Une église restaurée et un enfant au ciel
Deux de mes excellents paroissiens, dit un bon curé, avaient un fils unique, âgé de treize ans, d'un naturel doux, de cœur aimant, dans lequel la piété plantait heureusement et sans obstacle ses racines avec une tendre dévotion à Marie et à Joseph. Cet enfant devint languissant, pâle et progressivement très-maigre, Dieu sait le chagrin du père et de la mère qui ne négligèrent rien pour ramener à la santé leur cher malade ; tout leur espoir reposait sur leur confiance en saint Joseph : messes, neuvâines, prières de tontes sortes devant son image. Un instant, ils se crurent exaucés : Auguste devint mieux. Il put, à la surprise de ses parents, parcourir à pied trois kilomètres pour venir à l'églse faire sa confession et sa communion pascales, au mois d'avril dernier, et retourner à la maison. Saint Joseph daigna leur montrer sa puissance et sa bonté en leur faisant entrevoir une guérison désespérée par les médecins. Leur joie était sans bornes... Elle ne dura que quelques jours. Saint Joseph voulait évidemment au ciel celui qui l'avait aimé et invoqué dès ses premiers ans. L'enfant mourut ; mais c'était un ange qui quittait joyeusement la terre pour aller habiter les cieux. Le père et la mère se disaient : Dieu l'a voulu, — saint Joseph nous a exaucés de la meilleure
manière pour le bonheur de notre enfant : — travaillons aussi, nous, afin d'aller le rejoindre au paradis. Je n'avais point à consoler ces bons chrétiens : leurs sentiments de foi, de résiguation, d'espérance, leur suffisaient largement.
Le mois dernier, ils vinrent me trouver avec un neveu, leur héritier, et voici ce qu'ils me dirent : « Nous aimons autant saint Joseph que s'il nous eût conservé notre fils ; il a voulu lui donner le paradis, c'est mieux que la terre et la santé. Nous voulons lui payer un bel autel et décorer toute sa chapelle. Que le tout soit le mieux possible, et fini au plus tard le 1er mars prochain, pour les exercices du mois de saint Joseph. Nous paierons aussitôt que tout sera exécuté.
» En plus, M. le Curé, voici notre héritier ; il a nos volontés : à notre mort, il vous comptera la moitié de notre avoir (entre 7 et 8,000 francs) pour l'église; l'autre moitié sera pour lui.
» Nous vous demandons seulement de nous recommander — sans nous nommer — aux exercices du mois de saint Joseph, afin d'obtenir une grâce que nous désirons bien. >•
Le pieux désir de mes chers enfants va s'accomplir : tout est commandé et en voie d'exécution.
Oui ne verra ici un double bienfait de notre bon Protecteur? le paradis à l'enfant; aux parents le bonheur, par les œuvres inspirées, de le gagner plus beau.
ANNÉK s. J.