‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 192 sur 315 · Une belle mort · texte numérisé non relu

Une belle mort

Dans le département de l'Aisne, une jeune fille, nommée Blanche, était née le 19 mars 1842, et c'est encore le 19 mars de l'année 1872 qu'elle a eu le bonheur de quitter l'exil, ainsi qu'elle l'avait annoncé. Pendant le? trente ans qu'elle a vécu, elle a été un modèle d'innocence, de modestie, de piété. — Depuis quinze ans, les médecins avaient déclaré Wlanche poitrinaire et ne donnaient aucun espoir de guérison. Au mois de mars, sa faiblesse devenant extrême, elle comprit que sa fin approchait. Alors elle ne songea plus qu'à se préparer à bien mourir. Elle ne cessait de répéter : « Le 19, j'irai lYter saint Joseph au ciel 1 » Le 10, elle demanda à être administrée. La fréquente communion, qui avait fait ses délices toute sa vie, venait encore la fortifier plusieurs fois par semaine. — A mesure que le 19 approchait, elle manifesta un grand désir de mourir. La veille cil*' elle demanda : « Est-ce la fête de saint Joseph aujourd'hui ? » Sur la réponse négative, elle s'écria : « Oh ! que c'est long! » — Le 19 au matin, elle dit : < Voilà le grand jour, tout ce décidera. » — A dix heures, elle s'écria : « Vite, vite, voici saint Joseph qui vient me chercher; il faut que j'aille au-devant de lui ! t — Sa ligure devient radieuse comme celle d'une personne favorisée d'une vision céleste. Ensuite, elle ferma doucement les yeux. Un moment après, elle prononça deui fois, bien distinctement : * Jésus, Marie, Joseph, ayea pitié de ma pauvre mère ! » Elle continua à remuer les lèvres, ce qui faisait penser qu'elle priait encore. Enfin, elle poussa un léger soupir : c'était le dernier, il est

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resté sur sa physionomie une expression d'ineffable bonheur, qui a charmé les nombreuses personnes qui sont venues la visiter pendant les deux jours qu'elle a été exposée. Tout le monde disait : « Elle est au ciel, près de saint Joseph ! »

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