‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 203 sur 315 · Prière d'une mère digne d'être exaucée · texte numérisé non relu

Prière d'une mère digne d'être exaucée

Tulette, le 15 juin 1878.

Lectrice assidue de vos édifiantes Annales, je cède à un sentiment de reconnaissance envers Dieu et envers vous, en vous priant de faire connaître à vos pieux abonnés la faveur insigne dont ma famille et moi avous yété l'objet par la guérison extraordinaire de mon jeune fils.

Cet enfant, d'une santé débile, paraissait condamné à ne pas vivre longtemps. Depuis quelques mois cependant, il s'était bien fortifié, quand soudain il est pris, un matin, d'une crise aiguë, alarmante d'abord ; mais d'une courte durée.

Le médecin, appelé en toute hâte, nous rassure. Au moment où le mal paraissait conjuré, la fièvre reprend avec plus d'intensité ; le cerveau s'appesantit, et l'enfant, sous l'empire de sa léthargie, connaît à peine ceux qui l'entourent. En présence d'un mal si rapide et si effrayant, le médecin a les plus tristes pressentiments. Ses craintes sont partagées par nos amis, accourus pour nous secourir et nous consoler.

Pour moi, mon révérend Père, plus abattue et plus triste que tous les autres, je ne me faisais pas illusion sur le sort, dont mon enfant était menacé. Sous le poids de l'atïliction la plus profonde, je demandais à Dieu la force de faire un aussi grand sacrifice.

Je ne pensais pas alors à me jeter entre les bras de saint Joseph, dont je connaissais pourtant toute la puis-r sance et la bonté : une pensée de foi me retenait. Mon 01s, préparé depuis longtemps déjà à sa première coin-»

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m union, s'était confessé dans la semaine; il avait assisté a une retraite préparatoire à ee grand acte. Sous l'empire de la douleur, j'entrevoyais, dans le coup qui me frappait, la bonté miséricordieuse de Dieu, venant chercher mon flls dans le moment, le plus favorable à son salut. Je n'osais contrarier ses desseins au milieu des angoisses de mon ame. Le salut de mon fils me paraissait un bien si précieux, que je n'hésitai pas, pour le lui assurer, de condamner mon existence à la douleur.

Accoutumée cependant à faire toujours là volonté de mes supérieurs spirituels, je me décidai à recourir à saint Joseph, sur l'invitation pressante d'un respectable ecclésiastique.

Nous faisons brûler des cierges devant la statue de ce saint Patriarche; nous intéressons quelques personnes de foi à nos pieux desseins et nous le prions tous avec ferveur, pour la guérison de ce tendre enfant.

0 merveilleuse puissance de ce saint Protecteur 1 A peine avons-nous accompli nos premières résolutions, que l'enfant, sortant comme d'un profond sommeil, cause sans peine et avec à propos avec nous. Un mieux sensible s'était déclaré au moment où nous n'avions plus rien à attendre de la vertu des remèdes. Ce mieux persévère et nous apporte bientôt la certitude d'une guérison complète et extraordinaire.

La prudence nous fit cependant un devoir de retenir quelques jours encore, prisonnier dans sa chambre, le protégé de saint Joseph, et de le rationner, malgré son appétit dévorant.

A quelque temps de là, mon (ils s'approchait, pour la première fois, de la table sainte, et recevait, l<' même jour, le sacrement de confirmation avec une piété touchante. Saint Joseph n'avait pas seulement guéri le

corps ; il avait aussi contribué à la sanctification de sou âme. Le moment était venu pour nous d'accomplir envers notre bienfaiteur la dette de la reconnaissance. Un mercredi, une messe d'actions de grâces est célébrée à cette intention. La famille et quelques amis, heureux de partager notre bonheur, assistent au saint sacrifice et font avec nous la sainte communion.

Puissent ces quelques lignes contribuer à étendre la dévotion envers saint Joseph et porter les personnes à recourir avec confiance à sa protection 1 Agréez, etc.

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