‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 188 sur 315 · Couiiance récompensée · texte numérisé non relu

Couiiance récompensée

Depuis plusieurs années, nous avons établi à N... un pensionnat et un externat ; nous végétions, les élèves n'arrivaient pas : sept ou huit pensionnaires, quelques rares externes, en constituaient tout le personnel. i)é-.olées et non découragées de cet état de choses, nous recourûmes à saint Joseph par des ucuvaines, et les élèves nous arrivèrent l Nous comptons aujourd'hui vingtcinq pensionnaires et quatre-vingts externes ; ce qui nous mit dans la nécessité de construire deux pièces. Nouvelle requête à notre bon saint Joseph. Il nous a envoyé des élèves, c'était pour lui presque un devoir de nous procurer le moyen de les Loger; ce qu'il lit (Mi nous*

envoyant de charitables messieurs qui s'offrirent à couvrir les dépenses de la bâtisse.

Notre puissant protecteur n'a pas borné ses bienfaits aux deux faveurs que je viens de relater. Notre orphelinat ne vit que par son travail ; ce qui le met souvent dans une gène extrême. Une fois entre autres, la sœur économe vint dire à la supérieure qu'il n'y avait plus de lard pour faire le potage du lendemain. Le cas était d'autant plus embarrassant, qu'on devait passablement au charcutier , et on n'osait augmenter la dette. Sur l'invitation de la supérieure, on s'adressa à saint Joseph ; la journée allait finir, lorsqu'une dame eut la généreuse pensée d'envoyer deux cents francs.

Un peu plus tard, il s'agissait d'un remboursement de quatre mille francs, et nous ne possédions pas le premier centime ; saint Joseph invoqué, nous envoya un bon monsieur pour nous donner trois mille francs, en nous faisant espérer que ce n'était pas son dernier mot.

Dans notre ville, une pauvre malade avait un chancre à la figure ; elle obtint sa complète guérison en recourant à saint Joseph.

30 — Vocations recommandées à saint Joseph.

Nous recevons la lettre suivante d'un monastère de religieuses de la Visitation :

« Une religieuse de la Visitation eut recours à saint Joseph pour obtenir l'entrée au couvent d'une de ses sœurs qui , malgré sa vocation certaine, rencontrait d'impérieuses difficultés qui ne pouvaient être surmontées que par une spéciale protection du Ciel. Il arriva que cette religieuse fit alors la semaine en l'hon-

neur de saint Joseph ; car, d'après un pieux usage en vigueur dans un grand nombre de monastères de la Visitation, chaque religieuse doit à son tour consacrer une semaine à honorer particulièrement le saint Patriarche ; cette semaine se fait au nom de la communauté, et s'appelle la Semaine de la servante de saint Joseph,

» Cette religieuse commença à honorer notre saint en lui disant avec une confiance toute naïve : « Je vous servirai avec toute la ponctualité et la plus grande fidélité possibles; mais je veux en être payée : je veux l'entrée en communauté de ma sœur. Cette grâce doit me venir de vous, à la fin de la semaine ; je veux l'obtenir. » Or, le dernier jour de la semaine, il lui arrive une lettre de sa sœur; elle voit avec surprise et douleur que ses projets sont anéantis, et que la route qu'elle croyait ouverte et facile est fermée.

» Elle courut donc aux pieds du Saint, et d'une plainte amoureuse et discrète : « Regardez, lui dit-elle, la belle grâce que vous m'avez obtenue, la belle récompense que vous m'avez accordée pour les honneurs que je vous ai rendus 1 Oh 1 non, je ne vou.-j prierai plus, i

i Puis elle se tint silencieuse, pensant à ce qu'elle devait faire relativement à sa sœur; ensuite elle reprit la lettre, et, après quelques jours d'une affectueuse bouderie pour le saint, elle se décida à le prier de nouveau et à taire une ncuvaine, conjointement avec les jeunes personne dont elle était la maîtresse.

» A la lin de cette ncuvaine, elle écrivit a sa sœur un nouveau projet qu'elle avait conçu.

» Or, avant que la lettre arrivât, ce projet se trouvait exécuté, iil sa sœur était déjà sur le chemin 'l'un mon ictère delà Visitation, où elle est professe depuis quelques années.

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« Ici, disait la personne que l'on employa dans cette affaire, on ne voit pas seulement un prodige, mais un amas de prodiges. En face de grandes difficultés, projeter, combiner, exécuter fut une seule chose, un tout. Oh 1 que saint Joseph est puissant ! comme il est bon de mettre sa confiance en ce grand saint et de recourir spécialement à lui ! »

» Or la protection de notre Saint sur cette famille ne s'arrêta pas là. Restait une nièce très-désireuse de se faire religieuse; elle avait même été acceptée dans l'institut auquel elle se sentait appelée ; mais le temps de son entrée n'avait pas encore été fixé. Le départ de sa tante la laissait sans appui, à l'heure des dernières résolutions, devant sa famille éplorée qui la suppliait de demeurer. Elle recourut à saint Joseph et commença une neuvaine. Tout s'aplanit au dernier jour; saint Joseph était vainqueur, et sa nouvelle fille en communauté.

» Que le pieux lecteur, ajoute le narrateur italien auquel nous empruntons ces lignes, ne croie pas que saint Joseph ne fasse des prodiges que pour l'entrée en communauté; car il nous aide dans tous nos besoins, dans toutes les vocations. La même religieuse l'expérimenta aussi. Comme elle a/ait inspiré une ferme confiance dans saint Joseph à plusieurs jeunes personnes qui lui découvraient le besoin qu'elles avaient de trouver une bonne position dans le monde, elle eut la consolation de les voir bientôt exaucées, et d'une telle manière, qu'elle dut reconnaître que la grâce venait du saint. Allez à Joseph dans tous vos besoins , et vous verrez qu'il peut subvenir à tout. » (Annales de Saint Joseph.)

31— La voix recouvrée.

Les communications suivantes ont été faites par la révérende mère supérieure de l'hôpital de Guingamp (Côtcs-du-Nord) :

« La mère T. de J., religieuse hospitalière, avait, depuis deux ans, une extinction de voix dont elle souffrait heaucoup et qui l'empêchait de prendre part à la récitation de l'ollice divin, aux chants sacrés, et même aux récitations que la règle permet chaque jour.

p Quelques jours avant la fête de saint Joseph, elle se sentit fortement inspirée de demander sa guérison par l'intercession de ce grand Saint, et, la veille de la fête, voulant avoir la hénédiction de l'ohéissance, elle se présenta dans la cellule de la supérieure, et lui fit part de la pensée qui la poursuivait depuis quelques jours. La supérieure approuva fort sa confiance et lui permit d'adresser sa supplique à saint Joseph ; puis, absorhée par différentes affaires, elle oublia complètement ce qui s'était passé la veille, (irandes furent sa surprise et sa joie quand elle vit arriver à la récréation lamèreT. de J., qui vint lui souhaiter le bon jour et lui apporter la nouvelle de sa guérison. Elle était à la chapelle de saint Joseph quand V Angélus sonna ; et voulant le dire, elle s'aperçut que sa voix lui était entièrement revenue.

» Trois ans plus tard, la même religieuse fut encore atteinte de la môme maladie, qui durait déjà depuis plusieurs mois quand arriva la fête de saint Joseph. Elle recouvra encore cette fois la voix, et de la même manière que la première. La communauté tout entière a été témoin de ces deux guérisons Instantanées; et non

seulement les religieuses, mais encore les pensionnaires, les orphelins, les pauvres, et beaucoup de personnes avec lesquelles la mère T. de J., a été en rapport pendant sa maladie et après sa guérison. »

On voit par les traits déjà cités, quel est le crédit dans le ciel de l'auguste chef de la Sainte-Famille.

La puissance de saint Joseph s'est manifestée souvent de la manière la plus éclatante et la plus variée dans le cours des siècles. Notre-Seigneur, en effet, pourrait-il au ciel refuser quelque chose à celui qui se sacrifia tout entier pour lui sur la terre? Sainte Thérèse va jusqu'à dire qu'il nous est impossible de rien demander au père nourricier de Jésus sans voir aussitôt notre prière favorablement accueillie; et rien n'est plus charmant que les naïfs et gracieux apologues inventés par la reconnaissance et la piété populaire pour témoigner du pouvoir illimité du grand patriarche. Il est des grâces pourtant dont saint Joseph est le spécial dispensateur : l'esprit de piété et d'amour de Dieu, une bonne et sainte mort, une mort précieuse aux yeux du Seigneur, voilà surtout les faveurs que nous devons solliciter de sa bonté. Qui plus que lui saura nous faire goûter les choses de Dieu, alors qu'il n'eut ici-bas d'autre bonheur que d'aimer Jésus et Marie de toute l'ardeur de son âme? Qui plus que lui saura nous procurer la grâce inestimable d'une mort de prédestiné, alors qu'il eut la consolation d'exhaler son dernier soupir dans un acte d'amour, entouré, soutenu et béni par Jésus et Marie?

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