‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 191 sur 315 · Vocation favorisée · texte numérisé non relu

Vocation favorisée

Une jeune personne avait depuis longtemps le désir de quitter le monde pour se faire religieuse; mais bien des obstacles s'opposaient à la réalisation de ses pieux désirs, entre autres une grave infirmité, dont elle était atteinte. Déjà elle avait employé sans succès bien des remèdes inutiles ; depuis longtemps elle priait, et aucun changement ne s'opérait dans son état de santé. Enfin, arrive la fête du Patronage de saint Joseph; la jeune fille fait une neuvaine préparatoire et promet, si ses désirs sont accomplis, de faire connaître autant qu'il lui sera possible la bonté inépuisable de notre bon Père. Pendant la neuvaine, les accidents accoutumés ne se renouvelèrent pas, et, cependant, ce ne fut qu'avec crainte qu'elle vint, le jour de la fête, me faire part de ses prières et de l'espoir qu'elle avait en saint Joseph. La bonté de saint Joseph ne devait pas s'arrêter là ; car, depuis cette époque, la santé de cette bonne enfant s'est tellement améliorée, qu'elle a pu, il y a un mois, entrer dans une communauté cloîtrée, dont elle suit tous les exercices avec la plus grande facilité.

4. — Saint Joseph rend la santé à un jeune négociant de Pesaro. »

Dans la matinée du 4 4 mars 1858, un jeune négociant de Pesaro arriva à Fano un peu indisposé. A peine descendu dans un hôtel de cette ville, sentant son malaise augmenter, il fit appeler un médecin qui ne fit

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pas grande attention à cette légère indisposition ; cependant le lendemain, le maître d'hôtel, ne le voyant pas sortir de sa chambre, alla s'informer des nouvelles de sa santé; mais l'ayant vu raide, immobile et froid comme une statue de marbre, il s'empressa d'aller chercher au plus vite un prôtre et un médecin. Le curé, ignorant s'il avait rendu le dernier soupir, lui donna l'absolution et l'extrôme-onction sous condition. Le médecin, ne voyant dans ces symptômes qu'une attaque de paralysie, recourut aux remèdes les plus énergiques. Plusieurs saignées, trois vésicatoires, des synapismes : tout fut inutile. Le malade avait les lèvres si fortement serrées, qu'il était impossible de les lui ouvrir ; elles paraissaient être de marbre ainsi que ses paupières, qui étaient insensibles a l'action du feu et des instruments les plus aigus.

Pendant cinq jours d'une mort prolongée, si l'on peut parler ainsi, ce pauvre jeune homme eut toujours un prêtre près de lui; le curé qui lui avait administré les derniers sacrements, touché du déplorable état dans lequel il se trouvait, fit prier saint Joseph à son intention, surtout par les confrères de l'Association du culte perpétuel de ce grand Saint. Ce bon prêtre récitait luimême tous les jours près du lit du malade les prières des sept douleurs et des sept allégresses en son honneur. Cependant le moribond était toujours dans une affreuse situation ; la fête de saint Joseph arrive, If zélé* pasteur redouble ses prières. Dans la soirée, on porte dans une procession solennelle la statue du glorieux époux de Marie, et voilà qu'au moment même où L'image vénérée passe sous 1rs fenêtres du moribond, il étend un bras, puis l'autre; ensuite il bâille comme une personne qui s'éveille après avoir longtemps dormi ; il bégaie quelques

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mots que l'on ne comprend pas; il entend ce qu'on lui dit, mais il n'ouvre pas encore les yeux ; enfin une demiheure n'est pas entièrement écoulée, et il se trouve parfaitement guéri, au grand étonnement des assistants, et surtout du médecin, qui ne pouvait trop admirer ce prodige.

M. le curé lui ayant demandé ce qu'il avait éprouvé, il répondit que lorsque la procession passait sous ses fenêtres, et qu'il faisait un premier mouvement, saint Joseph lui est apparu, qu'il ne l'a pas vu des yeux du corps, mais qu'il l'a entendu lui dire : « Je suis venu te rendre la santé. » Le lendemain, M. le curé étant venu le voir de nouveau, celui-ci lui dit confidentiellement que saint Joseph lui avait expressément recommandé de se retirer dans un couvent de Capucins pour faire pénitence, après avoir communiqué cet ordre à son confesseur.

Dès que ce jeune homme eut recouvré toutes ses forces, il revint dans son pays pour mettre ordre à ses affaires, et il se présenta, peu de temps, après chez les Pères Capucins, laissant à Fano, à l'autel de saint Joseph, dans l'église de Saint-Augustin, un tableau peint à l'huile où on le voit encore. Les Capucins de Fermo le reçurent comme tertiaire. Il se fit d'abord admirer par une fidélité parfaite à tous ses devoirs, et par une obéissance sans bornes. Il eut à souffrir beaucoup d'épreuves, Dieu permit au démon de le tourmenter ; enfin, après dix mois passés dans les pratiques de la pénitence la plus austère, il mourut dans le baiser du Seigneur, le saint jour de Pâques, à la même heure qu'il était entré au couvent.

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