Comment on bâtit une église
Depuis longtemps, les habitants d'un hameau d'une commune flamande se plaignaient d'avoir à faire tous les dimanches un trajet de trois à quatre kilomètres, et cela par de très-njanvais chemins, [tour venir & leur église paroissiale. Us s'affligeaient en outre de ue jamais avoir de messe pendant la semaine. Aiio de remédier à
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cette triste situation, ils se concertent pour bâtir une église avec un presbytère. Ils se munissent d'un plan simple, niais convenable, demandent l'autorisation de leur évêque et se mettent bravement à l'œuvre. Leur église doit mesurer vingt-cinq mètres de longueur sur dix-sept de largeur, non compris le chœur. Pour ne pas éprouver de retard, ni de la part du gouvernement, ni de la part de la province, ni de la commune, ni non plus de la part du diable qui n'aime pas les nouvelles «'"■lises, ces braves gens ont voulu, comme on dit, battre le fer tandis qu'il était chaud, et ils ont résolument commencé en ne comptant que sur eux-mêmes.
Mais les ressources d'un pauvre hameau, pour bâtir une église, sont bien peu de chose, me direz-vous. Cela est vrai ; heureusement nos bons paysans trouvèrent un généreux pourvoyeur.
Quand les premiers travaux furent en train, surgit tout à coup la question de donner un patron à la nouvelle église. Qui choisir? Les uns auraient voulu teeci, les autres cela. Pour se mettre d'accord, on résolut d'aller prendre l'avis du vénérable doyen du canton. On se rendit chez lui, et, tout en causant du patron, on parla aussi de l'entreprise, et des ressources pour la mener à bonne fin. Les braves gens n'étaient pas tout à rail rassurés.
— Comment ! dit le doyen, mais il y a un moyen, et d'avoir un patron, et de vous tirer d'embarras du même coup. Vous n'avez qu'à choisir saint Joseph, et vous verrez que rien ne vous manquera. Il en a bien fait d'autres! Seulement, il faut savoir s'y prendre. Ayez en lui une confiance sans bornes ; dites-lui qu'il est obligé • le vous aider, que son honneur est en jeu, et que sans
la il n'aura pas d'église.
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La foi simple et forte de ces excellents campagnards comprit cola tout de suite. Ils s'en retournèrent chez eux, et, ù leur arrivée au hameau, saint Joseph fut admis par acclamation.
L'église s'acheva, et, il y a quelques semaines, Monsieur le doyen fut chargé d'aller la bénir.
Il ne songeait plus à saint Joseph, mais voilà qu'arrive au milieu de ce bon peuple, il n'y avait qu'une voix pour lui crier de toutes parts : « Ah ! Myn Iieer, vous l'avez bien dit! Ah ! que vous aviez raison !
— Eh quoi donc, mes enfants?
— Quand nous n'avions plus d'argent, nous allions dire à saint Joseph : « II nous faut de l'argent 1 » Quand nous n'avions plus de bois, nous allions dire : « Il nous faudrait du bois 1 » Quand nous n'avions plus de briques, nous allions demander des briques; et argent, et briques, et bois, tout cela nous arrivait comme par enchantement ! Oh ! Myn hcer, vous l'aviez bien dit ! »
VA de fait, l'église était là, s'élevant glorieusement sur la colline, et chacun se demande encore : « Où donc ces pauvres gens ont-ils été trouver des ressources pour une si belle construction? ■