‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 225 sur 315 · Résignation admirable · texte numérisé non relu

Résignation admirable

On lira avec édification la lettre suivant»' de M. le curé de la Guéronnière :

Un orage affreux vint, le 18 juillet dernier, jeter l'effroi dans nos campagnes. Un nuage immense d'un noir d'ivoire couvrait la partie sud de notre paroisse. Bientôt la grêle tomba en abondance et les grêlons étaient de grosseur effrayante. Sur ce point, la moisson fut littéralement pilée. Il ne resta plus d'épis debout, et les grains, mêlés aux grêlons, couvraient le sol.

Grande fut la désolation des cultivateurs. La perte des uns est complète, celle des autres est aux trois quarts ou à moitié.

Dans ces jours, je fus appelé près de l'une de ces métayères malade ; la pauvre femme était surtout accablée sous l'impression pénible de la perte qu'elle venait d'éprouver. Comment nourrir, une longue année, de nombreux enfants ?

Je dus la consoler. Son mari était là. « Soyez calmes et confiants en le bon Dieu, leur dis-je; il saura bien vous dédommager.... Souvent saint Joseph subit l'angoisse d'une détresse plus douloureuse pour lui, par cela qu'il devait nourrir le trésor divin, Jésus, dont il était chargé, s

« Je ne demande, répondit le mari, fervent chrétien, membre de l'Association de saint Joseph, je ne demande à Dieu de dédommagement qu'en paradis; quand cette épreuve reviendrait bien des années encore, ça finira, et nous ne mourrons pas de faim ; mais la récompense

en paradis ne finira point » Il ajouta : « J'aurais

grand chagrin, si je m'étais plaint du bon Dieu ou mécontenté contre lui. N'est-il pas le maître de nous et de nos biens ? »

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