‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 150 sur 315 · Protection pendant la peste · texte numérisé non relu

Protection pendant la peste

Dans les premières années du dix-septième siècle, la peste faisait de grands ravages dans la ville d'Avignon ; le clergé et la magistrature recoururent à saint Joseph et s'engagèrent par vœu à célébrer, tous les ans, solennellement sa fête, s'il les délivrait de cette cruelle épidémie. A partir de ce moment, il n'y eut plus de

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nouvelles victimes, et le fléau disparut entièrement; mais ce fut pour aller exercer ses ravages à Lyon. L'invasion fut terrible et l'on crut un moment que la ville allait être entièrement dépeuplée. Eclairés par l'exemple des Avignonnais, les habitants de cette ville eurent recours à saint Joseph, et bientôt leurs prières furent exaucées, et la peste cessa de sévir. C'est de cette époque que date la dévotion des Lyonnais pour ce glorieux Patriarche.

Le P. de Barry, contemporain, rapporte dans son livre un bon nombre de miracles obtenus par ce grand Saint dans cette circonstance. « Cette année passée, ditil, lorsque la contagion faisait à Lyon le plus de ravage, je sais que plusieurs des habitants portaient des bagues où était gravé le nom de saint Joseph, afin d'être préservés de la peste; et Dieu, bénissant leur foi et leur confiance en cet aimable nom, ne permit pas qu'aucun d'eux en fût atteint. •

Une religieuse du monastère de Sainte -Elisabeth à Lyon , nommée Marguerite Rigaud , tomba d'un lieu élevé et fit une chute terrible ; elle resta longtemps sans connaissance, rendant une grande quantité de sang par la bouche, le nez et les oreilles. Néanmoins, à force de soins et do remèdes, elle échappa à la mort; mais il lui demeura une telle faiblesse dans les organes de la tête, que durant plusieurs mois elle fut dans l'impossibilité de l'appuyer sur un oreiller : de plus, ses facultés intellectuelles en avaient souffert au point qu'elle était devenue incapable de toute application. Les hommes de l'art, consultés, s'accordèrent à dire qu'il n'\ avait pas d'autre moyen de la sauver que l'opération du trépan.

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A cette nouvelle, la malade frémit, et, par pitié pour elle, on crut devoir attendre quelques jours. Cependant, la Supérieure engagea toutes les sœurs à faire une neu-< vaine de communions eu l'honneur de saint Joseph. La neuvaine commença, mais les douleurs continuèrent à se faire sentir toujours avec la môme violence, de sorte que, le jour de la dernière Communion approchant, quelques Sœurs, qui désespéraient du secours de saint Joseph, crurent devoir lui substituer saint Anselme, à la protection duquel on a coutume de recourir dans ces sortes d'accidents. Mais une Sœur, pleine de confiance en saint Joseph , ne put souffrir qu'on le délaissât pour s'adresser à quelque autre saint. Elle se mit à le prier, avec toute la ferveur dont elle était capable, de vouloir bien opérer lui-même cette guérison ; elle lui représenta, avec une touchante simplicité, que son honneur était intéressé à ne pas laisser à un autre la gloire du miracle qu'on lui demandait; enfin, elle lui promit que la malade elle-môme, s'il lui rendait la santé, ne manquerait pas de reconnaître cette grâce par une seconde neuvaine de prières et de mortifications.

Pendant que la Sœur redoublait ses supplications et ses pieuses instances, tout à coup et au moment où l'on s'y attendait le moins, voilà la malade qui se sent guérie. Elle était seule : dans l'excès de sa joie, elle saute de son lit, s'habille à la hâte, et se met à courir par la maison, hors d'elle-même, en criant à pleine voix : « Miracle ! miracle 1 saint Joseph m'a guérie 1 » Dès ce jour elle assista au chœur, et récita l'office avec les autres religieuses, elle dont la tête était auparavant si faible, qu'elle ne pouvait pas supporter la moindre psalmodie. Elle reprit en même temps tous ses emplois, toutes ses occupations, avec une vigueur

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qui n'aurait, pas permis de soupçonner qu'elle eut jamais été malade. Enfin, pour comble de faveur, saint Joseph, non content de lui avoir rendu une santé parfaite, lui obtint des grâces plus précieuses encore, qui contribuèrent beaucoup à son avancement spirituel.

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