant d'une lettre d'une religieuse carmélite, adressée à une personne pieuse.
« J'ai à vous demander des prières d'actions de grâces, écrivait une religieuse du Carmel de B* à une personne fort dévouée à saint Joseph, pour une guérison miraculeuse opérée, la semaine dernière, sur une de nos jeunes novices, par l'intercession de notre grand Protecteur . Cette chère enfant était, depuis plus de quatre mois, atteinte d'une grande irritation d'estomac qui lui faisait rejeter immédiatement le peu d'aliments qu'elle prenait. Mercredi soir, elle avait une forte fièvre. Le médecin, que nous avions envoyé chercher dans la journée, n'étant pas venu ,
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nous le fîmes demander de nouveau à huit heures du soir; on ne le trouva point encore. La fièvre étant toujours aussi intense, à onze heures, nous renvoyâmes un troisième messager au docteur ; mais saint Joseph, qui voulait faire cette cure merveilleuse, rendit sans doute introuvable l'homme de l'art. Bref, pendant ces heures d'anxiété, nous eûmes recours au Médecin céleste ; notre Révérende Mère fît un vœu à saint Joseph, et aussitôt notre chère enfant devint plus calme. Je restai seule alors avec la malade, et toute la nuit fut paisible ; elle prit deux bouillons d'herbes qu'elle garda fort bien, et le lendemain, se sentant tout à fait remise, elle demanda qu'on lui laissât suivre tous les exercices de la communauté, dont elle était privée depuis longtemps. Au réfectoire, elle dîna comme nous avec une sardine et une portion de légumes secs, qui étaient ce jour-là à moitié crus, pour que sans doute le prodige fût plus avéré. Son estomac digéra très-bien ces aliments indigestes, et, depuis ce. jour, notre chère novice n'a plus manqué un seul acte de communauté; elle est aussi fervente au chœur qu'au réfectoire. Vous pensez si nous avons célébré avec bonheur la fête du Patronage, et si saint Joseph est honoré dans notre petite famille religieuse! (29 avril 1860.) »