Guérison de la sœur Anne-Thérèse
Ce fut à la prière de sa dévote servante Claire-Marie de la Passion que saint Joseph guérit la sœur Anne- Thérèse de l'Incarnation d'une maladie déclarée incurable. Cette infortunée religieuse était affligée d'un affeux polype dans le nez, qui, au dire des médecins étendait ses branches jusque dans l'œil et devait nécessairement aboutir à la mort. La vénérable Claire visitant un jour la malade, lui dit : « Ayez bon courage, ma chère sœur, saint Joseph aura soin de vous. » Puis se tournant vers une image du bienheureux patriarche : « Glorieux saint Joseph, lui dit-elle, par la joie que vous aviez de tenir l'Enfant Jésus dans vos bras, et par l'amour pure que vous portiez à la Reine des vierges votre chaste Épouse, je vous prie de m 'accorder cette grâce. » Le lendemain, après la sainte communion faite à cette intention, elle retourna auprès de la malade qu'elle trouva plus souffrante avec un mal de tête horrible, le nez enflé et d'une couleur qui semblait annoncer la gangrène. La dévote servante de saint Joseph n'en fut ni déconcertée ni troublée ; d'un air plus assuré et plus gai que jamais elle dit à la sœur Anne : « Ayez confiance, ma chère sœur, vous guérirez, saint Joseph veut vous faire cette grâce ; pour l'obtenir j'ai promis de faire dire trois messes et d'habiller un pauvre en son honneur. » Puis elle lui dit de se moucher. La malade répugnait à le faire à cause de la grande douleur qu'elle éprouvait, t Obéissez, ma chère sœur, reprit la vénérable Claire, obéissez, vous vous en trouverez bien. » Elle obéit, mais elle sentit une douleur si violente qu'il lui sembla que sa tête se fendait.
Aussitôt après elle éternua, et en même tem^s le cerveau se débarrassa des éléments de cette douloureuse maladie. Le germe du polype une fois dehors, la malade se trouva bientôt guérie, au grand étonnement des médecins et des chirurgiens qui ce jour-là même vinrent la voir et vérifier par eux-mêmes la réalité du prodige, dit le P. Patrignani.