Lettre d'une religieuse
La religieuse s'adresse à une de ses sœurs, novice dans la môme Congrégation.
« Laisse-moi encore , chère et bien-aimée sœur, te faire part d'une chose qui m'est arrivée, et que je regarde comme un miracle qu'a bien voulu opérer en ma faveur notre bon père saint Joseph. Oui, je m'avoue mille et mille fois indigne d'une telle faveur. Oh ! que ces paroles me sont bien applicables : Mon Dieu, mon divin Époux a regardé la bassesse de son indigne épouse, pour lui donner une nouvelle preuve de son amour, et lui prouver par là avec quel soin paternel il veille sur elle.
» Je commence d'abord par te dire que nous avons une chapelle qui est, à part sa grandeur, tout à fait conforme à celle de nos chères Sumrs de B.; le soin de celte humble demeure de noire Bien-aimé, m'est confié. La veille de la fête do ce bon Père, je m'empressai d'approprier et d'orner cette sainte maison de mon mieux. Voulant nettoyer un grand tableau du Sacré-Cœur qui
ANNKK S. J. 24*
282 AOQT.
se trouve placé au-dessus du maître-autel, je pris une échelle» et la disposai de manière à pouvoir y monter convenablement. Mais avant de grimper à cette échelle, je me prosterne un instant aux pieds de Jésus, Marie et Joseph, ainsi que nous ont appris à le faire nos bien chers parents, avant chacune de nos actions. Je leur adresse une petite prière avec toute la ferveur possible, et me jette avec confiance sous leur protection, en leur disant de me soutenir si je venais à tomber. Cela fait, je monte en toute sûreté. Arrivée au haut sans aucun appui, je sens l'échelle glisser sous mes pieds; elle tombe, renverse avec fracas la table de communion, et court en grande hâte, jusqu'au bas de la chapelle. Et moi qu'étais-je donc devenue?.... où étais-je?... où me trouvé-je enfin? — A genoux.... Oui, chère sœur, à genoux.... sur l'autel et près du saint tabernable.... Qui m'avait donc transportée là?... Ali 1 c'est sans
aucun doute notre bon et tendre Père saint Joseph
Voyant, chère sœur, la tendresse et. le pouvoir de ce grand Saint, je me sentis aussitôt pénétrée de la plus vive et sincère reconnaissance. Tu comprends, bonne amie, que ma première action et mon premier devoir, fut de rendre de profondes actions de grâces à ce Bien- Aimé, après lesquelles je remontai de nouveau achever ce que j'avais à peine commencé. Oh 1 que j'aime ce bon Père, et que je suis donc contente d'être du nombre de ses filles ! »