Le grenadier fidèle à saint Joseph
« Un grenadier du 29e régiment d'infanterie de l'armée du prince d'Italie avait mené une conduite peu régolièrc, surtout depuis qu'il était enrôlé sous les drapeaux de l'armée française. Il avait entièrement oublié ses devoirs de chrétien ; il n'avait retenu des prières qu'il avait apprises dans son enfance, que l'Ave Maria et cette priera en l'honneur de saint Joseph : Saint Joseph, qui avez été le père et le protecteur de la plus sainte Famille qui fût jamais, soyez, s'il vous plaît, le père et le protecteur de la nôtre, et obtenez-nous la grâce de faire une sainte mort. C'étaient les seuls actes de religion qu'il pratiquait ; mais il ne manquait jamais de réciter tous les jours ces deux prières ; il avait même conservé une telle confiance en saint Joseph, qu'il avait toujours son nom a la bouche et qu'il l'invoquait dans ses peines et ses alllictions. Ses camarades, qui lui avaient entendu répéter si souvent le nom de ce Saint, l'avaient surnommé, à cause de sa taille, le grand saint Joseph. Au passage de Lawbach, en 1800, il reçut à la jambe un coup de boulet qui le mit hors de combat. Son premier cri fut aussitôt : « 0 saint Joseph 1 saint Joseph ! » Au milieu de ses souffrances, on ne lui entendit pas proférer d'autres paroles. Il lut recueilli par l'ambulance et transporté dans une maison, en attendant qu'on pût lui donner une place à l'hôpital avec les autres soldats blessés. A côté de la chambre où on l'avait déposé, était logé un prêtre, émigré français, qui entendit de chez lui ses soupirs accompagnés de ces paroles : « 0 saint Joseph! saint Joseph! » Il pensa que ce soldat avait de la religion et que, sans doute, il sérail
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bien aise de recevoir les secours de son ministère. Il s'empressa aussitôt de se rendre auprès de lui; il le trouve animé de sentiments chrétiens et tout disposé à se confesser. Il l'entend, le réconcilie avec son Dieu, et le laisse dans la paix, le calme et le repos. Il fut transporté peu après à l'hôpital, où il fit la mort la plus édifiante, en invoquant saint Joseph. « (Saint Joseph ou Méditations pour tous les jours du mois de saint Joseph.)
Sans doute, mes chers enfants, l'état militaire est une belle et noble carrière ; mais il faut avouer que l'on y est bien exposé, et qu'un grand nombre déjeunes gens, oubliant les bons principes qu'ils ont reçus au sein de leurs familles, y tombent dans les plus déplorables désordres. Cependant, si on veut prendre des moyens efficaces, recourir aux sacrements, invoquer souvent Marie et Joseph, on peut parfaitement s'y conserver chaste et pur, fidèle à Dieu et à l'honneur.
Heureux les jeunes gens qui, après avoir un peu négligé leur salut, ont du moins conservé la sainte pratique de ne jamais laisser passer un seul jour sans invoquer Marie et Joseph. Tout espoir de conversion n'est pas perdu, et ils finiront par revenir au Dieu qui a réjoui leur première enfance.