‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 251 sur 315 · Les épreuves de sainte Thérèse · texte numérisé non relu

Les épreuves de sainte Thérèse

A peine si, dans les Actes des Martyrs, on peut rencontrer le tableau de souffrances semblables à celles qu'endura sainte Thérèse dans sa vingt-et-unième année. Après quatre jours d'effroyables crises, dit-elle, il me resta des tourments qui ne peuvent être connus que de Dieu. Ma langue était en lambeaux à force d'avoir été mordue. Je sentais tout mon corps disloqué, et ma tête dans un désordre étrange. Mes nerfs s'étaient tellement contractés, que je me voyais en quelque sorte ramassée en peloton. Je ne pouvais, sans un secours étranger, remuer ni bras, ni pieds, ni mains, ni tête; j'étais aussi immobile que si la mort eût glacé mes membres. Tout mon corps était lamentablement meurtri, je ne pouvais supporter le contact d'aucune main. Cet état se prolongea plus de huit mois; mais pendant plus de trois aus, je

demeurai frappée de paralysie. Cependant un mietll insensible s'opérait, et lorsqu'à l'aide de mes mains je commençai a me traîner un peu contre terre, j'en rendis au Seigneur de vives actions de grâces. J'étais pleinement résignée à la volonté de Dieu. Si je désirais de guérir, c'était pour me livrer à l'oraison dans la solitude. Me trouvant paralysée, si jeune encore, et voyant le triste état où m'avaient réduite les médecins de la terre, je résolus de recourir à ceux du Ciel pour obtenir ma guérison.

Pour rendre le Seigneur propice à mes vœux, je us ofïiir le Saint-Sacriûce, et je pris pour avocat et pour protecteur le glorieux saint Joseph. Son secours éclata de la manière la plus visible. Ce tendre Père de mon àme, ce bien-airné Protecteur se hâta de me tirer de l'état où languissait mon corps, comme il m'a arrachée à des périls plus grands d'un autre genre, qui menaçaient mon honneur et mon salut éternel. Pour comble de bonheur, il m'a toujours exaucée au delà de mes prières et de mes espérances. Je ne me souviens pas lui avoir jamais rien demandé jusqu'à ce jour, qu'il ne me l'ait accordé. Quel tableau je mettrais sous les yeux , s'il m'était donné de retracer les grâces insignes dont Dieu m'a^comblée, et les dangers, tant de l'aine que du corps, dont il m'a délivrée par la médiation de ce grand Saint 1 (Vie de la Sainte écrite pur elle-même).

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