‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 157 sur 315 · Allez à Joseph · texte numérisé non relu

Allez à Joseph

Louange, amour à saint Joseph 1 Qu'il règne sur tous les cœurs! Que son nom soit exalté dans tout l'univers ! — Ce qui m'attriste, c'est que, dans les faveurs insignes que sa puissance miséricordieuse obtient à ses enfants, il est des circonstances que la charité ordonne de taire, des détails que la prudence commande de voiler. Le sentiment n'a pas alors son entière expansion ; les effusions du cœur se trouvent comprimées. C'est un sacrifice qui a son mérite : puisse cette peine être tenue en compte par notre saint Patriarche 1

La grâce que j'ai reçue est de la plus grande importance. Pour vous en rendre juge, cher lecteur, permettez-moi de vous mettre à ma place. Voici l'état des choses. Par devoir, par situation, vous avez la mission de sauvegarder la morale, de veiller à l'honneur de la religion, de réprimer le vice, de prévenir le désordre. Un projet se forme : l'irréflexion, la cupidité, les passions ont résolu de demander à la haute administration l'autorisation d'un établissement qui va graduellement, mais infailliblement, ruiner jusque dans leur base, tous les intérêts sacrés recommandés à votre vigilance. Par

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sa nature, l'établissement peut être légitime : voilà le péril; l'autorité ne distinguant pas le fait du principe, court le risque de tomber dans une erreur fatale. Le pas est glissant. Or, l'établissement qui réclame ici le droit de se former est loin d'offrir les garanties désirées pour la sauvegarde de la religion et de la morale. S'il est autorisé, il devient une école d'irréligion , un foyer d'immoralité. Tous les efforts de votre zèle vont rester désormais impuissants Cependant, tout complote, tout intrigue pour arriver à l'autorisation. Tous les moyens sont employés : faussetés, démarches, recommandations puissantes ; rien n'a été négligé. Vous allez succomber 1... Non ! rassurez-vous. Vous avez tjut confié à un Médiateur plus puissant que tous les médiateurs terrestres. Après avoir recouru aux moyens humains, vous avez dit au fidèle Intendant des intérêts de Dieu : « 0 Père du Sauveur, je remets ma cause entre vos mains; elle est la vôtre et celle du droit. Je ne ferai pas jouer davantage les ressorts de la médiation des hommes. Je ne veux pas diminuer* la gloire de votre triomphe, i Puis la paix est descendue dans votre cœur. Une voix intérieure vous a dit : « Espère ! » Le calme et la paix sont rentrés dans votre âme désolée. Vous avez attendu dans l'espérance, et voici que, par deux décisions successives, la prudence éclairée et ferme de la haute Administration, rejetant une pétition mal inspirée, vient vous révéler que votre Protecteur du ciel n'est point resté sourd à votre prière. — Oh 1 alors votre bonheur serait à son comble, votre reconnaissance sans égale.

Cette hypothèse, pourtant, malgré toute ma souveraine indignité, c'est mon histoire. Qui donc aimera assez le hou et ouïssant saint Joseph? Qui aura jamais en lui une confiance grande comme son crédit, immense

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comme sa miséricorde? Depuis dix-huit années déjà, j'éprouve les doux effets de son pouvoir et de son amour. Pressé par la gratitude, j'ai besoin de redire à toute àme qui souffre : « Allez à Joseph! C'est près de lui, comme près de la Vierge clémente, que Dieu se plaît à nous faire trouver consolation et secours. »

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