Les prières d'une mère
Un jeune homme était attaqué par une maladie de poitrine qui le retenait au lit depuis près d'un an. Pendant tout ce temps, sa vertueuse mère, comme une autre sainte Monique, faisait des instances auprès de lui et priait pour sa conversion. Il avait vingt-sept ans et n'avait pas encore fait sa première communion, tant il s'était habitué à mépriser notre sainte religion. Sa mère et ses sœurs souffraient encore plus de son impiété que de sa maladie. Enfin le 1er mars, à l'ouverture du mois de notre saint Patriarche, sa famille vient le recommander comme pécheur endurci : tous les soirs à nos réunions nous priions pour lui. J'eus l'idée, dès le premier jour, d'écrire son nom et de le déposer sous la statue de notre bon Père saint Joseph. Jusqu'au 19 du même mois il ne manifesta aucun changement dans ses sentiments irréligieux, mais, ce jour-là, le son des cloches, aunonçant la grand'messe, le fit comme sortir de son assoupissement. Sa mère et ses sœurs se rendirent à l'église; après la sainte Messe elles revinrent
auprès du malade, le trouvèrent tout en larmes, demandant un prêtre : saint Joseph attendait sa fête pour triompher de ce cœur impie. Depuis ce moment, le pauvre pécheur ne montra pas seulement une piété ordinaire, mais une ferveur toute séraphique. Il eut le bonheur de se confesser plusieurs fois, de faire sa première communion le jour de la clôture du mois de notre bon Père, et depuis il communia plusieurs fois jusqu'à sa mort, qui fut des plus édifiantes.