Une fervente Zélatrice
Une jeune Anglaise, aussi distinguée par ses talents que par sa piété, résolut de se consacrer à Dieu dans la vie religieuse.
Le 8 décembre 185i, jour à jamais mémorable par la proclamation du dogme de l'Immaculée-Conception, Mary... se consacrait à Dieu dans un couvent d'Ursulines. Désormais inconnue au monde, dont les écueils l'avaient effrayée, elle fait refleurir dans le cloître les vertus de saint Louis de Gonzague dont elle a pris le nom. Tendrement unie au divin Sauveur, qu'elle honore d'une manière spéciale au très -saint Sacrement de l'autel, elle professe pour ïa Reine du ciel un abandon sans bornes. A saint Joseph elle voue un filial attachement et, par tous les moyens possibles, s'efforce de propager son culte. Associée à l'Archiconfrérie de Saint-
Joseph d'Angers, dont elle devient zélatrice, bientôt elle a établi des rapports avec l'Angleterre, l'Irlande et plusieurs autres contrées. P.ir son entremise, les communautés, les pensionnats s'associent à l'œuvre ; de nombreuses réunions se fondent. En 1806, époque de sa mort, elle avait fait enregistrer plus de cinquante mille personnes et attaché à l'Association quinze prélats qui en avaient adopté le but et les règles. Le ciel enviait à la terre cette âme d'élite. Au mois d'août 1806, elle sentit un grand épuisement. Malgré son énergie, elle dut bientôt cesser de suivre les exercices de la communauté et garder l'infirmerie. Pendant, plusieurs mois, elle édifia tout le monde par sa ferveur, sa patience et son admirable délicatesse. Elle s'attendait à mourir dans le mois consacré à saint Joseph. Le jour même de la fête du saint Patriarche, elle sentit ses forces diminuer sensiblement. Le 21 au matin, elle pria sa supérieure de lui lire la liste des indulgences qu'elle pouvait gagner au dernier moment; puis, profondément recueillie, tenant en main son chapelet, et son crucifix, elle renouvela ses vœux. Ayant demandé qu'on plaçât sur sa poitrine la dépêche qui lui annonçait la bénédictien du Saint-Père, elle expira , en prononçant les noms de Jésus, de Marie et de Joseph. La mort de cette admirable personne laissa parmi les zélatrices du culte de saint Joseph un vide immense ; nous ne pouvons nous en consoler que par la pensée qu'elle aide par prières, au ciel, ceux qu'elle a si grandement édifiés et si puissamment secourus pendant qu'elle était BUT la terre.
ANNÉK S. J. 16
306 AODT.