Vertu d'une promesse faite à saint Joseph
Hruges, 21 novembre.
Il y avait environ quinze mois que je désirais me défaire d'une propriété; mais, quoi que je fisse pour parvenir à mon but, mes démarches restèrent toutes sans succès. J'étais presque découragée, lorsqu'un zélé serviteur de saint Joseph me remit le cordon bénit et m'engagea à promettre à ce grand Saint de vous écrire, si, au bout, d'un mois, il m'obtenait la faveur tant désirée. Pleine de confiance en notre bon Protecteur, je me ceignis du cordon et je fis la promesse indiquée.
La première quinzaine se passe, et je n'avais pas encore trouvé d'acheteur ; cependant, je n'en restais pas moins fermement assurée que mes vœux allaient être exaucés. En effet, à une semaine do là, se présente une personne, qui, après avoir examiné ma maison, se décide sur-le-champ à l'acheter. Saint Joseph avait écouté mes prières ; qu'il en soit à jamais béni et loué 1
Vous serez heureux d'apprendre, mon révérend Père, que la dévotion au chaste Epoux de Marie fait des progrès étonnants dans notre ville de Bruges, et en général par toute la Flandre. Il suflira de vous dire que nous possédons les PP. Carmes déchaussés, pour vous convaincre que ce grand Saint est bien vénéré parmi nous. Fidèles aux leçons de la séraphique sainte Thérèse, lent illustre Mère, ils ne négligent, rien pour rehausser et propager son culte : aussi leur église eo est-elle, iei, comme partout ailleurs en Belgique, le centre principal, Le mois île m.irs y a été célébré, cette année, avec une
ANNÉK S. J.
solennité et un concours vraiment extraordinaire, et les fruits qu'il a portés ont été des plus consolants. Le saint cordon, déjà connu ici antérieurement, s'est tellement propagé depuis cette époque, qu'en quelques mois, diton, on en a distribué non par centaines, mais par milliers. Grâce à ces bons Pères, cette salutaire dévotion a franchi nos frontières pour pénétrer en Hollande, et là elle opère, je n'en doute pas, les mêmes merveilles que
chez nous.
Joséphine S..., Enfant de Marie.
20- — Une religieuse agonisante guérie subitement le 19 mars.
Tous les ans, pour la fête de saint Joseph, on constate un grand nombre de grâces spirituelles et temporelles obtenues par sa toute-puissante médiation. Le trait suivant n'est pas un des moins frappants :
Millau (Aveyron)
Le 1 1 mars dernier, atteinte de la petite vérole noire, qui faisait de nombreuses victimes dans la ville, je ne me fis pas illusion sur mon état, et je demandai aussitôt à recevoir les derniers sacrements.
La maladie faisant de rapides progrès, on ne tarda pas à satisfaire mon désir. J'eus le bonheur de recevoir le saint viatique ; le médecin était sans espoir. Mes Sœurs alarmées s'attendaient à me voir succomber; ma digne Sœur directrice eut recours à saint Joseph, me revêtit de son cordon, fit commencer une neuvaine à la communauté ; Sœurs et élèves la firent avec ferveur ; aussi notre bon Saint ne put demeurer sourd à tant de prières aux-
quelles on joignait la promesse de faire les Sept Dimanches en l'honneur des Sept Douleurs et Allégresses ; mes parents firent dire deux messes pour obtenir ma guérison. Le \H mars, j'étais à la dernière extrémité. A onze heures du soir, le délire cessa; je m'endormis à minuit d'un sommeil paisible jusqu'à six heures du matin. Dès lors, plus de fièvre, j'étais très-bien. M. le docteur, surpris de ce changement subit, sachant que nous le devions à notre saint Protecteur, dit : <i Ah ! quand saint Joseph s'en mêle, on est vite guéri. » Il se plaisait à dire : « Voilà Lazare ressuscité. » Aujourd'hui je suis plus forte qu'avant cette maladie. Ce trait de protection de la part de notre Saint, n'a pas peu contribué à augmenter en nous une grande confiance.
Sœur Marie Saint-Fabids, religieuse.