‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 205 sur 315 · Relation édifiante · texte numérisé non relu

Relation édifiante

Tarn-et-Garonne«

» J'avais douze ans, quand j'ai l'-te atteinte de la terrible maladie qui m'a retenue dil ans el demi dans

mon lit. Plusieurs médecins avaient été appelés sans résultat. Depuis cette époque, je ne me suis jamais levée. Dès que je posais les pieds à terre, je perdais connaissance. Depuis ces dix ans et demi, je ne prenais pour nourriture que du bouillon, et, en dernier lieu, je ne vivais qu'avec un peu de café, souvent même qu'avec de l'eau sucrée. J'étais d'une faiblesse si grande, qu'il fallait bien prêter l'oreille pour entendre ce que- je disais. On m'a toujours veillée, et la fièvre ne m'a jamais quittée. Dans l'espace de ma maladie, on m'a administrée deux fois et on a sonné une fois mon agonie.

o Vers la fête de saint Joseph de cette année 1874, on me dit que les Sœurs du couvent de la Compassion faisaient pour moi une neuvaine à mon saint et bienaimé protecteur, pour la terminer le jour de sa fête. Mon père, ma mère, les personnes qui me soignaient et moi-même, nous nous joignîmes aux bonnes Dames de la Compassion. La veille de saint Joseph, je fus bien plus malade. J'appelai ma mère et lui dis que je me sentais beaucoup plus mal. Ma mère, désespérée, répondit : « Mon Dieu, saint Joseph ne nous écoutera donc pas? cependant, ayons confiance jusqu'à la fin, et prions. » Toute la nuit se continua dans un état désespéré.

» Le jour de saint Joseph, vers dix heures du matin, je dis à ma mère : « Ma mère, il va se passer quelque chose. — Ma fille, ne m'effraie pas pour rien, je suis déjà si peiuée de te voir plus souffrante. — Ne vous troublez pas, maman, lui répondis-je, je sens quelque chose en moi qui n'est pas naturel : allez à la messe et priez beaucoup saint Joseph. » Un moment après, j'ajoutai : « Que diriez-vous, maman, si vous me trouviez levée à votre retour? » Ma mère me répondit :

« Oh! que je serais contente! » et elle partit en même temps pour entendre la messe. Au retour, elle ne me trouva pas levée, mais je lui demandai mes habits pour m'habiller. Comme depuis dix ans je ne m'en serrais plus, ma mère me donna les siens, croyant être le jouet d'un rêve. Je me sentis un grand courage, je m'habillai presque seule, et je sautai au bas de mon lit sans secours, cependant je ne pouv.iis marcher. Une Sœur conwr^du couvent s'était fait annoncer dans la matinée ; elle arriva au moment où je venais de me lever.

» Après m'avoir dit adieu, la Sœur appela ma mère à part, et lui dit qu'il fallait me faire porter au couvent. Maman résista beaucoup, craignant que ce voyage me fît mal. A force d'instances, la Sœur l'emporta. On va chercher une voiture, on m'y monta sans trop de peine, et je supportai très-bien le voyage. Arrivée au couvent, deux religieuses vinrent à ma rencontre, me prirent sous chaque bras et me conduisirent ainsi au bas-chœur. C'est là que j'ai commencé à marcher, mais toujours soutenue. C'était l'heure des vêpres; j'y assistai assise sur un fauteuil, et au moment de la bénédiction, je me misa genoux toute seule et me relevai de même. L'office terminé, je me mis de nouveau à genoux, sans secours, pour remercier mon bien-aimé et saint bienfaiteur de l'insigne faveur qu'il venait de m'accorder. — Depuis celte époque, je vais toujours de mieux en mieux, c'està-dire q ue je suis parfaitement guérie. Béni soit celui qu m'a redonné la vie !

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