Sainte mort du cardinal do Bérulh
Le docte et pieux cardinal de Bertille, premier supérieur des Carmélites m France et fondateur de L'Oratoire
236 juin.
de Jésus, eut toute sa vie la plus tendre dévotion à saint Joseph. Appelé par Urbain VII, l'apôtre du Verbe Incarné, à cause de ses ravissants écrits sur les grandeurs de Jésus, il eut toujours le plus grand respect pour le divin Sauveur et envia souvent le bonheur du saint patriarche qui avait pu converser avec lui. Etant allé visiter la sainte Maison de Lorette, il demanda à la trèssainte Vierge qu'à l'exemple de son auguste époux, il fût retiré du monde et expirât en Jésus son Fils et en elle. La pensée de cette grâce s'imprima si profondément dans son esprit, qu'il la demanda continuellement depuis à Marie et à Notre-Seigneur. Quelque temps avant sa mort, il avoua à une sainte religieuse que Dieu lui avait fait connaître que cette faveur lui serait accordée et qu'il avait l'assurance d'avoir quelque conformité à la belle et précieuse mort du grand saint Joseph. On sait comment mourut ce pieux cardinal. Le dernier jour de sa vie, il monta à l'autel dans une espèce d'agonie, et commença la messe de l'Incarnation. Après avoir mis plus d'une demi-heure à dire l'Évangile, il tomba abattu entre les bras de ses disciples* Oh l'assit vis-à-vis de l'autel; mais là, ayant repris ses sentiments, il continua les saints Mystères, objet de son amour. Cet effort ne dura pas longtemps. Prêt à prendre l'Hostie et prononçant ces paroles : Hanc igitiir oblalionem, il fut la victime immolée à la place de celle qu'il allait offrir. On dressa promptement un lit dans la chapelle même ; on eut encore le bonheur de lui administrer les derniers sacrements, de recevoir sa bénédiction avec quelques paroles édifiantes, et enfin de le voir mourir en répétant les doux noms de ceux qu'il appelait la trinité de la terre, Jésus, Marie, Joseph.
juin. 237
30 — Un jeune homme préservé de la cécité.
On écrit de Soise :
« Je viens aujourd'hui accomplir une promesse, fait.p pour remercier Dieu, d'une grâce obtenue par l'intercession du puissant saint Joseph. — Mon frère qui était chantre et instituteur depuis deux ans, ne pouvait plus remplir cet emploi à cause d'une maladie d'estomac trèsgrave. Nous commençâmes les sept, dimanches, le 13 janvier, en l'honneur de saint Joseph. Le jour môme du premier dimanche, par une circonstance inattendue, mon frère fut obligé de chanter. Depuis cette époque il a toujours continué de le faire et sa maladie, bien loin de s'aggraver, a plutôt diminué.
» Autre grâce d'une haute importance. Un de mes neveux, jeune séminariste, était, depuis trois semaines, atteint d'une maladie d'yeux. Il y avait huit jours déjà qu'il ne voyait presque plus. Le médecin appelé avoua que la maladie était très-grave, et il désespérait même de la guérison ; effrayée, j'eus recours à saint Joseph ; c'était les derniers jours du mois de février : je lui promis de faire brûler une lampe en son honneur durant tout le mois de mars. Depuis cette époque la maladie diminua d'intensité. Le 18, veille de la fête de saint Joseph, on fit au malade une opération très-douloureuse; il en ressentit beaucoup de bien, et à la fin du mois de mars, le jeune malade était hors de danger ; dè< lors il n'a plus ressenti aucune douleur.